PRÉPOSITIONS ISSUES DE CONJONCTIONS
tion, par suite du sens locatif qu'elle exprime, est entièrement assimilée à la tournure habituellement usitée pour marquer les rapports de lieu. Ici entrent en ligne de compte la Sicile, l'Italie méridionale et la Galice ; ainsi unde : en mess, si nn annau unn iddu (elle alla à lui), en marsal. eu venu nni voseuT^a (je viens à votre Excellence), en regg. cal. pinsau mi vai ndu re (elle pensa à aller au roi), donc en Sicile et dans la Calabre Ultérieure, puis aussi à Saponara di Grumento, tandis que dans la Calabre Citérieure c'est de ubi qu'on rencontre, ainsi à Castrovillari : vuggyu i addû stu re, iu no bengu addû tia et du reste aussi plus au Sud à Catanzaro : quanti gienti duve pàtremma hanno pane, vayu duve pàtremma et au Nord aussi à Bénévent et à Naples, à l'Est à Senise dans la Basilicate et à Ariano di Puglia. — Ensuite donc en Galice : estaha ond'a-youtra (il se tenait à côté des autres), volveus ond' o pai (il retourna à son père), marchou-se d'ond'o sogro (il se sépara de son beau-père), pasou par d'onda min (il vint vers moi).
b. Le Sens des Prépositions (467)
§ 432. C'est au dictionnaire et non à la grammaire qu'il appartient d'exposer les nuances diverses et souvent très fines que présentent dans leur sens les prépositions même dans les cas où ces mots servent non pas à former des groupes de mots (§ 229 sqq.), mais à unir au verbe des déterminations adverbiales. La grammaire doit se borner à montrer les procédés par lesquels s'accomplissent les modifications de sens, à signaler dans quels rapports réciproques se trouvent les diverses prépositions, de quelle manière se sont opérés les changements de fonctions, etc. Il en résulte que dans les pages suivantes nous nous occuperons surtout des cas qui présentent une préposition sortie de sa sphère d'emploi primitive pour passer dans une nouvelle. Que le choix soit ici jusqu'à un certain degré arbitraire, la chose va de soi, mais cet inconvénient ne peut être évité. Le classement s'indique de lui-même] d'après les catégories de sens établies p. 468.
En deliors des chapitres particuliers que leur consacrent les grammairiens, les prépositions sont la plupart du temps examinées
en détail dans les grands dictionnaires et avant tout, pour l'espagnol, par Cuervo dans son Diccionario de Construcciôn y régimen de la lengtia castellana, qui jusqu'à présent n'est cependant arrivé qu'à la lettre D. Après cela, comme études spéciales, il faut citer G. Rai- THEL, Die altfran\ôsischen Prâpositiotien, 1875, 1881. Pour le roumain, le glossaire de J. U. Jarnik au Doine p strigahire din Ardeal et, pour le provençal, le glossaire de K. Appel à sa Chrestomathie fournissent des matériaux abondants et intelligemment disposés.
a. Ixs Prépositions de Lieu
§ 433. Si les sens exprimés par le verbe personnel se divisent en état et activité, on peut aussi, dans les rapports de l'action avec le lieu où elle s'accomplit, distinguer entre repos (468) et mouvement, c.-à-d. entre le lieu où quelque chose arrive et celui vers lequel tend l'activité ou bien d'où elle prend son point de départ. Mais, tandis qu'en latin classique ces trois rapports sont nettement distingués l'un de l'autre, le latin vulgaire confond déjà le second avec le premier, de sorte donc p. ex. qu'aux expressions in urbe esse et in urbem ire correspondent en français être à Paris et aller à Paris. Il n'est pas facile d'indiquer d'où provient ce manque d'aptitude à les distinguer, lequel n'est pas précisément favorable à la clarté. Sans doute, on peut dire que la disparition de l'ablatif avec in et suh a effacé la différence de forme qui distinguait le mouvement et le repos ; mais après tout la langue n'a jamais manqué, quand il le fallait, de moyens propres à fournir à deux catégories d'idées une expression différente dans la forme et en outre les adverbes ubi et quo, ibi et eo etc. offraient cette distinction dans une mesure plus que suffisante; mais ici aussi, comme l'atteste l'exemple connu d'Apulée : ubi ducis asinutn istum (Met. 9, 39), à l'époque latine déjà l'on recourt aussi à l'expression du repos pour marquer le but final du mouvement. Tout ce qu'on pourrait dire, c'est que, chez les Romains, quand il s'agissait d'indiquer le lieu vers lequel tendait un mouvement, l'arrivée et le repos qui la suivait dans ce lieu se seraient représentés à leur esprit avec plus de vivacité que le mouvement exprimé par le verbe lui-même. Il ne reste donc plus que les catégories « où » et « d'où », du repos et du point de départ. Mais dans celles-ci il faut établir plusieurs subdivisions, où l'on