COPULATION DE PROPOSITIONS COMPLETES
B. COPULATION I. Propositions complètes
§ 544. Étant donné que les propositions complètes équivalent en un certain sens aux mots isolés, on peut s'attendre à voir leur copulation s'opérer au moyen des mêmes éléments que la copulation de mots isolés. En réalité, l'attente se justifie jusqu'à un certain point; toutefois, d'un côté il manque quelques-unes des particules qui jouent un rôle important dans la copulation des groupes de mots, d'autre part les groupes de propositions présentent un état de choses infiniment plus varié et par conséquent une diversité plus grande dans les moyens d'exprimer la copulation. A côté de et, nec, aut ou de leurs représentants romans, tels qu'ils ont été consignés dans les § 210 sqq., se présentent encore avant tout à notre examen la copulation adversative et la copulation consécutive, pour lesquelles on se sert en latin de sed, autem, tamen et ergo, nam et qui, en roman, ont été complètement remplacés, à part le logoud. iavie{s), par des mots nouveaux. D'après cela, les groupes de propositions formés par copulation de propositions absolues se partagent pour le sens en trois classes, selon que la seconde proposition est simultanée, identique de forme à la première, ou qu'elle se trouve en opposition avec elle, ou qu'elle constitue une conséquence temporelle ou logique de la première. Il est vrai qu'on ne peut pas ici non plus s'attendre à une délimitation tout à fait rigoureuse. De même, en effet, que la simple juxtaposition peut souvent avoir le sens de conséquence, des propositions unies par et peuvent aussi" devenir facilement propositions de conséquence et, par le procédé inverse, des propositions de conséquence aussi peuvent souvent admettre presque le sens de simples propositions unies par et. Cependant le besoin de clarté nous engage à conserver la tripartition et alors, les types douteux, une grammaire historique les rangera dans la classe à laquelle ils appartiennent originairement. En outre, nous n'aurons à nous occuper que de copulations entre propositions et non de copulations entre propositions et membres de proposition, comme il s'en trouve d'une manière particulière- (586)
Meyer-Lûbke, Grammaire III. 39
6lO CHAPITRE IV : LE GROUPE DE PROPOSITIONS § 544. 545.
ment remarquable en roumain : pâsàrile dânduse la el, sà-l sfî^ie, iarà el apàrându se (Basme 76, 2-: les oiseaux voltigeaient autour de lui pour le déchirer, mais lui se défendant) et en ESPAGNOL : el niho rompia el pesciie^p mirando para los halcones y usted atormentandole con su ausencia (Galdôs, Fort. Jac. 4, 93), no se enter aba de la perseciicion y yo pasando la pena negra (99), où l'on voit qu'un adverbe verbal (p. 553) est copule par et, tandis que d'ordinaire les adverbes sont juxtaposés.
§ 545. La seule conjonction employée pour unir entre elles des propositions de même nature est donc et, ainsi que nous l'avons dit, en roumain ^i, et aussi, dans les langues du moyen âge, nec. Toutefois il est à noter qu'en roumain du xv^ siècle et même encore aujourd'hui en macédonien, et est en usage à côté de {i, mais cependant presque uniquement quand deux propositions ayant des sujets différents sont unies entre elles, c.-à-d. donc dans le cas où le si, lat. sic, exprimant une similitude quelconque, est le moins de mise. Mais même de cette dernière position et peut d'autant plus facilement être éliminé qu'il y perd facilement sa signification d'abord purement copulative et que, adoptant un sens provoqué par la différence de sujet et de verbe, il exprime alors une légère opposition. Cependant, quand on ne voulait pas indiquer l'opposition, l'on se contentait aussi de la simple juxtaposition ou plus tard, quand il fut devenu purement copulatif, de si; quand on voulait faire ressortir l'opposition, la langue disposait de toutes sortes d'autres moyens d'expression (§ 550). Dans les traductions du grec, l'a.