SUBSTANTIFS DE LIEU ET DE TEMPS
hiver) etc., en ital. stasera, stamane, verra sabato sera, la niattina seguente intesi la cagione delV incendio, quel giorno più non vi leggemmo ayante (Enf. 5, 138), un giorno (un jour), ogni giorno, chi cavalca la not te convien che posi il giorno, talora, ognora, tutt' ara, tuito tempo, Vinverno (l'hiver), la state (l'été) etc., puis aussi va a lavorars che tu non perdi il novembre quel che sapevi in agosto (Barrili, Nott. Comm. 24) etc., en a. -franc, la nuit luist la lune (Comp. 301), // venqui cel meis sun enemi (782), je sui en mes las cheuTi cest premier an (Rust. 2, 48), Vendemain matin cil de A^ote truverent Dagon (IV Livr. 17) et de même encore aujourd'hui : // viendra ce soir, il est parti lundi, un jour, chaque jour, la locution pétrifiée toujours, je connais ces dames, je les rencontre l'hiver dans les salons les plus distingués (Zola, Lourdes 13), je compte y retourner cette année etc., en prov. la batalha renguero lo divenres mati (Appel, C. 6, i), cant lo jorn per lo trebaill non podia orar, la nueg après ill esmendava (119, 4) etc., en esp. otro dia mahana metense a andar (Cid 2878), esta noch yagamos (71), tal ora viniestes (AppoU. 295), un oficio que era essi tiempo usado (Berceo, Sil. 254), el invierno (l'hiver), aqueste ano (cette annéeci) etc., en port, vesper a de pinticoste foy grande gente asunada em Camaalot (Graal i), manhàa ora de comer seeredes aqui(\\Àâi.^, aquelle seraâo souberom os mais da casa del rei Artur que era Galaax^ filho de Lançarot (22) etc. Dans ces cas, il s'agit d'indiquer le moment de l'action ; mais un espace de temps peut également être exprimé par le simple substantif; seulement ici il n'est pas toujours possible de dire si l'on se trouve en présence d'un complément adverbial ou d'un régime (p. 392) : cf. en roum. merserà Z} de vara pînàsearà (Basme 113, 17 : ils marchèrent un jour d'été jusqu'au soir), ioatà :(iulica al muncirà gândurile (231, 41 : toute la journée les pensées le préoccupèrent), en ital. andarono tutto il giorno, en franc, j'ai dormi toute la nuit, (454) en esp. très dias e très noches pensaron de andar (Cid 970) et aussi estovieron todo el corner casi fuero de sentido (Amadis 2 a) etc. La notion de durée se trouve ordinairement exprimé dans totus ou dans un nom de nombre. Enfin l'on peut encore ranger également ici les expressions déjà mentionnées p. 68 et qui indiquent combien de fois une action est répétée : cf. notam-
ment en rouni. {i fund cà acesta se nâscuse odatâ eu fini sâû (Basme, 1 6 1, 7 : et se faisant que celui-ci naquit en une fois, c.-à d. simultanément avec son fils), en ital. l'ultima volta che io lo vidi, en franc, la dernière fois que je l'ai vu, en esp. la primera vez^, en port, tarefa que raras ve^es Ihe permittia sahir de casa (Diniz, Pup. 73). A ces tournures s'en ajoutent alors encore toute espèce d'autres plus ou moins consacrées, comme l'a. -franc, tempre (à temps), qui rend directement un ablatif latin tempore, puis l'ital. ora, franc, ore et tome la série des termes qui lui sont apparentés (voy. § 484), hoc anno conservé dans l'ital. uguanno, a. -franc, ouan, prov. ogan, a. -esp. ogano, a. -port, oganno, hac nocte : en a. -franc, anuit, prov. anueit, esp. anoche et, avec le sens de « hier », en prov. hontem; dans les autres langues, il signifie ici « cette nuit », là également « hier », ce dernier sens étant surtout répandu dans la France du Sud et en Espagne; hac hora : en esp. -port. agora, lomb. issa « à cette heure » de ipsa, sous-entendu hora (voy. § 484). Enfin doivent encore être cités quelques ablatifs de manière ou d'iNSTRUMENT. Abstraction faite des adverbes en -mente (II, § 620), appartiennent à cette catégorie les tournures du vieux français comme mon vuel etc. déjà mentionnées p. 50, puis les indications de prix avec les verbes d'achat etc. (p. 61), ensuite celles de quantité, telles qu'on les a dans l'ital. si scostà tre passi di me, erano un quarto di braccio larghe (Sacch. 34), voi siete ringiovanito died anni (41), dista cinque miglia, l'a. -franc, un piet H met sa lanche u cors (Rich. 3 131), li cuers li sou:(lieve plain doit (5108) et autr. sembl., puis aussi l'a. -franc, chalt pas (à pas précipités), grant piece et autr. sembl., le franc, mod. reculer un pied, l'esp. distd cuatro léguas et sans doute aussi l'a. -port, disse alta vo:{ (Graal 46) etc. Au contraire, dans l'esp. tarde : cerca 0 tarde (Cid 76, tôt ou tard), le port, tard'ou toste (Denis 163 1), il faut voir l'adverbe latin tarde, et non le substantif hispano-portugais tarde (le soir).
