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266, 8 : parmi ces anges il en a créé un plus beau que les autres), en a.-vén. ahiando partido cl regno dentro stioi filgioli (Cron. imp. 47 b), dentro el porno e Velço la spada piâ (Bovi 1016). Dans l'Engadine, c'est traunt, traunter qui rend cette idée : un giuven de Bgonio es traunt las chesas de Bernina e Pontresina dfraidt prien (R. Chr. 265 : un jeune homme de B. a péri de froid entre les maisons de Bernina et Pontresina), tratmt Andrea Tschavarit et filia Jan Schlarer de Schanff es santijncia fait Chia traunt els matrimuni nun saia fatt (269 : entre A. T. et la fille de J. S. de S. il a été décidé qu'entre eux aucun mariage n'aurait lieu), dabats chi traunter els era craschieu (429, débats qui entre eux s'étaient élevés). Si le groupe initial constitue une forme correspondante à l'ital. tra, donc intra, il semble bien que la deuxième partie, si tant est que la forme la plus courte soit la plus ancienne, renferme intus et que par conséquent le mot signifie « entre-dans ». En italien, dès l'origine il y a complète identité de sens entre /m et ira, c.-à-d. qu'ici comme dans l'allemand « unter » la chose intérieure est considérée non comme une chose entourée, mais (490) comme une chose couverte. En français moderne, parmi a repris en partie la fonction de inter : parmi les hommes. En provençal, une mention est due à mest^ proprement mixtus : viielh com las apel mest nos tostemps mais Castia-gelos (Appel, C. 5, 441).
§ 449. Le latin super, supra s'est en général conservé partout, mais il présente dans sa signification bien des modifications vraiment remarquables, sans compter qu'il subit la concurrence de toute espèce d'autres mots. En roumain, à côté de suprà, qui sert encore comme adverbe, on emploie spre (super), despre Çdesuper), înspre {insuper), prespre (per super), ce dernier devenu par dissimilation prespe, preste, abrégé à son tour en peste, macéd. pisti. En ce qui concerne la signification, il faut observer que prespre, conformément à son origine, exprime la répartition sur quelque chose plus clairement que l'un des deux mots simples : ainsi {i adecà oase multe foarte preste fata câmpuluî si sect foarte (Gaster i, 215, 4 : et voilà des os en très grande quantité sur la face du champ et
fort secs), prespre leage treci (Cod. Vor. né, ii : tu passes par-dessus la loi), en macéd. pisti ubor s me aruk (Weigand, Arum. 2, I : que je m'élance par dessus les murs), ensuite avec un sens restreint : legati preste mâni si preste picîoare (Gaster i, i88, 30 : liés aux mains et aux pieds), ce qui rappelle l'emploi de per mentionné p. 503. Le simple spre montre encore en vieux roumain sa primitive signification : {i-{i puse Pavelu mârule spre ei (Cod. Vor. 3, i : et Paul posa les mains sur eux), spre laîiinge^i purta mâre^tergura de sudorile (4, 8 : sur les malades il posait des linges pour la sueur), ^i napaTJ, fricà spre toti ei (6, 5 : et il tomba une peur sur eux tous), statu Pavelu spre spità (36, 9 : Paul se place sur l'escalier), întru amia^à zj stràluci lumirà multâ de nàprasnà spre meînre (38, 11 : vers midi brilla une vive lumière soudainement sur moi), ^i cà:(uiu spre pàmîntu (38, 14 : et je tombai sur le sol), càutâ Pavelu spre zporu (46, i : Paul regarda sur l'assemblée) etc. Dans le Canton des Grisons, sper, spera, daspera{s) pourraient bien reposer également sur super, desuper. Il est vrai que leur signification est « près », « tout près », mais le posch. da sper est traduit par dietro, aile spalle, de sorte que peut-être, en tant que sens applicable au plus grand (491) nombre de cas, c'est « sur » qui convient le mieux. On a donc en obw. cura che in veng en sper el altar (Viadi 168, 14 : quand on^vient à l'intérieur à l'autel), satterrar tei sper tiu cotnpoing Barlaam (Barlaam 295, 41 : t'enterrer près de ton compagnon Barlaam), en eng. Ig landvogt Lu:(i Gugelberger in loua de Langart ditt Spera la punt da Ig Zoll es er stytt (R. Chr. 155 : le gouverneur L. G. est noyé dans la Langart près du pont de la douane), un chian^alyr dalg imper adur fichg grandt numno S'ho in Turich spera Vhustaria dala Speda vers Ig laech stan:(anto (147, un célèbre chancelier de l'empereur s'est logé à Zurich à l'hôtel de l'Épée près du lac). Dans les autres langues, il est à noter que super a souvent étendu son emploi aux dépens de in : ainsi l'on dit en ital. montare sopra il cavallo, en franc, être mis sur le trône, porter sur les épaules, grimper sur P arbre, en esp. subir sobre asno et autr. expressions semblables, dans lesquelles le latin et surtout le roman primitif préfèrent in (voy. p. 492). Nous avons montré p. 501