-roum. e correspond généralement au cà grec. Voici des exemples du vieux roumain : începtitul fàcu domne^icû ceriul {i pàmîntul e pàmînlul era pusjiu {i în desert (Gaster i, 33, 28) pour rendre le début de la Genèse, adu-ti aminte cà ti-aî luat tu dulceata ta în viata ta, e La:(ar ajijderea râû (i, 31, 2 : rappelle-toi que tu as pris ta douceur en ta vie et Lazare de son côté du mal). La signification adversative apparaît clairement dans les phrases où se produit seulement un changement de verbe et non de sujet : sa amu breti lâsa oanienilor gre^alele lor, lâsa va ^i voao tatàl vostru de în certu gresalele voastre, e sa nu vreti làsa (28, 24) etc. pour traduire S. Mathieu 6, 14 ou
§ 545- 54^- COPULATION PAR et éll
dans celles où Coresi remplace Ye du Psaltirea Scheiana par iarâ, p. ex. 5, 9 : g eu multia milustineei taie întraiu în casa ta, (587) chez Coresi iarà eu în niultiîa mesereriei taie întra-vdîu în casa ta. En macédonien aussi, la signification adversative est évidente : cf. seste kà te lipseaste karne, last yinà hasaplu . . . e seste kà te lipseaste lànà, las i yinà barberlu (Rum. Jb. 2, 30 : s'il te manque de la viande, fais venir le boucher; mais, s'il te manque de la laine, fais venir le barbier), ràulu adutsea dao oale, unà di tserinà, e alantâ di aramà (34 : le fleuve amenait deux pots, un d'argile, mais un autre de cuivre), dupa aista d:(itse a vulpilï sa le inpartà; e ia le ta si lefatse tinu stogu (30 : après cela il dit au renard qu'il le partage; mais celui-ci le prend et en fait un tas). Si en même temps l'istrique emploie aussi e tout à fait avec la valeur du latin, on ne risque pas de se tromper en admettant une influence italienne.
§ 546. Les propositions unies entre elles par et peuvent être de nature très diverse. Le cas le plus ordinaire, celui où deux actions sont (doivent être, ont été) exécutées en même temps ou du moins dans une succession tout à fait immédiate par plusieurs ou aussi par un seul et même sujet, ce cas ne donne lieu à aucune autre observation. Que le sujet en général ne soit pas répété, qu'on dise donc en franc, il va et vient, non // va et il vient, la chose va de soi. On rencontre moins souvent la copulation d'une exhortation et de I'expression d'une intention : en ital. sostieni la pietra et io entra (Serc. 41), en a. -franc. va a la vile et jo al bois (M. de France, Fabl. 26, 40), ce qui se comprend d'ailleurs facilement, car les deux propositions, sinon par leur forme grammaticale, au moins par leur contenu, sont de nature identique. La diversité n'est aussi qu'apparente quand un IMPÉRATIF ou Un PROHIBITIF est Uni par et à un futur qui le suit : cf. en ital. va e dirai, en a. -milan, vu lo piâ e si ' l tegnerî (Besc. 1326), en a. -franc, tort ne luxure ne pechié ne mener ne traïson vers nelui ne fere^(Co\ir . Louis 65), en esp. no pienses y no tenteras nada (Galdôs, Fort. Jac. 4, 27), en tant qu'à l'origine du moins la deuxième proposition exprime une action qui s'accomplira après l'exécution de l'ordre, mais non plus un ordre direct, comme on le voit tout à fait clairement dans
l'exemple espagnol notamment. Une copulation plus étonnante est celle d'une interrogation avec une énonciation : cf. en (588) a. -franc, vus estes vifs diables, El cors vus est entrée mortel rage. E qui serat devant mei en Van7;^ardel (Roi. 744). Mtilt est pesmes Rollan^, Qui tute gent vuelt faire recreant E tûtes terres met en chalengement . E par quel gent quiet il espleitier tant! (392). Voici évidemment ce qui s'est passé dans les deux cas : sous l'empire d'une émotion, ce qu'on veut énoncer comme un nouveau fait négatif en soi, on le présente en la forme de l'interrogation oratoire, c.