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LES PRÉPOSITIONS

roum. întrà, ital. ira, juxta : en ital. gîusta, prov. josta, a.franç. joste, per : en roum. pre^ eng. per, ital. per y franc, par, a.-esp. per, port, por, post : en a. -ital. poi, a. -port, pos, ailleurs depost et les autres formes mentionnées à la p. 164, pro : en franc, pour, esp.-port. por, prope : en prov. prop, secundum : en ital. secondo, a. -franc, selonc tiré de *seont (a. -franc. sufn)sous l'influence de lonc (p. 250), sine : en eng. saintsa, ital. senzfl, franc, sans, esp. sin, port, sem, sub : en esp. so, port, soh, (463) super : en a. -ital. sor, a. -franc, soure, franc, mod. sur, prov. sobre, esp.-port. sobre, supra : en ital. snpra, tenus : en sard. te, port, até, té, usque : voy. p. 291, trans : en eng. très, a.fr?nç. très, esp.-port. tras, ultra : en ital. oltra, franc, outre, versus : en ital. verso, ver, franc. -prov. vers. — A cette liste il faut encore ajouter celle des prépositions composées (p. 164 sqq.). On peut se demander si l'ital. senxa représente vraiment sine', le franc, sans, prov. senes à côté de ses, a.-esp. sims, senes donnent à supposer qu'il existait déjà en latin un *sines. Il va de soi que l'a. -franc, soure peut aussi bien remonter à supra qu'à super ; mais, comme le prov. sobre ne peut provenir que de cette dernière forme, c'est aussi elle qu'on a admise comme base pour le français.

§ 428. Parmi les prépositions nouvelles, ce sont celles qui proviennent d' ADVERBES qui occupent la plus large place. Au reste, il en a déjà été question p. 249 sqq. A ce que nous y avons dit, nous devons d'abord ajouter ici quelques observations complémentaires. Le lat. illac a pris la place de ad non seulement en roumain, mais aussi jusqu'à un certain point à Teramo, où l'on dit yi vakç lia ta kasa (je vais à ta maison) ; toutefois, comme en même temps l'on rencontre a, l'extension de cet usage réclame encore une étude plus précise; la se trouve ensuite dans le Frioul, avec un caractère plus adverbial : 0 larai la di mo pari (j'irai près de mon père), al tornâ la di so pari (il retourna près de son père), la di me (près de moi), la del plovan (près du curé) etc. Il est assez diflScile de dire comment s'est opéré le passage de illac au rôle de préposition. Le frioul. la di mo pari aurait à la rigueur pour correspondante une tournure ital. là, da mio padre et par conséquent le roum. la est peut-

Meyer-Lûbke, Grammaire III. jl

être aussi contracté de la a{d), hypothèse qui, pour le roumain, pourrait encore être appuyée de cette considération que là monosyllabique, d'après I § 221, et la atone, d'après I § 349, auraient dû devenir là y tandis que le changement de lâ-a en la est tout à fait correct : cf. casa venant de casà-a. Mais le FRANÇAIS MODERNE présente encore d'autres prépositions tirées d'adverbes, à savoir sitôt et aussitôt : cf. elle avait, sitôt arriva, écrit et fait porter le billet (Bourget, Id. trag. 134), et sitôt le serrement des mains, elle se remit à marcher (Daudet, Tart. Alp. 267), // était là depuis quelques jours, mort presque aussitôt leur (464) arrivée à Montreux (271), aller ensemble à Lorette aussitôt leur mariage déclaré (Bourget, Id. trag. 29) etc. Le point de départ pour ce nouvel emploi si étonnant des deux adverbes doit être cherché dans la combinaison avec des participes, telle qu'on la voit dans le premier exemple et telle que nous l'étudierons dans une autre subdivision au § 453.

Cf. A. ToBLER, Zs. XX, 53-55.

§ 429. Nous avons montré p. 176,' par l'exemple du franc. excepté, hormis etc., comment des participes donnent naissance à des prépositions. De même le prov. trait (excepté) et mest (entre) appartient probablement à cette catégorie. Ensuite il faut citer quelques participes en -nt, notamment l'ital. durante, pendente, mediante, non ostante, le franc, durant, pendant, suivant, joignant, nonobstant, touchant, attenant, concernant, l'esp. durante, mediante, to us mots qui, en partie déjà par leur forme trahissent leur caractère étranger à l'ancien vocabulaire : ils sont pour la plupart empruntés à la langue du palais et de la chancellerie, où ils sont peut-être des imitations de l'ablatif latin. . En revanche, il est vrai, on devine une origine populaire à l'ital. rasente et plus encore à l'eng. ardaint, vén.-pav. arente, arent, bergam. aredet, émil. areint Qt aussi au vén. rente, napol. rente, p. ex. en eng. ûnna fraschkia funtauna ardaint la chiàsa sia (Sus. 14 : une fraîche fontaine à côté de sa maison), en a.-vér. areente la cita (Cath. 91) etc., formes dialectales qui se ramènent à radente et qui sont donc à proprement parler des , participes attributifs avec leur régime rapportés au substantif, mais qui partie à la suite de la modification de leur sens.

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