La Proposition
a. Les Propositions-Sujets
§ 570. Les PROPOSITIONS-SUJETS se rencontrent surtout après les verbes unipersonnels et après des locutions unipersonnelles
Meyer-Lùbke, Grammaire III. 41
composées du verbe indiquant l'état et d'un adjectif prédicatif, plus rarement d'un substantif prédicatif. Sous le rapport de la forme, les propositions predicatives sont absolument identiques et par conséquent ne doivent pas être examinées à part : cf. en franc. // est sûr que la paix ne durera pas et ma conviction est que la paix ne durera pas. Le latin tantôt nous offre l'infinitif avec un sujet à l'accusatif, tantôt il emploie des propositions introduites par ut ou quod : nunc opus est te animo valere (Cicéron, ad Fam. i6, 14, 2), niihi quoque opus est ut lavem (Plaute, Truc. 2, 3, 7), Quintum pœnitel quod animum (617) tuum offendit (Cicéron, ad Att. 11, 13, 2). En roman, l'infinitif n'a persisté que quand son sujet est en même temps régime du verbe personnel ou quand il n'est pas exprimé : cf. en franc. // me faut y aller et // faut y aller, mais c'est dommage qu£ tu ne puisses venir, et même dans le premier cas l'on pourrait avoir une proposition introduite par que. Avec certains verbes exprimant un sentiment de l'âme comme pœnitet, piget, mirum est et autr. sembl., ce qui est à proprement parler le sujet peut être considéré comme le motif de l'action (cf. p. 519) et par conséquent, au lieu de ut ou de quod, on peut employer aussi quia; conformément à cela, en Sicile, dans l'Italie méridionale et jusque près de Rome on trouve ka : cf. p. ex, encore à Anagni successe ka na luslrissima de Guascoha se ne yesse pellegrina a yu SantoSepolkro (Pap. 391), sans que d'ailleurs c;^^ soit entièment exclu dans ce domaine, ainsi à Reggio di Calabria succidiu ki 7ia sinura de Guascona yiu an pilligrinaggiu 0 Sipurkru di Nostru Sinuri (léi) etc. De même le prov. car, dans des cas comme moût me sap bon car tais honors vos creis (B. Born i, 2), montre le passage de quare à cet emploi (cf. § 585). Dans les autres domaines, même en provençal, on se sert de que, dans lequel on pourra voir de nouveau qui tiré de quia ou bien aussi quid au lieu de quod d'après l'analogie des propositions-régimes (§ 573); on a donc en ital. accade spesso che l'uomo s'inganna; ê vero cl) egli è morto, en franc, il arrive souvent qu'on se trompe; il est vrai qu'il est mort, en esp. acaece à menudo que el hombre se abuse; es verdadero que es muerto. Le roumain, au contraire, a recours à sa : nu ti-ofi, bade, pàcat Sa ma la.^i aicea 'n sat Cu sufletu sfàsiat (Doine 527, 7 : ne te fait-