CHAPITRE I (s
§ 4. Dans l'exposé de la flexion, les mots ont été divisés en cinq classes : substantif, adjectif, nom de nombre, pronom, verbe; les trois premières sont très étroitement unies entre elles; au contraire, la quatrième, malgré bien des points de contact avec celles-là, suit pourtant une voie particulière, et la cinquième, bien que parfois elle entre aussi en contact avec les autres (qu'on se rappelle l'ital. eglino amano II, p. 108), occupe une place tout à fait à part. Mais, si l'on considère la chose du point de vue de la signification, on obtient une division quelque peu différente, en ce sens qu'on peut réunir le substantif et l'adjectif, à cause de leurs rapports intimes, sous la rubrique générale du nom et leur adjoindre aussi l'infinitif employé comme substantif verbal et le participe comme adjectif verbal. Car, en réalité, c'est un phénomène tout à fait ordinaire que le passage complet de l'infinitif et du participe du système verbal dans le système nominal (v. II, § 392, 395). Aux noms de nombre se rattachent par leur signification plusieurs des mots que leur forme a fait attribuer au pronom (n, § 567-571). On arrive ainsi à distribuer la matière; mais il n'est pas facile d'y déterminer ce qui fera l'objet du deuxième et du troisième chapitre; c'est même jusqu'à un certain point impossible, car la matière pour la plus grande panie est précisément la même; la seule différence, c'est le point de vue où l'on se place pour l'examiner. Maintenant, est-ce dans le premier ou dans le deuxième de ces chapitres qu'il faut traiter en détail ce qui est commun à tous deux? Cela dépend tout d'abord de
(6) raisons d'opportunité. Plus encore que dans les premières parties de la grammaire, on constate ici non seulement que la langue est un organisme qui se modifie, mais surtout que la répartition de l'ensemble des phénomènes linguistiques en différentes catégories, telle que l'admet le grammairien, est une chose essentiellement étrangère à la langue ; que celle-ci possède de nombreuses formes (et qu'elle ne cesse d'en créer de nouvelles) qui appartiennent à deux catégories ou qui se tiennent entre deux, puis qui passent de l'une à l'autre, etc. Mais, comme il ne peut embrasser le tout à la fois dans son exposé, force est bien au grammairien de recourir à une division plus ou moins arbitraire; et d'autre part, précisément parce que cette division est arbitraire, il est impossible de formuler aucune règle fixe sur la manière de la déterminer.