CONJONCTIONS DE CAUSE
tion cà, p. ex. blâsteniatà sa fie màniia lor, priîi ce-i asa reapedà (Gaster i, 35, 30 : maudite soit leur colère, puisqu'elle est si violente), aï gândit Cà eu, pentru cà-s negrutà, Ma bucur sà-tt (639) fin dràgutà (Doine 494, 2 : tu as cru que moi, parce que je suis noir, je me réjouis que tu sois ma mie), en obw. et a rugau igl Groff chel vegli schar ira quei stispet, pertgiei che ella agi mai 7ti vin ni udiii jtagin plaid ner actitin malhonesta vida quei Ritter (Gen. 66, 27 : et il a prié le comte qu'il veuille laisser aller ce soupçon, parce qu'elle n'a jamais ni vu ni entendu aucune parole ni action malhonnête contre ce chevalier), en ital. perché, perà che, percià che (cf. p. 638) : la cosa é notissima perché é da molti scrittori celebrata, perd che ciascun meco si conviene Nel nome che sonà la voce sala, Fannomi onore (Enf. 4, 91) plus rarement perciii, dans la période actuelle surtout chez Fogaazaro : Franco aveva una faccia poco incoraggiante, percui la pavera donna si accontentd di prendergli e scuoiergli ambedue le mani (Picc. Mondo 246), teneva i registri di un grande negoxjo di ombrelli e di nia:^e in Via Nuova, percui gli amici lo chiamavano il Fante di bastoni (346), en a. -franc, pour ce he : pur ceo qu'il est d' estrange terre, aveit pour, s'il H mustrast, quel Venhaist (M. France, Guig. 478), locution qui cependant, au xvii^ siècle, cède absolument le pas à par ce que, qui se présente à partir du xvi«; en même temps,on trouve aussi dans l'ancienne langue et encore au xv^ siècle pour tant que, pour autant que. En provençal, à côté de per que et per so que, il faut citer la contamination per so car : avals hom non gara ren, qui * s voil, H di 0 mal a ben, per que son tuit abandonat, per sa car no son ren presat, en avolesas far ni dir (Appel, C. 3, 91). D'une manière analogue et concurremment avec la forme com particulièrement fréquente ici, le catalan présente aussi per sa com : mentre la lebrer se fo lunyat Per sa com era greu siblat La serp sen puya al bressol (7 Sages 640). Ensuite en espagnol parque : no pude asistir, parque estaba malo et aussi pour indiquer le motif parque ya : A San Pedro de Cardeùo voy, ganoso de abra^ar à mi mujer y mis hijas, parque ya sabéis que ha mucho tiempo tne lloran ausente (Trueba, H. Cid 7), en port, parque : estava canfusa, parque cada hum os ouvia fallar em sua propria lingua, en même temps c\ue par quanta, qui renfermait à l'origine une détermination de degré : os puT^erào em
(>()(i CHAPITRE IV : LE GROUPE DE PROPOSITIONS § 588. 589.
guarda por quanta j a era tarde et en a. -port, même avec copulation purement relative : o homem booouvio o por que a elleveerom (640) (Graal 109). Enfin il reste encore à mentionner certaines formes composées avec des participes ou des substantifs nondéterminés : en ital. visto che, franc, vu que, esp.-port. visto que ou en ital. a cagione che, franc, à cause que (aujourd'hui vieilli), esp. A causa que, port, a cousa que. Sur ces locutions, la grammaire n'a presque rien à observer; mais la tournure italienne con (c.-à-d. corné) cio sia ou fosse cosa che et aussi sans cosa : con cio sia che mérite ici une mention. De nos jours, elle est complètement hors d'usage, bien qu'elle ait été jadis très employée : cf. né se ne dee di vol maravigliare alcuno, con cio sia cosa che io vivendo ogni ora mille morti sento (Bocc, Dec. 4, 2), estimando essere ottima cosa il cerebro con cotali odori confortare, con cio fosse cosa che Vaere tutto paresse del pu^o de' morti corpi e délie infermitati e délie medicine compreso e puz^xp^ente (Intr.).
d. Les Propositions de But
§ 589. La conjonction latine ut, à partir du v* siècle, a été graduellement remplacée par quo, plus tard aussi par quod et finalement par quid. Peut-être s'agit-il dans une certaine mesure d'une substitution purement mécanique parce que, dans les cas étudiés dans les § 570 et 575, quod et plus tard quid avaient pris la place de ut; toutefois la grande ressemblance phonétique entre quo et quod protoniques et devant une consonne a considérablement facilité l'extension de quod. En outre, sous le rapport du sens, il y a certainement entre les deux formes de nombreux points de contact. Le but est vis-à-vis de la cause dans le même rapport que l'exhortation, le désir, l'intention à l'égard de la simple énonciation : « je le dis afin que tu le saches » équivaut pour le sens à « je le dis parce que tu dois le savoir ». Or si, comme c'est d'ailleurs absolument le cas en latin et en roman, le but est exprimé par la manière (§ 669), on peut d'autant plus facilement employer comme particule de liaison une conjonction incolore, mais aussi du reste d'un emploi très fréquent. C'est le roumain qui montre le plus clairement l'étroite parenté qui existe entre la conséquence et l'intention ,