PROPOSITIONS-RÉGIMES
siques, lesquels dans l'emploi respectif de l'infinitif et des propositions avec quod se trouvent très rapprochés de l'usage roman, conservent encore leur ut. Conformément à cela, nous trouvons donc aussi en roumain la conjonction sa, plus tard ca sa. Bien que ce sa, en a.-roum, se, représente indubitablement le lat. si (p. 639), on s'étonne pourtant de le voir employé précisément avec la manifestation d'une volonté, car on devrait plutôt l'attendre avec les verbes qui expriment un mouvement de l'âme : « je me réjouis si tu viens ». Ceci donne à penser que sa n'est pas i\ l'origine une conjonction copulative de propositions, mais (comme on l'a déjà dit p. 639) qu'il introduit une proposition conditionnelle, qui est alors en même temps une propositionrégime. Une locution roumaine comme te rog sa viï correspond donc plus exactement au lat. rogo venias qu'à rogo ut venias et au fond nous avons, ici comme dans les cas examinés p. 600, une juxtaposition plutôt qu'une copulation. La tournure plus récente ca sa a probablement sa source dans les propositions de but (§ 590). — En ce qui concerne le que des autres langues, si l'on ne veut pas admettre comme base qui{a) (p. 634), voici comment les choses pourraient s'être passées. Il y avait (624) en latin des points de contact entre quod et quid d'abord dans les propositions interrogatives subordonnées, où la langue classique distinguait entre habeo, non habeo, reperîo quid et nihil habeo quod, illud nescio quod à côté de nescio quid, puis d'une manière un peu différente sibi autem mirutn videri quid in sua Gallia, quant bello vicisset, aut Caesari aut omnino populo Romano negotii esset (Bell. Gall, i, 34). Si alors le type hoc credo quod prend de l'extension dans le latin postérieur (p. 648), d'autre part le quod relatif est remplacé par quid (§613), ce qui eut nécessairement aussi pour conséquence le changement de quod en quid dans les tournures qui viennent d'être citées, et de là résulta la possibilité d'une élimination graduelle de quod par quid dans les autres positions également.
À propos de la tripartition'des verbes transitifs, cf. J. jEANjAauET, La conjonction que, p. 7-25. Sur le rapport de sens de que avec quod, il ne s'explique pas d'une façon tout à fait claire p. 52 ; en revanche, on trouvera la même interprétation qu'ici dans le texte chez G. RYt)BERG, Zur Geschichte des franiôsischen § II, p. 352.
§ 576. En ce qui concerne le rapport entre l'infinitif et LA PROPOSITION INTRODUITE PAR que, il est impossible de formuler une règle absolument rigoureuse. Une proposition avec que, à part l'exception signalée au § 574, est toujours possible : cf. en franc, je le vois venir et je vois quil vient, tournures entre lesquelles il est vrai qu'il y a cette différence que, dans le second cas, l'on insiste principalement sur le verbe, alors que dans le premier c'est d'abord dans le qu'on sent le régime de voir, ce qui fait qu'il reçoit une certaine accentuation. En dehors de cela, on peut dire que l'infinitif s'emploie quand son sujet est aussi le sujet du verbe principal ou lorsqu'il remplit, par rapport au verbe principal, la fonction de régime direct, ainsi en franc. j'espère vous voir prochainement, je le vois venir, je V entends chanter, mais non lorqu'il est régime interne (p. 394), ainsi il a raconté l'histoire de Guillaume Tell, mais non il a raconté l'histoire de Guillaume Tell être une légende ou je le sais malade, mais non je le sais être malade, où en réalité le régime composé constitue également le contenu du verbe savoir. Quand, avec les verbes exprimant une volonté, la personne à l'égard de laquelle se manifeste cette volonté, joue le rôle de régime indi- (625) rect, l'emploi de l'infinitif est également possible : il lui commande de s'en aller etc. Il est vrai que, du moment qu'on entre dans les détails, on remarque dans l'espace et dans le temps maintes divergences, dont la plupart s'expliquent parce fait que la prédilection du roman pour les propositions avec que continue à lutter avec la tradition latine qui réclame l'infinitif. Nous ne pouvons pas ici approfondir cette question ; il ne nous reste plus qu'une chose à signaler : c'est que, dans le cas où le latin n'a pas de proposition infinitive, le roman arrive difficilement à l'employer. On serait p. ex. en droit d'attendre, comme pendant à je le crains, une proposition je le crains venir de même que je le vois a pour pendant /V le vois venir. Mais, au lieu de cela, on dit uniquement je crains qu'il ne vienne, comme en latin timeo ne veniat.
§ 577. Parmi les propositions-régimes, il faut aussi comprendre le DISCOURS INDIRECT et l'interrogation indirecte. Il est à remarquer à ce propos que, comme en latin déjà, le pas-