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LES TERMES INTERROGATIFS

duit une combinaison de ubi avec de : en ital. dove, esp. donde. Cf. sur ce point p. 49 1 • Autre est la constitution du logoud. intie, corse induve, le premier représentant clairement in ubi, le second étant formé avec le ind pour in dont il a été question p. 490. On devra s'expliquer de même Tobw. nua, h.-eng. inua et voir dans le vén. indove, andove, frioul. dulà, indulâ un composé de in avec dave; en outre, le frioulan comme le tyrol. dolâ, iolâ montre une assimilation à kulâ (là). — Le lat. unde n'a probablement conservé nulle part son ancienne signification ; peutêtre sa place a-t-elle été prise d'abord par la forme plus claire deunde : en roum. de unde, ital. donde, frioul. dontre, franc, dont jusqu'en plein xvi'= siècle, prov. don et aussi en a. -esp. et a. -port, donde; par conséquent, l'obw. nunder, le h.-eng. inttonder, autrefois aussi induonder, remontent sans doute également à de unde, mais dans leur initiale ils ont été, eux aussi, assimilés aux représentants de ubi. Dans les langues qui ont remplacé ubi par de unde, parfois aussi ailleurs, ou bien on trouve une forme renouvelée avec de : en obw. danunder, esp. de donde, ou bien l'origine (d'où) est marquée par une forme tirée de celle qui indique le repos (où) : en franc, mod. d'où, logoud. da inue. — La situation est encore plus simple avec les termes interrogatifs de temps. Le seul dont il s'agisse est quando, qui s'est conservé et est devenu en roum. când, ital. quando, franc. quand, prov. quan, esp. cuando, port, quando, sauf que dans les Grisons il a été remplacé par hire de qua hora, que l'on a aussi dans le provençal, à côté de quan, sous la forme quora. — Enfin, parmi les interrogatifs de manière, cur a été complètement éliminé par une forme nouvelle composée de la préposition per, pro et du pronom : en a. -roum. derep ce, roum. mod. pentru ce, eng. par ké, ital. perché, franc, pourquoi, prov. per que, esp. porqué, port, porque. En même temps, on trouve encore en macéd. kàtsé, transylvan. kàc, qui dans les premiers temps n'était pas non plus inconnu au roumain écrit, sous la forme càcî^ et qui provient sans doute de quod (parce que) avec l'adverbe relatif fg. Ce qui explique son emploi comme interrogatif, c'est que les interrogatifs et les conjonctions qui sont composées d'une préposition et de l'adverbe relatif, sont également en d'autres cas identiques par le sens; c'est ainsi qu'une conjonc-

tion d'abord uniquement relative peut ensuite être employée aussi comme interrogatif. En dehors de là, on dit encore en roum. de ce (par rapport à quoi) ou la ce (pourquoi). En provençal, on trouve encore parfois q.uare dans cet emploi : mor:^ (55 0 a me quar no ves (Boèce 130), frans reis, car no t'en fuis que no't trobo aissi (Appel, C. 6, 42) etc., peut-être aussi dans le plus ancien français : e de ta medre quer naveies mercit (Alexis 88). Enfin l'on se contente, comme en latin, du simple quid : en roum. ce tot cânti la not pe {urà (Doine 264, 2 : que chantestu toujours près de notre grange?), en ital. che non ti fai tu insegnare quello incantesimo? (Bocc, Dec. 9, 10), en franc, que tardezj-vousl, en esp. que vas temiendo las nuevasl, plus souvent avec un sujet pronominal qu'avec un nominal. Le quid doit peut-être à proprement parler être considéré comme un régime direct qui indique le motif d'une action de la même manière que dans le franc, trembler la fièvre (p. 392). — Quomodo s'est conservé : en roum. cum, ital. corne, a. -franc, com, come, coment, prov. co, com, comén, esp. -port. como. S'il est vrai qu'en français com, come et coment ne sont pas à l'origine distincts dans leui* signification, vu qu'en effet coment notamment n'est qu'un allongement de com, come produit par l'adjonction du suffixe adverbial -ment (H, p. 687), il s'est pourtant établi en français moderne une différenciation qui consiste en ce que, pour l'interrogation, coment est resté seul en usage. Un renforcement particulier du simple com apparaît dans le prov. cossi : Domna, dis el, leu lo veires. Cossi leu?{A., C. 3, 428), qui n'a dû s'employer d'abord que dans le cas où, comme dans l'exemple donné, l'interrogateur veut être renseigné sur le comment d'une chose déjà dite : « comment puis-je le voir ainsi que tu dis ». Cette forme ancienne apparaît clairement dans l'esp. cômo asi : pero Virgilio, dice, siguiô las huellas de Homero y se quedô à larga distancia. Cômo asi? Hay por ventura en la Iliada ni en la Odisea alguna cosa comparable al cuarto libro de la Eneida? (C, D.). En ce qui regarde la signification, il faut encore observer que quomodo s'introduit facilement dans la sphère de cur, c.-à-d. que l'interrogation relative au comment d'une action est regardée aussi comme relative à sa cause : en ital. come non fai tu festa a Tedaldo? (Bocc, Dec. 3, 7), en franc.

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