‹ Grammaire des langues romanes;Chapitre 199 sur 269 · PROPOSITIONS-RÉGIMES AVEC PREPOSITIONS · texte numérisé non relu

PROPOSITIONS-RÉGIMES AVEC PREPOSITIONS

aussi les cas où le verbe principal se compose du verbe substantif et d'un adjectif ou de n'importe quel verbe et d'un substantif-sujet dont la réunion prend la valeur d'un verbe transitif. La règle en vertu de laquelle en pareils cas la proposition-régime a la même forme exactement qu'un substantif simple, n'est observée qu'en espagnol, où l'on dit esta senal nos confirma en que alguna cristiana debia de estar cautiva en aquella casa (D. Quich. I, 40), su madré consiente en que venga conmigo de paseo (J. Valera, Com. Mend. 54), estoy seguro de que hc de bailarle mejor que cuando mi padre mi hi:(o que la bailara â lâtigos (53), en sehal de que le agradeciamos (D. Quich. i, 40), llegô la nueva à Lima de que habiamos hecho la pa^ con Inglatierra (J. Valera, Com. Mend. 2S), de esta heterogeneidad de las très caras vino sin duda la maliciosa version de que los taies eran hijos de diferentes padres (Galdôs, Fort. Jac. 3, 8), dar cuenta de quiénes eran sus moradores (Caballero, Novelas 249), me ha obligado à que yo no le encubra (Nov. ej. 3) etc. Sinon, le français, surtout après de, a l'habitude d'annoncer la proposition-régime au moyen du PRONOM NEUTRE : cf. en a. -franc, fil:^ le cunte, ki de ço se vantât ke icele grant eve que bruit a icel val, k'il la fereit eissir tute de sun canal (Voyage Charlemagne 763), os mismes reprannent de ceu liil unt a tort dit (Ezéch. 9, 40) et de même en franc, mod. je suis fort aise de ce qu'il écrive si bien, il se plaint de ce quon le calomnie, je suis fâché ou heureux de ce que, je me souviens de ce que etc. À côté de de, après les verbes indiquant un mouvement de l'âme, l'ancienne langue présente aussi dont, lequel prend alors un sens qui touche de très près au sens causal, attendu que régime et cause sont ici très près (630) de se confondre (v. p. 646), p. ex, moult nos esmervellons Dont nos le veons tant peser A pentecouste a son disner (Perc. 1593 1), irie:( en sui et repentan:( Dont gie onques en fui edan^ (Troie 19568) et encore au xvi^ siècle il avoit grande pitié dont elle n'estoit autrement aimée du roy (YitT^x.. i, 44). Ce dont paraît employé dans le sens de «d'où, à cause de quoi ». Nous avons un sens différent dans de quoi, qui ne devient assez fréquent qu'au xv^ siècle et qui doit avoir supplanté de que par analogie avec d'autres cas où l'on avait quoi tonique après les prépositions (p. 637) : cf. je me sens bien heureux de quoi nwn petit

Loir est si près de ta Sarthe (Ronsard, Sonn. div. 8i), je ne m'étonne plus de quoi je gagne tant (Corneille, Gai. Pal. 4, 13), l'effet de quoi des chrétiens j'ai reconnu le dieu (Rotrou, S. Genest 3, 4)-

A. ToBLER, Beitr. i, 134-139.

§ 582. Mais, le cas de loin le plus fréquent, c'est l'introduction par le simple que, en roum. sa, c.-à-d. que la proposition partielle adopte, en vertu de sa signification, la forme habituelle de la préposition-régime, sans tenir compte que le verbe de la proposition principale exigerait non un régime simple, mais un régime prépositionnel : cf. en roum. nici doresc de codru ver de, doresc maicuta sa vie si sa mi deie ajutor (Cânt. Mold. 286 : je ne désire pas non plus la forêt verte; je désire que la mère vienne et qu'elle me donne aide), en ital. voi m'avete slimolato che io d'amare questa mia arnica rimanga (Bocc.,Déc. 5, 8), si rammaricarono che egli debba rimanere lor signore, en a. -franc, es vos l'essemple par trestut le pais Que celé imagene parlai par Alexis (Alexis 37), Garin de Rome en dirai la novele Qu' encontre moi sont les portes ouvertes (Cour. Louis 16 19), en franc, mod. Chimène se plaint qu'il ait tué son père, je m'étonne qu'il ne voie pas le danger, je suis fâché que vous ne m'aye^ pas prévenu, je suis sûr qu'il viendra etc., en prov. que et car, celuici surtout dans des cas comme meravilhas ai quar desse lo cor de dexjrier no ' mfon (Appel, C. 17, 7).

c. Les Propositions de Cause

§ 583. Parmi les propositions de cause, le latin distingue entre celles qui sont introduites par quod, quia, quare et celles (631) qui le sont par nam. Les premières, il les qualifie de propositions accessoires, les secondes de propositions principales. La différence la plus importante entre elles consiste à l'origine en ce que nam, étant indépendant, est tonique et qu'au contraire quod, quia, quare sont atones, ou bien donc en ce qu'une preuve introduite par nam est séparée par une pause de la proposition à motiver. En d'autres termes, quand celui qui parle a déjà de prime abord l'intention d'ajouter à une énonciation qu'il a

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