-à-d. qu'on abandonne la première construction. On pourrait peut-être admettre qu'à l'origine au moins il se produisait un repos entre et et le pronom interrogatif qui le suit. Il est possible aussi que et unisse deux propositions dont l'une se trouve à l'égard de l'autre dans un rapport conditionnel ou concessif (cf. p. 606) : en ital. gli dessero la sua parte ed egli se ne sarebhe andato fuori de' piedi (De Marchi, Giac. id. 183), lo trovero e fosse egli alla fine del mondo, en a. -franc. se le mien chevalier ne le rent tout maté Et lui et le sien frère et soient bien armé. Si me giet on u feu (Doon 115 3), en prov. am mais morir de lai e fos mia Alamanha (Choix 4, 114). On le trouve enfin entre deux propositions de gradation : en a. -franc. plus a et plus il convoita (Cléom. 154) et de même encore aujourd'hui : plus f y pense et moins je puis douter. Après ce que nous avons dit p. 599 sqq. sur la signification des propositions juxtaposées, toutes ces significations diverses des copulations au moyen de et ne sont pas autrement étonnantes, car la connexion étroite indiquée par et ne peut naturellement exercer aucune influence sur la signification. C'est ainsi donc qu'on peut aussi mentionner ici, comme pendant aux constructions qui seront étudiées au § 555, le franc, à peine Pierre avait-il eu le temps de respirer cette odeur, qui lui rendait Ely si présente, et la seconde porte s'était ouverte (Bourget, Id. trag. 154). Certains patois poussent particulièrement loin cet emploi : cf. p. ex. en reat. bol'o e ffacci esto « je veux et fais cela » au sens de « je veux que tu fasses cela », il' mpg e cce aye (dis-lui un peu qu'il vienne), e ttantu bellu e mme nue moro (il est si beau que j'en meurs) etc., où e paraît équivaloir directement au tosc. che, mais naturellement n'a rien à faire avec lui.
§ 54^- 547- COPULATION PAR et ET sic 613
E. Plôger, dans le travail cité à la suite du § $$9, donne de nombreux exemples pour montrer que les ouvrages de traduction rendent par le franc, et le lat. aut, vel, autem, sed, vero, ergo, igitur; toutefois on ne peut guère en conclure qu'à une certaine négligence des (389) traducteurs, qui ne s'appliquaient pas à rendre les finesses de l'expression latine.
§ 547. A côté de ET, le vieux français, le vieux provençal, rarement I'ancien italien, où c'est d'ailleurs peut-être un gallicisme, présentent également si; toutefois, à l'inverse de ce qui s'est passé en roumain (§ 210 et 545), il a dû lui aussi céder graduellement le terrain à et et paraît ne plus se rencontrer au xvii^ siècle. En ce qui concerne les rapports réciproques de et et si, voici à peu près ce qu'il y a à dire. En vertu de sa primitive signification, si attire l'attention sur la manière dont s'accomplit une action et qui est indiquée par quelque chose qui a précédé ou quelque chose qui suit; il n'introduit donc pas d'abord comme et une proposition équivalente, mais une explicative : volt lo seule lasxjer, si ruovet krist (Eul. 24 : elle voulait quitter le monde, à cet effet elle priait Jésus-Christ), l'egue H getent, si moilent son liçon (Alexis 54 : ils versent l'eau sur lui, ainsi ils mouillent sa couche), vunt en avant, si derumpent la presse ÇiJ^) etc. Naturellement les deux propositions peuvent être unies aussi par et : plorent si oil e si getet gran^^ cri:( (88) ou bien à une époque plus récente : tu VespouseraSy quoy que tu puisses faire, Et si tu Vaymeras (Mairet, Silv. 1181) au sens de « et de plus », en a.-ital. ando e si gli aperse (Bocc, Dec. 2, 2). Puisque des propositions copulées par si peuvent, sans changement dans leur signification, l'être aussi par et si, cela revient à dire que si peut adopter la signification de et. En d'autres termes, bien que le rapport entre les deux propositions soit à l'origine un rapport de succession, leur connexion est cependant si étroite qu'elles se distinguent à peine de deux propositions absolues de même nature; c'est pourquoi la particule introductive de la seconde peut facilement être regardée comme simplement copulative. Aussi en réalité lit-on : soef Vapelet si li at conseiliet (Alexis 68) et durant toute la période primitive on peut rencontrer si dans cet emploi, le plus souvent toutefois pourvu que les deux pro-
