PARTICULES AFFIRMATIVES ET NÉGATIVES
forcée, cf. aussi Chap. V. L'Ouest offre peu de chose à remarquer; on y trouve aussi en esp. cierlo, por cierto et autr. termes sembl. Comme dernier point l'on peut encore rappeler que, lorsqu'on veut répondre avec plus de politesse, notamment quand on s'adresse à des. supérieurs, au simple « oui » et « non » l'on joint au moins encore un appellatif de politesse : en ital. sissignore, franc, oui, monsieur. Mais, à la suite d'un très fréquent emploi, on peut alors ici aussi en arriver à méconnaître entièrement les faits et aboutir à des locutions comme l'abruzz. gnomon le signore mé, gnorsci, signore me (Trad. abr. i, 12). Dans quelle mesure des considérations de politesse, précisément dans l'interrogation et la réponse, influent-elles encore autrement sur la manière de s'exprimer? C'est ce que nous n'avons pas à rechercher davantage ici.
§ 523. Mais on peut bien examiner encore un cas de réponse aJErmative quand on s'adresse à soi-même. Que chacun puisse se poser à soi-même une question et y donner la réponse appropriée, la chose est naturelle, et il ne l'est pas moins qu'on peut, sous forme d'interrogation, engager un autre à faire quelque chose et en même temps appuyer sa propre (564) exhortation par une réponse affirmative, comme c'est p. ex. le cas dans le prov. volés 0 vos domna ? Nos hoc (Flam. 4479). Toutefois il peut également arriver que celui qui parle, au milieu de sa communication, conçoive des doutes sur l'exactitude de celle-ci, mais qu'il les laisse immédiatement tomber à leur tour sans les formuler réellement, se bornant à les exprimer dans sa phrase par un « oui » confirmatif, qui est un dernier reste du travail qui s'est fait dans son esprit. C'est ainsi qu'on pourrait expliquer la faculté d'exprimer l'insistance que possède si en ESPAGNOL et qui s'observe dans des phrases comme : tu si que has llegado tarde (Trueba, H. Cid 58), en su propria persona se notaha poco esmero y aseo ; pero en el traje si se descubrian el cuidado y la pulcrilud (J. Valera, Com. Mend. 119), en esto no he variado, sino para ju^^arme aun menas merecedora. En la que si he variado es en reconocer que (156), ^0 rw comprendo à Ud. Lo que si comprendo es que (Caballero, Novelas 1 10), no se el tiempo que hay. Lo que si se es que (271) etc., phrases dont la
première représente de la façon la plus claire l'état de choses primitif, tandis que les autres nous en montrent une altération graduelle.
m. L'Exclamation
§ 524. Sur I'exclamation et Tordre il reste encore à faire les observations suivantes. Des particules comme nous en avons rencontré dans l'interrogation (p. 580 sqq.) se retrouvent ici aussi, et ce sont généralement les mêmes, ainsi en roum. da, qui doit être identique à dar (mais) : da 'ndrà^ne^te (Doine TOI, 3 : prends donc courage), franc, viens donc, ital. venite dunque etc. Or particulièrement est répandu au moyen âge : en ital. 0 muse, 0 alto ingegno or maiutate (Enf. 2, 7) et avec dunque : or di a fra Dolcin dunque che s'armi (Enf. 28, 55), en a. -franc, or te tais (IV Livr. 164), en prov. ar aujat^^ (Appel, C. 5, 44). En outre car, en vieux français, est très recherché : kar fust mes sires od le prophète (IV Livr. 361), Sire, car nus menei (Roi. 357), Volifan car sone:( (1059) etc. L'évolution du sens est analogue à celle de donc etc. ; car désigne d'abord le désir et l'ordre comme étant la conséquence, le résultat de quelque chose d'antérieur. Il en est tout autrement avec va, (565) qui dans les premiers temps s'unit souvent, dans sa pleine signification d'abord (§ 532), à un impératif, puis s'est affaibli : va car me di (Ch. Lyon 328), di moi, va, cui est cil escus (Durm. 3839) et dont le sens doit être, à proprement parler, qu'il faut abandonner toute préoccupation, ne pas se soucier de tous les empêchements qui pourraient entraver l'exécution d'un ordre. En même temps l'on rencontre aussi diva, qui existe encore aujourd'hui sous une forme abrégée dans ouida, nennida, proprement di va (dis, va), lequel au début réclame une réponse à une question, puis s'est également affaibH. Sur donc, cf. aussi A. Tobler, Beitr. 2, 150-157.