‹ Grammaire des langues romanes;Chapitre 187 sur 269 · JUXTAPOSITION DE PROPOSITIONS RELATIVES · texte numérisé non relu

JUXTAPOSITION DE PROPOSITIONS RELATIVES

en vilté (G. Viane 753), mal dahé ait, ja mais te proisera (Alise. 243), mar des putains, tant en ont chaele^ (500), où l'émotion détermine une façon de parler rapide, mais cependant intelligible. Dans des cas tels que la fors a mult grant jant, se tandent la lor très (R. Mont. 336, 14), il n'y a pas de connexion étroite entre les deux propositions. Le provençal offre un état de choses analogue : hanc no fo hom ta gran vertut agues (Boèce 92), ny a ram rw s'entrasenh (Uc Brun, i, 3), res non es Amors non ensen (Flam. 4340), ben pauc ne sai gelos nonfossen (1193), tais la cufen bailla tener non a mas l'ufana (B., C. 52, 20), nia^auta sos aibs de tal non am (B., D. 40, 7), ces deux dernières propositions rappelant celles dont il a été question p. 602.

§ 541. Avec les propositions temporelles, il y a deux cas différents à examiner. Souvent une forme personnelle facit, habet etc. accompagnée d'une indication de temps qui en est le régime ou bien aussi est, stat avec la même indication lui servant de sujet est ajouté à une proposition complète pour exprimer depuis combien de temps dure l'action rendue par cette proposition : cf. en ital. sedici anni fa ou sono sedici anni, io era in Italia; ti rissovieni di quella giovinetta che quatlro anni fa villeggiava appiè di queste colline (Foscolo, V.), en a. -franc. bienle sait on piech'a (Doon 3440), je le sai grant pieça (Berte 320), la grant perde quil ot reciu not gaires (Jourd. 1532), en franc, mod. fai été à Paris, il y a dou:(e ans, en prov. non dormi très sers avia ja passât^ (Flam. 219), en esp. falcon que estaba ij dias non dormia (Gaza 61, 15), soy una desdichada doncella, â lo mcnos una que lo fuè no ha ocho dias' (Nov. ej. 238). Dans le franc, pieça, qui de nos jours est sorti de l'usage, et dans naguères, les anciennes propositions ont été complètement méconnues et sont devenues des adverbes. L'ital. poco fa (582) semble être aussi sur la même voie : cf. Vimnuigine di Battista gli richiamo alla mente una promessa che aveva fatta in cuor suo poco fa a tavola alla mamma (De Marchi, Giac. id. 208); il en est de même dans le port, estava ha muito namorada do padre Amaro (Eça de Queiroz, Gr. Padre 153). Le second cas se produit quand une proposition le plus souvent négative, qui d'ordinaire renferme un adverbe de temps, est suivie d'une

6o6 CHAPITRE IV : LE GROUPE DE PROPOSITIONS §541.-543.

autre proposition dont l'action est déjà commencée avant que celle de la première ne soit achevée : cf. en roum. bine voarba nau sfàr{it Treï pàgdnï ca au venit (Cânt. Mold. 310 : à peine il a achevé les mots que trois géants sont venus), en a. -franc. se dieus garist Aiol, l'enfant, ja n'iert H mois passés ni acomplis, Tel cembel li fera en son pais (Aiol 4162), ja ançois nen ert vespres ne la nuit aconplie, avra paor de mort et tel besoing d'aie Aine mais nen ot si aspre (6538), en prov. ja mais no finara, Frances aura trobatx (Ferabr. 587).

Snr pieça, nagnères, cf. A. Tobler, Beitràge 2, 1-5.

§ 542. La proposition partielle d'une phrase indiquant le but est une proposition optative : aussi des exemples comme l'a.franç. en Alischans Guillaume querre alon Son enemi Tiebaut le presenton A son plaisir en praigne vengoison (Alise. 388), les bonnes armes porta en sus de lui. Par mesprison ne l'en eust féru (A. A. 96e) et autr. sembi. sont-ils faciles à comprendre. On est plus frappé, à cause de leur tournure plus explicite, par des phrases analogues de I'espagnol comme bajaron los très custodiando al padre, no fuese que intentase quitarse la vendu (Caballero, Cuentos 38), déme vuestra Paternidad permeso para marcharme esta madrugada à un puerto de mar . . . no sea que lo piensan mejor y me cuelgen à ml el milagro de San Francisco (39). Et il est à noter que l'iTALiEN annonce une proposition de but du même genre au moyen de accid : solevano orare e far liba:(ione a Mercurio conduttore dei sogni accid ne menasse loro di quel lieti (Leop. 170).

§ 543. Enfin doivent encore être citées les phrases conditionnelles. Ici aussi, le procédé est le même, c.-à-d. qu'on exprime d'abord un désir ou une exhortation et qu'ensuite on y ajoute immédiatement ce qui arrivera si ce désir ou cet ordre s'accomplit : cf. en a. -franc. Tierris car te recrei, Tes hum serai (583) (Roi. 3892), seignors, ceo dist reis Karles, deviegne Rou mis hum, Deviegne chrestiens, mut sa led e son nun, Ne consente en sa terre robëur ne larrun. Femme li dorrai gente (Rou 2, 1105), seit qui l'ociet, tuit pais puis avriumes (Roi. 391). On s'est écarté de l'usage primitif dans les cas où la proposition optative renferme une négation : ne fust Vaubers qui iert fort a treslis, Tout

Page 1