positions aient le même sujet, rarement dans des cas tels que de la dolor que démenât H pedre Grant fut la noise, si l'entendit la medre (85), où d'ailleurs si a probablement de nouveau une signification plus entière, un fil lor donet, si l'en souvent bon gret (6), einsi li avint que la reïne le détint. Si demora tant delez^ li (590) qiiil s'ohlia (Ch. Lyon 49), ceo gart que Deus li a done si li suffise en leialté (M. de France, Fabl. 54, 29). Comme si n'est donc pas dès le début purement copulatif, mais qu'il indique un rapport de signification entre les deux propositions, il est alors employé dans des cas très variés. A ce propos, il faut citer avant tout le sens adversatif, tel qu'il se trouve dans de cans i a qui ce qu'il ôent N'antandent pas et si le loent (Ch. Lyon 153), il fut mult sages hom, si dist il grant folie (G. Bourg. 77) ou bien après des propositions négatives : ni poi plus feire de demore Si fis lues son comandemant (25 1), ja nistront de cel resne, si esteront pendu (Elle 838), ensuite après soper itant me dist Li vavassors qu'il ne savait Le terme puis que il navoit Herbergié chevalier errant . . . S' an avait il maint herbergié (Ch. Lyon 256) et de même encore au xvii^ siècle : je ne cognais que trop quelle fuit ma rencontre; si faut-il que le soir enfin elle se montre (Mairet, Silv. 134), où si pourrait peut-être se traduire par « et cependant ». Lorsque le rapport entre les deux propositions est tel que la seconde contient la conclusion de l'action exprimée dans la première, si peut alors adopter directement le sens de « jusqu'à » : cf. ains le jar ne finerent si vinrent a Orliens (Aiol 4859 : ils ne finirent pas le jour jusqu'à ce qu'ils vinssent à Orléans), si tost comme Alexis entendi la novele, Onquex ne s'aresta si vint a la chapelle (Alexis IV, 61) etc., cas où la première proposition est toujours négative et signifie donc « ceci ou cela ne cessa pas, ainsi c.-à-d. en conséquence il arriva ceci ou cela, et cette deuxième action a fait cesser la première ». La pensée finale n'est pas exprimée parce qu'elle va de soi ou bien aussi parce qu'elle ne se précise même pas entièrement dans l'esprit. Plus souvent, en pareil cas, on préfère le futur au temps du récit : n'istront mais de prison, s'est Aiols rétamés (Aiol ^ïj6), ja mais navra repos, s'ert aquitée (552), ja ne le lera mais, si ert veue (1337). Or, comme la première proposition renferme une chose qui ne s'accomplira pas et la seconde une chose qui s'ac-
§ 547- 54^- COPULATION PAR sic ET atque 615
complit, et que si exprime un rapport de cause entre les deux propositions, on a pu facilement s'imaginer que la réalisation de l'acte exprimé dans la seconde proposition ferait disparaître l'obstacle qui empêchait la réalisation de la première, de sorte donc que ce si équivaut alors pour le sens à une tournure comme « jusqu'à ce que » ou « avant que » : cL ja mais nere jeo lies s'en ere aseurés (Aiol, 10559), puis après un impératif : ne crées chose si l'aies esprovée (Mitt. 87, 20) et alors aussi après le (591) simple présent : bien saves que valés ne escuiers Ne doit aporter armes s'est chevaliers (479). Le français moderne a renoncé à tous ces emplois; il n'a conservé que si adversatif dans le dialogue : est-ce que vous n'allez^ pas à Taris? Si, j'y vais. En vieux PROVENÇAL, l'emploi ADVERSATIF est assez fréquent : ni muer ni vin ni no garis, ni mal no m sent e si l'ai grant (Appel, C. 13, 36), mais regina vera ne sai el mon e si n'ai mainta quista (24, 28), per patic me tenc quar ieu vas lieys no cor, si feira ieu (18, 21) etc.; en ancien italien, comme nous l'avons dit, c'est l'emploi temporel : mai ristette si fu in Firen^e (Bocc, Dec, 3, 9). L'espagnol aussi connaît la signification adversative : no muriô entre las damas Ni menas estando holgando si en defensa de Zamora (Rom. Cid 91).