Des formes comme l'ital. unguanno, prov. ongan ne doivent pas, rArr\ ainsi que le montre déjà le^, être ramenées à hune annum; au con-
traire, elles s'expliquent d'après I, § 588. Le port, hontetn doit son interprétation exacte à J. Cornu, Rom. XI, 91. Sur l'extension de ha nocte au sens de heri, cf. E. Langlois, Rom. XX, 285. Au lieu de ha nocte, comme l'établit H. Suchier, Zs. I, 432, G. Paris pré-
§ 421. 422. SUBSTANTIFS ADVERBIAUX 473
fère ad nocktn (Rom. VI, 629), ce qui ne va guère pour le sens, car ad noctem ne peut jamais signifier que « de nuit » et non « cette nuit-ci ». L'a. -port, alva v de bonne heure, à l'aube » doit probablement être considéré comme une contraction de a a alva, correspondant à l'ital. air alba : il n'est pas donc tout à fait de même nature que les exemples ci-dessus mentionnés.
§ 422. Enfin I'ablatif absolu latin, c.-à-d. la combinaison d'un substantif avec un participe pour exprimer en général des rapports de temps, a également laissé en roman des traces de son existence. Déjà à la p. 6i nous avons signalé que certaines tournures consacrées notamment, comme le franc, cela fait, cela dit, se sont maintenues. Mais il est à noter que l'ancien italien et l'ancien français surtout sont assez pauvres en combinaisons de ce genre et que c'est seulement à l'époque moderne qu'elles apparaissent dans un emploi presque illimité; aussi n'est-il pas inadmissible qu'au temps de la Renaissance, parfois même déjà plus tôt, des écrivains qui savaient le latin aient prêté, sous l'influence de celui-ci, une importance plus grande à une tournure qui n'était pas précisément étrangère à leur langue, mais qui cependant y était rare. C'est ainsi du moins qu'on s'expliquerait le plus facilement qu'il s'en trouve précisément chez Joinville beaucoup d'exemples : cf. quand f arrivai en Chipre, il ne me fu demouré du remenant que 12 vins livres de tournois, ma nef paiée (90 d), et la vérité seue, il me délivra la garde (456 d) etc., tandis que l'ancienne poésie fournit à peine quelques cas et qu'en outre les xv^ et xvi^ siècles poussent plus loin cet emploi que la période ultérieure, que Boccace et surtout Machiavel et plus tard Leopardi recourent dans une large proportion à cette tournure; Machiavel forme même des phrases comme la quai cosa udita, il console disse (Disc. 1,14) etc. Dans chaque langue à part, voici à peu près ce qu'il faut remarquer. Les Roumains connaissent à peine le participe absolu. En italien, des exemples comme Lucia, tornatele alquanto le for^e e acquietandosele sempre più l'animo, andava intanto asseltandosi (Manzoni, Pr. Sp. 24), // Griso prese il lume, e augurata la buona notte al padrone, se nandà in fretta (456) (33) sont absolument conformes au latin; au contraire, il cavalière, veduto la belle^pia délia fanciulla, si uccise (Mach., Hist. 2,
46), déjà par le non-accord du participe, atteste une certaine perturbation de la règle, et la différence est encore plus accentuée dans des phrases comme // quale, picchiato alV uscio e entrato dentro, se n'andd in camera (Lasca 153, 21), e cost detto sen^a altro dette la volta indietro (153, 25), om, venuto in sulla terra e cominciato a conoscere di présenta, centrist à le menti degli uomini (Leop. 128) etc., phrases qui montrent clairement qu'il s'est opéré dans l'esprit de la langue italienne une modification complète : en effet, les participes absolus y ont été identifiés aux combinaisons de esse et habere avec le participe. Il y a encore un autre phénomène par lequel une altération se fait aussi remarquer : c'est que, dans le cas où le pronom de la i" ou de la 2* p. sing, s'ajoute à un participe absolu, ce pronom ne se présente plus comme en latin et dans l'italien primitif au cas oblique, mais au nominatif : arrivato io, arrivera egli ancora etc. En FRANÇAIS, l'emploi du participe absolu est un peu moins étendu. Sans doute, on y dit parfaitement le jour venu, Philippe entra avec son remède-, il ne sera pas dit que, moi parti, vous rire:(^ de la dupe que vous venez^ de faire, mais l'usage ne permet pas de dire frappé à la porte, il entra. L'Ouest manifeste dès l'origine une grande prédilection pour la construction participiale absolue : en esp. la oracion fecha luego cavalgava (Cid 54), las areas aduchas prendet seyes cientos marcos (147), hecha la cuenta y pagado al huesped se salieron de la posada (Nov. ej. 263), exemples remarquables en ce que le substantif, comme on le voit, s'y trouve réellement à l'accusatif, ensuite lo cual oido por su amo, le respondiô (D. Quich. i, 15), no le alcan^^o mâs que la Extremauncion. Muerta y soterrada los dos gemelos volvieron à la casa de sus padres (Galdôs, L. Roch i, 82), où l'on voit que le substantif ou le pronom qui se rapporte au participe n'est pas exprimé. Un emploi analogue du participe en -nt était tout à fait ordinaire en latin, mais en roman il se restreint à la plus ancienne période, et encore y est-ce peut-être un latinisme. D'ordinaire, ainsi que nous le montrerons plus en détail au § 498, il a été remplacé par le gérondif,
(457) § 423. Parmi les formations nouvelles du roman, tout
d'abord des expressions comme le franc. // demeure rue de Seine