‹ Grammaire des langues romanes;Chapitre 179 sur 269 · PARTICULES AFFIRMATIVES ET NÉGATIVES · texte numérisé non relu

PARTICULES AFFIRMATIVES ET NÉGATIVES

les époques l'affirmation énergique surtout peut s'exprimer par la répétition du verbe : « viens-tu ? » « Je viens ». Mais ordinairement, au lieu de cette répétition, on a d'abord une tournure comme sic facio, hoc facio et peut-être aussi sic sum, sic haheo ou bien sic facit etc. : cf. en a. -franc, m sai don la dolors ni est prise. Ne sai? Si fa^ (Cligès 665), voHle:^^ vous riens plus dire? Haro ! si faison (Mir. N. D. i, 1328), na point ci Alexis esté Avecques vous? Si a certes (40, 874 etc.), et alors on n'exprime le pronom que si celui qui répond veut marquer qu'il approuve ce qui précède : ainsi delivre:^-m-ent. Si ferons nous (Mir. N. D. 6, 11 5 5), sire, vos ne nu deve:( pas haïr. . . Dame, dist H eniperere, non fa'^ ge (Mark. Rome 29 c 4) etc. La réponse au moyen de si fai se maintient jusqu'en plein xvii* siècle et a laissé dans la langue littéraire une dernière trace avec si fait, qui est donc la 3^ personne généralisée. Mais plus fréquente est dès l'origine la suppression du verbe : en ital. si, esp. si, port, sim, en France avec le pronom-sujet 0 je, 0 il etc. : en a. -franc, ene conissiés vos que je vos ai pris? Sire, 0 je (Auc. (562) 10, 74), cornent, dant Renart, refusés vos Le corone? Lupart, 0 nos (Cour. Ren. 2560) etc. et de même en provençal. Mais, tandis que plus tard le provençal a supprimé complètement le pronom et qu'il dit donc simplement oc, en français (et ce phénomène apparaît déjà chez Chrétien de Troyes) on a généralisé la forme qui primitivement n'était usitée qu'avec la 3^ personne masc. sing, et plur., à savoir oil, en franc, mod. oui, apparemment parce que cette forme oil se présentait de loin le plus souvent. À l'italien si correspond parfois aussi en roumain asâ, notamment dans le Banat et en Transylvanie. C'est de l'allemand que paraît provenir l'eng. hai, ert. ei.

L'explication exacte de oui est due à A. Tobler, Zs. vgl. Sprachf. XXIII, 423, Beitràge i, 1-4, et la distinction entre si fa:^ et sifa:ijo à A. ScHULZE, Zs. XX, 404. •'

§ 522. Mais il y a encore d'autres adverbes qui servent à rendre l'affirmation ou la négation, bien qu'ils n'aient eu d'abord pour objet que de la renforcer. En roumain, il faut citer ba : oare nu-i din tear a mea? Ba eu nu-s din teara ta (Doine 379, 3 : n'est-elle pas de mon pays ? Non, je ne suis pas de ton pays).

morï tu, merlà, mon tu, dragà ? Ba eu, cuce, not mûri (Doine II, 4 : meurs-tu, merle, meurs-tu, cher? Non, coucou, je ne veux pas mourir) etc., mais ensuite aussi Ce-i mat rêû ca urâtl Ba, \m, mat rea i dragostea (6, 2 : y a-t-il rien de plus mauvais que la haine ? Oui, vraiment, plus mauvais est l'amour), dar de mine nu ti-i dor ? Ba mi-i dor (134, 2 : mais ne te tarde-t-il pas de me voir ? Sans doute il me tarde) etc. ; il s'emploie donc après des interrogations négatives. Le sens originaire de ce mot issu du slave est « en vérité, certainement, même », et son emploi n'est pas non plus limité en roumain à la réponse. En italien, il faut d'abord signaler già, qui tantôt seul tantôt redoublé exprime l'assentiment avec un peu moins de décision que si et où l'on ne doit peut-être voir qu'une articulation accompagnant le geste de l'assentissement, donc une espèce de création spontanée. Les autres particules d'affirmation sont sicuro, certo, davvero et mai si : cf. corne, disse Ferondo, dunqtie sono io morto ? (563) Disse : mai si (Bocc, Dec. 3, 8), où mai a peut-être d'abord, comme dans l'emploi examiné p. 581, encore une fois sa valeur temporelle et se rapporte au présent. Ensuite il faut citer an^i et altro. Le premier marque l'opposition, se rencontre d'abord à côté, puis au lieu de no, et est plus énergique que le second : vi piace questo quadro? An^i mi è antipatico quanto mai. Au fond, an^i ne fait que renchérir sur l'ensemble de la phrase, et la négation n'est aucunement exprimée par là. Au contraire, altro renforce l'affirmation : vi siete divertito? Altro \ ê vera questa cosa ? eh altro etc. Le point de départ de cet emploi doit être cherché dans des cas où l'idée exprimée sous forme d'interrogation est susceptible d'une gradation, laquelle contient en même temps une rectification, p. ex. lo crede? altro che credere, lo so. — En vieux français, voire se présente comme confirmation d'une question réitérée telle que Don estes vos ? De Grèce somes. De Grèce ? Voire (Cligès 3 67), parfois même avec oïl : preudom, reconnissies me vos? Conissons? voire sire oil (G. Pal. 9395); voir en revanche sert simplement h renforcer : et doit me ele ami clamer? OU voir (Ch. Lyon 1457); il en est de même pour certes, vraiement, voirement, bien etc. A l'ital. an:(i correspond ainx^ : sont il, dist il, en mer nee:{? Ain^ sont a glaive destrenchiex (Rou 3, 1171). Sur la négation ren-

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