Cf. E. Gessner, Zs. II, 572-583 ; pour l'italien, cf. aussi A. Gas- PARY, Zs. II, 95-99. Nous n'avons pas mentionné l'obw. tgei hits a mi dar, scha vi jau igl metier a matins a vus (Alig 10 : ce que vous voulez à moi donner, ainsi veux-je le mettre en mains à vous), car il est évident que nous avons là un germanisme.
§ 548. Atque ne s'est conservé qu'en Italie, sous la forme a, avec redoublement de la consonne suivante, donc d'abord sous la forme ac, et surtout quand l'impératif d'un verbe de mouvement est uni à un second verbe attributif, donc dans les cas qui correspondent à la tournure sans conjonction attestée p. 597 par un ancien exemple. Cellini dit vatti a riposa; on rencontre souvent vattel a pesca; on cite aussi comme toscanes va a dormi, vatti annega, vall'a vedi, vall'a credi etc. En dehors de la Toscane, on emploie notamment à Rome va a ttrova, vie-cce a ttrova, va a ccerca, vattel'a mmagna, vall'a indovina et autr. tournures sembl.; tout le Nord aussi connaît vatel a cerca et autres constructions analogues avec va. Mais, à mesure
6l6 CHAPITRE IV : LE GROUPE DE PROPOSITIONS § 548. 549.
qu'on s'avance vers le Sud, apparaît alors une extension remarquable de cet emploi. En effet, dans le sicilien, à côté de l'impér. vacci a canta (Fiabe 92), marina a chiama (Bibl. 4, 175), on trouve alors aussi la i""^ p. sing, vayu a viyu (204 : je viens et vois), la 2^ p. sing, tni veni a chiami (Fiabe 119), la 3^ p. sing, va a cerca (67), la 3^ p. plur. venunu a capitanu a (592) mia (131), où l'on doit probablement voir, non une formation nouvelle, mais l'état de choses originaire. Mais alors on méconnaît évidemment la valeur du second verbe lorsqu'à Rome on dit aussi annatevelo a trova, se le vadino a magna, lo verra a trova etc., où l'on voit que le trova de la locution va a trova a été mis sur le môme pied que l'infinitif de l'autre locution de sens identique va a trovare (p. 364). — Un transfert inverse pourrait bien avoir eu lieu dans la Terre d'Otrante. Ici, en effet, devant n'importe quelle personne du verbe on peut placer un sta, va invariable;- on dit donc sta benu (je viens), sta turnaa (elle retournait) à Arnesano, sta haminu (je chemine) et autr. expressions sembl. à Lecce, en outre se ba mira (il se mire), tu te ba piggya (tu prends) etc., dans lesquelles on doit sans doute aussi voir sta a, va a, comme le montrent notamment le b dans benu et le lecc. siu e sse impussessau (il s'empara), ae e lu ba troa (elle le trouve). Il est vrai qu'en soi une simple juxtaposition serait, précisément ici, également admissible (cf. p. 597).
AscoLi, Un prohlema di sintassi comparata dialettale, Arch. Glott. XIV, 453-468. A. Gaspary, Zs. III, 257-259, a vu dans vatteVa pesca un mélange de va, pesca avec va a pescare, ce qui n'est pas impossible mais, en présence des formes siciliennes, peu vraisemblable.
§ 549. L'alternative, ainsi que nous l'avons déjà montré au§2i3, est rendue au moyen de aut simple ou répété. En ce qui concerne l'étude des propositions, voici ce que l'emploi de cette particule présente encore de remarquable. En italien, la seconde proposition est souvent introduite par che : 0 questo non pud star insieme 0 cl/ io non f intendo (Arioste, Supp. i, i) et aussi avec omission du premier 0 : tu mi dirai il vero 0 cJj io li rampera quante ossa tu hai nella persona (5, 6) ou bien avec che déjà après le premier : 0 che tu îne lo dica 0 che tu faccia conto che questa porta stia sempre per te chiusa('), 2). En vieux français.