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B. INTERROGATION ET EXCLAMATION

§ 512. Dans renonciation, il s'agit d'une communication qu'un individu fait à un autre sans attendre en retour une décla- (547) ration directe ou du moins sans que l'attente d'une réponse soit exprimée par la tournure employée. Au contraire, l'interrogation appelle justement cette réplique, en sorte donc qu'on peut considérer question et réponse comme une proposition partagée entre deux personnes ou, ce qui en résulte immédiatement, considérer la question seule comme une proposition incomplète en dépit du verbe personnel. Or comment s'exprime dans le langage ce caractère incomplet ? En ce que l'intonation à la fin de l'interrogation n'est pas le ton déclinant, détendu de renonciation, mais le ton coupé net, encore maintenu à une certaine hauteur qui n'apparaît dans renonciation que dans le cas où l'on est interrompu au milieu de son discours; il semble même que, dans l'interrogation, le ton est encore un peu plus élevé que dans renonciation interrompue. Cela étant, il peut donc y

avoir, ainsi qu'il a déjà été dit p. 320, des phrases interrogatives qui, dans notre notation écrite, ne se distinguent des phrases énonciatives que par la ponctuation. Mais la langue ne s'en tient pas à cet état de choses rudimentaire, qui se représente encore maintenant : par différents procédés elle crée une différence plus marquée entre l'interrogation et renonciation. L'on connaît en latin les termes interrogatifs nutn, -ne, qui sont regardés comme ayant pour fonction principale de faire connaître le caractère interrogatif d'une phrase. Or, s'il est vrai que ces deux particules n'ont pas été conservées en roman, on y constate cependant au moins une tendance à former d'autres particules destinées à jouer un rôle analogue. Ensuite, ainsi qu'on l'a montré p. 322, le roman s'est toujours davantage imposé un ordre fixe pour les mots de renonciation et un ordre différent du premier pour ceux de l'interrogation. Enfin, pour les cas où la question ne porte pas sur le verbe personnel par rapport à l'un des autres membres de la proposition, mais où l'interrogateur désire être renseigné sur l'un de ces autres membres, il existe des pronoms et des adverbes spéciaux : cf. « le père vient-il.'' ^) mais « qui vient? », « quand vient le père ? » etc. Quand l'idée exprimée par le verbe personnel est inconnue, on emploie comme terme interrogatif le pronom neutre, qui sert alors de régime direct au verbe « faire » : « que fait-il » se trouve avec « il dort » dans le même rapport que « quand vient-il » avec « il vient aujourd'hui ». On peut, en partant de là, diviser l'ensemble des interrogations en deux classes :

CELLES QUI PORTENT SUR TOUTE LA PROPOSITION et CELLES (548) QUI PORTENT SEULEMENT SUR UN DE SES MEMBRES; tOUtcfois la

grammaire ne devra tenir compte de cette distinction qu'autant que l'étude des termes interrogatifs intéresse la seconde classe et l'étude de la réponse la première ; car, en roman du moins, l'ordre des mots dans les deux cas est identique, et même les particules augmentatives s'emploient dans les interrogations portant sur toute la phrase de la même manière que dans celles qui portent seulement sur un de ses membres.

Imme, Die Fragesàt\e, nach psychologischen Gesichtspunkten eingeteilt und erlàutert, 1879, 188 1 et A. Schulze, Der altfraniôsische direlcte Fragesati, 1888. Sur ce dernier travail, cf. A. Tobler, Litbl. 1888,

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