ÉQUIVALENCE DU SINGULIER ET DU PLURIEL
que le pluriel, le français de dire grâce à Dieu (à côté de grâces au ciel (Racine, Phèdre i, 3), Desportes d'écrire un rendre grace (iv, 499), pour lequel il est vrai qu'il a été blâmé par (45) Malherbe. De même le synonyme mercé s'emploie au pluriel : rendre las merces (Flam. 462). Le latin possède simultanément mos et mores : le français conserve les mœurs, et d'une manière analogue l'espagnol place costumbres à côté de costumbre. Pour traduire « conclure la paix », l'ital. far le paci (Barrili, Not. Com. 447), a.-esp. paces, port, pa^es (Lus. i, 94) est aussi fréquent que le singulier pace, paz^. Un exemple plus étonnant que ces cas qui tous s'expliquent facilement, c'est l'esp. suenos « songe » (Berceo, Sil. 229, Caza 62) à côté de enlre sueho (Alej. 82), port, em sonhos (Lus. 2, 56, 61). Les langues de l'Ouest présentent encore d'autres exemples : fines, en esp. à fines de febrero (Caballero, Nov. i), port, por fins de agosto (Diniz, Pup. i) et l'idée contraire à entradas de invierno (Caballero, Nov. 96); en a.-esp. à las altas mares sobir (Appoll. 104, 120) à côté de la mar (107), auquel s'ajoute encore aujourd'hui las largas (le larg(u)e, la haute mer), los bosques de Cardeha (Trueba, H, Cid. 109), tandis que plus haut il n'était question que de el bosque.
Ph. Plattner, Uher Bildting und Gehrauch des Plurals tin Neufran- :(ôsischeti, Zs. f. Nfr. III, 424-45 3, où sont rassemblées des observations de tout genre, empruntées à l'usage le plus récent, sur l'emploi du pluriel des termes abstraits, des noms propres et des mots qui n'ont que ce nombre.