Substantifs adverbiaux
^421. Les SUBSTANTIFS À VALEUR ADVERBIALE sont en partie des ablatifs latins pétrifiés, en partie des formations nouvelles du roman. La meilleure base de classification est peut-être leur signification. Il n'est resté que de faibles traces de l'ablatif de LIEU. Il faut mentionner p. ex. parte en France : cf. p. 50 et l'a. -franc, la terre ert mull fructifiahle Et totes parx bien gaeignable (Brut M. 1849), plusurs par:{ s'en turnout (Comp. 675), celé part se trait (966) etc. Ajoutons-y nullo loco : en a. -franc. dient as mariniers, s'il truevent Tere nul lieu la entor près (Mér. 3396) et loco (sur le lieu), appliqué au temps « aussitôt » : en a.-franç. lues, esp. luego, port, logo et aussi en a.-ital. loco « làmême » et « aussitôt ». Beaucoup plus nombreux sont les restes de 1' ablatif de temps et, ce qui leur donne une importance particulière, c'est que souvent en roman des substantifs encore tout à fait en usage peuvent être employés purement et simplement comme compléments adverbiaux de temps, c.-à-d. que la différence fonctionnelle observée en latin entre (453) dies (le jour) et die (au jour) n'est plus exprimée dans la forme. Les substantifs dont il s'agit ici sont ceux qui désignent les moments de la journée, les jours de la semaine, les termes qui signifient « heure, jour, année », les saisons de l'année, plus rarement les noms des mois : cf. en roum. ■:(uoa {i noaptea (Cod. Schei. i, 2 : jour et nuit), demaneata (Gaster i, 15*, 27 : le lendemain), seara (Basme éi, 21 : le soir), a doa zj (le deuxième jour), acest an (cette année-ci), iarna (en