PLURIEL DES NOMS ABSTRAITS
vation : tandis que les xvi= et xvii^ siècles étendent plutôt cet emploi plus loin que l'époque antérieure, il se restreint considérablement au siècle philosophique (Voltaire p. ex. blâme beautés chez Corneille) ; en revanche, dans les temps modernes, Chateaubriand et de nos jours Daudet ont fait à leur tour un fréquent usage du pluriel; I'esp. hacia las mayores rabias (Amadis 9 b), rey que fa^^ taies bondades (Berceo, Sil. 214), las voces de tus importunidades (D. Q. I, 36), le dieron tantas ansias y bascos con tantos trasudores y desmayos Çij), lasganasde oir las lecciones (Valera, Com. Mend. 151), era hombre poco dado à melancolias (22), las mocedades del Cid, imprudencias (actions imprudentes), honores (objets inspirant l'horreur), nuestras no muy concordes teologîas (Valera, Com. Mend. 151), Dardan e su amiga tan crueles muertes hobieron (Amadis 3 5 a), miedos de mujeres (Caballero, Cuentos 12), mueren de malas muertes (Hita 222); le portugais : fex grandes amixfides (Rom. IX, 439), nos nieus primeiros amores (Graal 78), matavam-no saudades da terra, da familia e as da sua pequena Guida (Diniz, Pup. 24), as saudades d'esses (36; dias (34), tudo quanto sentia, fossem tristezas, fossem alegrias (79), envolto nos sabores do mundo (Graal 113), iras (accès de colère), os sorrisos da sorte (Diniz, Pup. 40), thesouros de affectos (75), com forças e coragem (39), con grandes gemidos e choros (Aleixo 6, 8), recebeu-a corn bocejos (Diniz, Pup. 132), nenhum dresses odiosinhos (80), com medos (244, dans une crainte continuelle), uns ciumes (152, mouvements de jalousie), das geadas e dosfrios do inverno e das grandes quenturas do sol (Rom. XI, 377), cm occasiôes de colheita (Diniz, Pup. 2 : à l'occasion de la récolte), mortes (Lus. 4, 97) etc. C'est ainsi que I'esp. parar, tenir mientes, le port, meter, ter mentes également sont employés d'abord et surtout lorsque le sujet est un pluriel : cf. pararon mientes (Amadis 32 a), tenia mientes (34 a), en port, metede mentes (Graal 58), teue mentes (Rom. XI, 370). Parfois il y a encore des raisons spéciales. Si l'on dit en esp. de luengos tiempos acà (D. Q.. I, lé), en port, ha tempos (il y a longtemps, autrefois), le pluriel à la rigueur pourrait s'expliquer comme polvos (p. 34) ou pechos (41), mais il est plus vraisemblable qu'il s'agit d'une analogie d'après le pluriel aîios ou dias, c.-à-d. que l'idée abstraite est influencée par des idées concrètes qui lui sont étroitement apparentées.
Cf. pour le français Ph. Plattner, Zs. f. Nfr. III, 430-438, Th. Haas, Die Plurale der Ahslrakla im Franiôsischen, Erlangen 1884. Des exemples tirés de Calderon ont été rassemblés par M. Krenkel dans son commentaire sur La Vida es Sueno I, 179.