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comment super arrive en outre à exprimer un mouvement hostile; de plus, il indique la supériorité : voy. p. 318 et l'a.franç. sur Brunamon ave:( conquis tot le meilleur destrier (Enf. Ogier 4274), nostre est li champs sor les Engleis (Rou 3, 83 14). Par supériorité l'on peut également entendre qu'on possède entièrement un sujet, qu'on l'embrasse d'un coup d'œil et conséquemment qu'on est en état de se prononcer sur lui et de le traiter : de là l'a. -franc. Pitiés m'enseigne qiien cho me déduise Que jo sor ma matire die (J. Bodel, Congé 3), l'espan. quiero vos sobre Paris hablar (Alex. 323) etc. Reste à examiner le rapport entre supra et susum : ce dernier implique l'idée d'un contact immédiat, comme en ital. stare su una tavola, seder sulla pietra, mais la finestra metteva sopra una galleria, sans que d'ailleurs la distinction soit rigoureuse : cf. Marsilia ê in Proven:(a ?opra la marina posta (Bocc, Dec. 4, 3) à côté de siede la terra dove nata fui, sulla marina dove il Po discende (Enf. 5 , 97) et Francoforte sul Meno etc. ; de même en prov. fo trobat^ en durmen sus un chevau (Appel, C. 39, 5), sus la crot:(^ en vole penden murire (74, 12) etc., tandis que le franc, mod. sur a précisément ce dernier sens et que au-dessus de a repris celui de supra. Le terme opposé ital. sotto, franc, sous et son équivalent esp. hajo ne réclament ici aucune autre observation.
(3. Les Prépositions de Temps (492)
§ 450. S'il est vrai que, pour exprimer les rapports de temps, c.-à-d. les rapports plutôt figurés, la langue a le plus souvent recours aux prépositions de lieu, qui sont des moyens d'expression plus concrets, si donc il existe une étroite connexion entre l'espace et le' temps, les rapports de temps sont toutefois beaucoup plus simples et moins variés que ceux de lieu. En réalité, on peut seulement distinguer entre indication de temps absolue et indication relative, et dans le premier cas entre le moment et la durée, dans le second entre ce qui précède et ce qui suit; il n'y a pas d'autre catégorie possible. Il est vrai qu'à propos de l'indication de temps relative on devrait également examiner la simultanéité : « il parle au repas » ou « pendant le repas » ; mais pour rendre
cette nuance de sens les langues romanes n'ont aucun moyen spécial d'expression : elles recourent en général, comme dans le second exemple ci-dessus, à la tournure qui marque la durée (cf. § ^53).
§ 45 1. Pour indiquer le moment de l'action, à côté de l'ablatif les Romains avaient déjà la préposition in également : in pueritia, in praesenti etc. (p. 60), usage que les Romans ont continué en étendant davantage encore l'emploi de in ou de ses représentants (p. 487 sqq.). En même temps, le latin possède ad pour exprimer l'accomplissement d'une action à un moment déterminé : exspectare ad vesperum etc., et ad aussi s'est conservé en roman, où il est Remployé conformément au changement de signification de ad locatif. Pour ce qui concerne le rapport réciproque entre in et ad, on pourrait dire que l'emploi de ad implique plutôt l'idée d'un moment spécial dans un certain espace de temps, in plutôt celle de l'espace de temps tout entier; c'est ainsi que ad apparaît p. ex. quand on veut indiquer l'heure : en roum. la noà ceasurt, ital. aile nove, franc, à neuf heures, esp. â las ntieve, port, as nove. Le roumain emploie donc la, comme pour marquer les rapports de lieu (p. 493); toutefois l'ancienne préposition a, bien qu'on n'ait plus conscience de sa présence, a persisté dans amïa^à, anûâ'^àxi (le midi), proprement « à midi ». À part ce cas, on dit donc en roum. va veni la prima vara (Doine 298, 7 : elle viendra au printemps), sa trecem màgura neagrà La sfinti- (493) ^^^ soarelut (143, i : traversons la montagne noire au coucher du soleil) etc., mais alors on dit également, avec une remarquable modification de sens, nu vii seara la mine, Batàr la doua, trei :(ik (499, 2 : tu ne viens pas le soir chez moi, du moins depuis deux, trois jours), en ital. allô spuntar del sole, a prima vista, a sua vita, a tempo (au temps fixé) et aussi en a. -ital. a questa volta (Enf. 8, 20), a pochi giorni (Trist. ricc. 97, 12 : après quelques jours) et autr. locutions sembl., en franc, aujourd'hui, le 14 au soir, à tout moment, au premier signal, au commencement de l'été, à moins que au ne soit ici mis pour en le, et même chez Commines il avoit prins son père prisonnier à un soir (4, i), à en effet étant d'ailleurs plus
§45^- 45 2. -^dy in et de temporels 513
