‹ Grammaire des langues romanes;Chapitre 198 sur 269 · DISCOURS INDIRECT ET INTERROGATION · texte numérisé non relu

DISCOURS INDIRECT ET INTERROGATION

tion interrogative subordonnée est rattachée à la principale par respeito â (cf. là-dessus § 581). Vient ensuite l'interrogation dilemmatique : en port, julgareis quai é mais excellente Se ser do mundo rei se de tal gente (Lus. i, 73). — Parfois on rencontre d'autres conjonctions, p. ex. come : en ital. per vedere corne era drento danari (Lasca 38), qui n'est pas difficile à comprendre. — Le ROUMAIN se rattache dans les premiers temps à l'usage général du roman : cf. spuînnremi se Rimleanu esH (Cod. Vor. 44, 12 : dis-moi si tu es un Romain), mais plus tard il recourt à de, ce qui amène encore une fois l'identification avec la forme des propositions conditionnelles (cf. § 644).

§ 579. De même, le discours direct peut être introduit PAR que, ainsi en roum. eî ràspunserà cà : arà fi mal bine ce va na^te, sà-l ariinci în foc (C. B. i, 352, 2 : ils répondirent que : il serait mieux que celui qui naîtra, tu le jettes dans le feu), en a. -franc, et dist Jordains que : g'estoie malades De la colée qu avant ier me donnastes (Jourd. 997), et dist que par sainte esperite. Bons rois, 7iel tenes a despit (Fergus 280, 12), fet Ventpereres : Se ce vient D'orgouil ou de mélancolie Que tu hcT^ tant ma compegnie (G. Dole 644), souvent surtout avec des impératifs : mes docement te voil prier Que de tot co riens nohlier (Troie 1745), je te requier qu'en guerredon D'un de ces cierges me fai don (G. Coincy 316, 42), je te conjur sur t'ame que me di vérité (Par. Duch. 1452). Si l'on fait abstraction de l'exemple tiré de Jourdain, l'on voit que le sujet et le verbe sont séparés du que par d'autres mots. Celui qui parle veut donc employer le discours indirect, mais il passe ensuite au discours direct. Cf. A. ToBLER, Beitr. i, 216-221 et 25.

§ 580. A côté de que et surtout après les verbes déclaratifs, (628) plus rarement avec d'autres qui leur sont apparentés par le sens, on trouve aussi como : cf. en roum. giurarà cumu nece ie màînrànce nece se bea (Cod. Vor. 52, 13 : ils jurèrent qu'on ne mange ni ne boive) etc., en ital. dicendo corne quel giuramento s' era dato al Consolo morto (Mach., Disc, i, 13), trovarono i Romani corne Apollo e certi al tri responsi dicevano che (ibid.), fecero rispondere come alla città soprastavano pericoli (ibid.), tra Valtre cose che diceva, era come il tesoro era stato usurpato dei

privât i cittadini (8), intendendo corne egli era andato in villa ^ si maravigliarono como egli non avesse loro detto nulla (Lasca i8i, 3), en franc, lui escripvoit comme le roi partoit (Commines i, 2), il recent lettres comme la duchesse d'Austrische estoit morte (6, 7), en esp. un paje le avie dicho como el conde ya venia (Silva 268), olvidabaseme de decir como Grisôstomo el difunto fué grande hombre de componer coblas (D. Quich. i, 12), en port, mas 0 velho Sabendo como 0 filho esta cercado Em Santarem do Mouro povo cego, Se parte diligente da cidade (Lus. 3, 80). Plus anciennement, l'italien employait également si come : ed egli si gli disse si coni egli era di Cor novag lia (Trist. ricc. 355, j), mostrerd gli per for^a d'arme si corne noi no lo dobiamo pagare (35, 10), vide si corne la cittade iera tutta quanta presa da ong ne parte (223, 19), trovasi scritto in nelle croniche si corne si vede la città di Florence fatta a imita:(ione délia bella città di Rama (Cellini 8), où l'on doit voir une de ces fusions du déterminatif et du relatif analogues à celles qui seront étudiées dans les § 621 sqq. La substitution de como à que s'explique facilement par le fait qu'on a devant l'esprit, non pas précisément l'action en elle-même, mais plutôt d'abord la manière dont elle s'accomplit. Mais alors, au lieu de cum, le ROUMAIN actuel connaît cuin cà : cf. iî spuserà cum cà de marea dragoste ce aveau pentru darurile lut, se dusese si eu ogarul si eu gaina la un argintar (G-xsitr 2, 355, 32 : ils lui dirent comment, à cause du grand amour qu'ils avaient pour ses présents, ils étaient allés aussi bien avec le lévrier qu'avec la poule chez un orfèvre), où se trouve contenue une fusion des deux tournures possibles. Au contraire, la locution franc, comme coi, qui ne se présente qu'au xvi^ siècle, semble être issue d'une (629) interrogation directe sans verbe. — La voie que como prend ici, quant paraît l'avoir prise à une époque plus reculée encore : cf. en a. -port, nom Ihe disse ca era filho de Lançarot (Graal 23), vio ca se avia de partir délie (3) etc.

§ 581. Certains régimes peuvent également être unis au verbe PAR DES PRÉPOSITIONS, et la question se présente de savoir comment se comportent les propositions-régimes correspondantes. Ici l'on peut bien donner au terme de régime un sens un peu plus large qu'on ne l'a fait jusqu'ici, et cela en y rattachant

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