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PROPOSITIONS-RÉGIMES ET INFINITIF

dans les plus anciens textes : cf. p. 428 et nu putea se protivieascà-se ventuluî (Cod. Vor. 87, 4 : il ne pouvait pas résister au vent), iarà dumne:(eu poate sà-lii stringâ tarait întruna (Gaster I, 138, 7 : mais le Seigneur-Dieu peut le réunir de nouveau), surtout quand la proposition partielle est séparée de la proposition verbale : pane poate da sâu se gheta:(à masa (Cod. Schei. 77, 20 : peut-il donner du pain ou préparer la table?), poate vedea {i sa cunoascâ (Gaster i, 114, 7 : il peut voir et reconnaître), au doarà poate de întru 0 fàntânà de în acela^û izvorû, sa i:(vorascà dulce {i amarûl, doarà poate, fratii miei, smochinulu masline sa facà . . . A^a nece unul i^vor sàratû {i dulce nu poate face apà (i, 10, 12 : ou est-ce qu'il peut hors d'une fontaine de la même source couler doux et amer?, est-ce que le figuier peut, mes frères, porter des olives? Ainsi une source ne peut non plus donner de l'eau salée et douce). Avec cutezâ et îndrà:(n{ (oser) aussi, les plus anciens textes laissent voir une certaine hésitation, tandis qu'avec vrea et trebui (devoir) dès l'origine on ne rencontre guère que des propositions. Ensuite il faut encore insérer ici avem sa H aducem (nous avons à te porter). Au roumain se (622) rattachent, ainsi que nous l'avons déjà dit p. 27, les par- 1ers de la Terre d'Otrante, de la Calabre et certains parlers de la Sicile, notamment celui de Messine, et la conjonction employée est à l'Est ku, à l'Ouest mi, mu (p. 640). Si l'accord de l'Est roman, auquel se joignent aussi le grec moderne, l'albanais, le bulgare et une partie du serbe, dans le fait négatif d'avoir rejeté l'infinitif, rend très vraisemblable l'idée d'une influence réciproque ou d'une origine commune, il est néanmoins étonnant que la forme qui a remplacé l'infinitif diffère à ce point d'une contrée à l'autre. En effet, dans le grec moderne, on se sert de va, qui est bien issu de la conjonction intentionnelle Tva, mais qui dans l'extension de son emploi correspond au que roman, et de même le bulgare et le serbe avec da, l'albanais avec tç présentent un traitement de ces propositions identique à celui des anciennes propositions-régimes, tandis que le roumain sa, l'italien du Sud-Est ku, celui du Sud-Ouest mu, mi sont bornés dans leur emploi à se placer après les propositions exprimant une intention (voy. p. 632, 639, 640). La question peut donc pour le moment continuer à demeurer ouverte.

Si l'on trouve aussi dans l'ancien français por celé haschiee Ne veut mie qtielerenchiee en tel dolor (Mér. 5315), et jou tot ensemetit Woeil que de chant et d'amour les retraie etc., on ne pourrait guère, avec G. Ebeling, Rem. à Auberée 529, qui cite ces exemples et d'autres encore, assimiler cette tournure à celle dont il vient d'être question, et ce déjà parce qu'il s'agit d'un emploi, ici sans exception et là occasionnel, qui doit être attribué à ce fait que valoir, dans ce cas-ci comme ailleurs en vieux français, peut également s'employer comme verbe transitif presque au sens de « désirer », c.-à-d. qu'il se présente alors non comme verbe auxiliaire du mode, mais comme verbe attributif.

§ 575. Si l'on fait abstraction de cela, le latin et, parmi les langues romanes, le roumain nous offrent un traitement qui varie avec la signification des verbes : c'est ainsi qu'en latin les verbes qui expriment un mouvement de l'âme comme « se (623) réjouir, plaindre, regretter, espérer, craindre, s'étonner » sont unis dès les tout premiers temps et déjà, comme on l'a vu par un exemple à la p. 646, à l'époque du vieux latin à des propositions introduites par quod, propositions qui doivent sans doute à l'origine être considérées comme indiquant la cause (voy. p. 646). Plus tard suivent ensuite les verbes qui signifient PENSER ou qui expriment les manifestations de la pensée, ainsi « penser, croire, comprendre, savoir, admettre, se rappeler, dire, écrire, assurer, répondre, proposer, raconter » etc. et les verbes exprimant une perception, ainsi « voir, entendre, percevoir, reconnaître, apprendre » etc. Ici quod se rencontre surtout quand l'expression du régime vient) en premier lieu : quod veniet scio ou lorsqu'on n'a d'abord aucunement l'intention de l'énoncer, parce qu'on le suppose connu, et qu'on veut seulement l'indiquer par un pronom : hoc scio quod veniet, tournures qui sont également très anciennes et reposent évidemment sur une fonction primitive et antélatine de quod, et qui fournissent alors le moyen d'étendre davantage l'emploi de quod. Dans ces deux classes, le roumain avec son câ (ip. 638) a conservé l'expression latine. Mais en troisième lieu se présentent ensuite les verbes exprimant une volonté : « vouloir, exiger, prier, ordonner, permettre, défendre, empêcher, essayer, s'efforcer » etc., qui sont suivis en latin de propositions introduites par ut et qui, chose remarquable, même dans les textes postclas-

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