fréquent aux xV et xvi^ siècles qu'aujourd'hui et le xvu^ disant encore tout à fait couramment à ce soir, en esp. à la exida de Bivar ovieron la corneja diestra (Cid 11), vayamos nos al matino (72), ellos vinieron a la noch (644), a los mediados gallos pienssan de cabalgar (324), volverâ à mediodia etc. Mais en même temps l'on trouve in : en roum. te ai scula in mie:{ de noapte (Doine, 618, 10 : tu te lèveras au milieu de la nuit), cdnd il vâ^ în sârbàtori (187, 7 : quand je le vois aux jours de fête), moartevii fac eu mâna mea In :(ioa Cràciunului (559, 10 : je me donne la mort de ma main au jour de Noël), în desearà ajunse întrun codru (Basme 262, 20 : au soir il arriva dans une forêt), puis aussi sa fiarbà în {aple T^ile {i în {apte nopti (C. B. 2, 149 : qu'elle bouille sept jours et sept nuits) au sens de « durant 7 jours et 7 nuits », en ital. in questo mese, in un motnento, io intendo di raccontare cento tîovelle, raccontate in dieci giorni (Bocc, Dec, pr.), nel 189^, in otîo giorni (en 8 jours) au sens de « au bout de 8 jours », en franc, en été, en hiver, en automne, mais au printemps, où nous aurions donc avec certitude au issu de en le, la terre y peut donner jusqu'à deux ou trois récoltes dans un an, en trois jours, il arrivera dans trois jours, en 18^^, nous sommes dans l'hiver, on a démoli la maison dans mon absence etc., avec un emploi encore plus étendu de en en vieux français : a la pentecoste en esté (M. de France, Lanval 1 1), an loi i^^ns la juelle li dure (Ch. Lyon 384), hui an cest jor (2575), el tens des Wanles (Grég. m, 14), en lonc tems vèu ne Vavoient (Cléom. 456), en esp. hoy en este dia (Cid 754) à côté de eras a la mahana (547) avec une différence manifeste entre en et a, non se si entravé y mas en todos los mis (494) dias (220), en el mes de Enero, en port, em este dia d'oje te vinra a mayor maravilha e hourra que se nunca veeo (Graal 14), em hûu domingo acabadas as missas soou em na eglesia hùa vo^ do ceeo (Aleixo 5, 25) etc.
§ 452. La véritable fonction de de est d'indiquer le moment de l'action. En latin déjà, de nocte venire, niulta de node profectum esse, de die, de tnense decembri navigare etc. sont d'un usage tout à fait courant. En italien, cet emploi a reçu une extension considérable, surtout dans les premiers temps : cf.
Meyer- I.UBKE, Grammaire III. 53
fu del mese di tnaggîo (Sacch. 17), trovandotn io in Genova di quaresima (ji), cost avess' elli fatto corne je quell' altro d'uno di questi di (13), prima non poteva che delV altra settimana (Lasca 195, 17), puis aussi di molto tempo stette la cosa che non si seppe (Lasca 57) et aujourd'hui di giorno (de jour), di notte, di State etc. En revanche, dans les autres langues, de est peutêtre plus rare dans ce sens : cf. p. ex. en roum. de searà (le soir), de noapte (de nuit), de demineatà (le matin), en obw. // pauper uni vegn de mie^^ di en in vitg (March. 1,4 : le pauvre homme arrive à midi dans un village), où l'on ne peut guère voir une imitation de l'allemand « mittags », en franc, mod. nous partîmes de nuit, en prov. que mais H pot en sol un jorn servir Que nul paupre non ferie d'un an (B., C. 234, 29), puis aussi pour exprimer la durée : baisera Ih la hoca en tot^ sens, si que d'un mes hi paregra la sens (Appel, C. 18, 40), en esp. de noche la lieven (Cid 93), ella me acorra de noch e de dia (222), desta saxon los otros quierolos fer esquivos (Berceo, Sil. 352), en port, lembrou se d'essa ve^ de perguntar por ella (Diniz, Pup. 73). Il s'agit donc à tout prendre de locutions consacrées, locutions d'ailleurs identiques au lat. de nocte, qui date de l'époque où de avait encore la signification plus générale de « près » et non celle de « de », qui n'est issue que de son union avec le cas marquant le point de départ, l'ablatif.
Sur de préposition de temps dans les propositions négatives, voy. Chap. V.
§ 453. La DURÉE s'exprime en latin au moyen de per : incendium per duas noctes tenuit, per ilia tempora (au cours de ces temps), per somnium (durant le sommeil), donc pour indiquer (49s) aussi bien le temps pendant lequel une action se prolonge que celui dans les limites duquel elle s'accomplit. Dans ce dernier sens apparaît concurremment inter : inter noctem, canit inter opus ; en même temps inter est également employé quand il s'agit d'indiquer deux moments entre lesquels se produit un événement : facito inter nonas et idus Martias. Le roman présente ici plus de variété dans les moyens d'expression, ce qui lui permet d'établir des distinctions plus délicates entre les divers rapports. Le simple per a persisté; mais à côté de son ancienne acception, telle qu'on la retrouve dans l'ital. tu sai