PROPOSITIONS TEMPORELLES
127, 31), Gian Simone non ebbe cost tosto desinato cVegli se n'andô in Santa Maria Novella (142, 18), en franc. ;> n étais pas sorti de la ville que fai entendu galoper sur mes traces -, je n'ai pas fait cent pas que je suis plus brisé que si j'avais fait dix lieues y en outre à peine était-il sorti que la maison s'écroula, et l'on roule déjà qu'on croit encore îuarcher; on leur parle encore qu'ils sont partis ; vous croyez^ avoir résisté jusqu'au sang et remporté la victoire qu'il faut recommencer la guerre ; maintenant que je le sais, je m'explique tout, en port, nào andarào mucho que chegaram (Graal 3), plus rarement après les propositions affirmatives : Guasparri fu for^^ato a partire che era me:{:{a notte (Lasca 183, 26). En ce qui concerne l'interprétation à donner à ce que, il faut sans doute prendre comme point de départ des cas tels que aujourd'hui (647) qu'il est puissant, chaque fois que, du moment que, pendant quarante ans que je l'ai fait, depuis hier qu'il nous a quittés etc., où que est, comme dans lorsque etc. (p. 672), un adverbe relatif.
§ 597. Enfin il faut examiner ici aussi le transfert des
CONJONCTIONS DE LIEU DANS l'eMPLOI TEMPOREL (cf. § 450);
mais il semble que ce phénomène était plutôt propre à la période primitive : cf. en ital. e lia ov egli ierano in taie allegrex^Xfli ^ l^i ambasciadori tornarono (Trist. ricc. 35, i), si frange il sonno ove di butto Nuova luce percuote il viso chiuso (Purg. 17, 40), en a. -franc, ou qu'il voit nos François, si se va mervillant (G. Bourg. 3632), ou qu'il voit le paumier, si l'en a apelé (353), en prov. el dia del iudici on tuit serem intrat (Appel, C. 7, 213), en esp. do sedien en el campo, fablô el rrey Alfonsso (Cid 3595), bien ansi acaesce de todos tus contr alios. Do son de si sennores, tornanse tus vasallos (Hita 197), en port, e hu sya asi pensando, deu hua vox (Graal 6). Il est à noter qu'en français cet ow adopte parfois le sens adversatif : Mais ceux-là, Silvanire, estoient présomptueux Où le mien est tout sage et tout respectueux (Mairet, Silv. 1025).
§ 598. Parmi les rapports relatifs de temps, on peut citer d'abord ceux qui sont exprimés en latin au moyen de cum primum, simul atque. -Leur valeur est celle-ci : ce qui est énoncé dans la proposition verbale ne peut se réaliser qu'après l'accomplissement de ce qui est exprimé dans la proposition part'.elle,
mais alors le plus souvent il se réalise aussi immédiatement. Au latin cum primuni correspond l'ital. come pria, come prima : cf. deliberarono che, come prima tempo si vedessero,di rubarlo (Bocc, Dec. 2,2), came pria si scopre, il suo splendor si gli occhi assalta (Arioste, Roi. 3, 64) etc. Pour le reste, il s'est introduit diverses formations nouvelles. La proposition verbale renferrrie un adverbe qui exprime l'idée de la rapidité, et Ton y rattache alors une proposition comparative ou une proposition avec que introduite par l'adverbe relatif. Pour le premier cas, qui correspond à l'allemand « sobald als », cf. en obw. schi baul SCO eilgiei stau tilgiau giu igl tgiau agli Ritter, sche ei quel mal misericordeivel Groff ius vitier la Grova (Gen. 64, 28 : aussitôt qu'on eut coupé la tête au chevalier, ce comte sans miséri- (648) corde est allé trouver la comtesse), en ital. si tosto come il vento a noi li piega, mas si la voce (Enf. 5, 79), en franc, aussitôt que, sitôt que et aussi en a. -franc, si tost com, tantost que : si tost cum il ovrirent Fus, les suri:(^ fuient as pertus (M. France, Fabl. 9, ^ 31), en prov. tantost can, aitant tost co : tantost can los avien avutT^y els los auci^ian (Appel, C. 118, 105), aitant tost co ' l jorns faillis e ' l au:(el se • n venon (3, 34), en espagnol simplement asi que : subirân de Guadalajara en ayuda de los de Castejon, asi qu£ sepan que les hemos puesto cerco (Tnieba, H. Cid 30), en port, atam toste que comeron, preguntou el Rey (Graal 12) etc., puis donc avec un adverbe simple : en ital. subito che, tosto che, en a. -ital. ratto che, en a. -franc, manois que, demands que, lues que, soudain que, incontinent que, aparmeimes que, enfin, d'abord que encore chez La Fontaine et Molière : je lui parlerai d'abord que je le verrai (Méd. vol. ii), en esp. luego que et luego como, ce dernier présentant donc une immixtion des indications générales de temps : cf. luego como llegaron conocieran â Auristella y â Persiandra (Cervantes, Pers. 3, 14). Plus étonnant est le port, tanto que : e Galaa^^, tanto que foe no meo do paaço, disse (Graal 11), où l'on voit qu'une locution qui autrement indique d'ordinaire le but, le terme final (§ 602), sert à exprimer l'espace de temps qui vient de s'écouler. — Il se peut aussi que la proposition partielle soit introduite par une conjonction de comparaison, laquelle est suivie d'un adverbe de rapidité : en ital. corne tosto Udde per gli spiragli délia finestra
§ 59^- 599- PROPOSITIONS temporelles 675
essere apparito l'alba, si leva (Lasca 125, 21), en prov. can tost si movia^ li corda la tirava (Appel, C. 119, 27). II se peut enfin que la proposition verbale soit négative : en ital. non fu prima in camera ch' ei comincià quasi piangendo a dire (Lasca 154, 18), non vi erano appena ^iunti che il conte volgendosi alla figlia le diceva (Grossi, V.), auquel cas se rattachent ensuite l'ital. appena . . . che, le franc, à peine . . . que, à peine . . . lorsque, l'esp. à penas . . . cuando (cf. § 596).
§ 599. Lorsqu'il y a simultanéité, il faut distinguer si le contenu de l'une des énonciations ne correspond que d'une façon générale avec la durée de l'autre, ou si toutes deux ont la même durée. Bien que la langue ait divers moyens d'exprimer cette distinction, il est cependant à noter que, dans le parler un peu négligé, très souvent la forme de la première des deux possibilités est également adoptée pour la seconde. Le cas se présente déjà avec le lat. dum et non moins avec ceux de ses (649) représentants romans dont il a été question p. 632 : cf. en ital. mentre ch\ io parlo, il tempo fugge et sempre di gran virtù e da molto, mentre visse, fu reputata (Bocc, Dec. 2, 9), en a. -franc. dementiers qu'il li enseignot, vers le lou tu/^ jurs esguardot (M. France, Fabl. 30, 17), vaigne donc tost Celeemant et anrepost Demantres quavuec nwi nest nus (Ch. Lyon 1899), en prov. dementre qu'el es sas e saus deuria anar al lavador (Appel, C. 72, 14), en esp. mientras yo Irabajaba, tû te divertias, de^itmelo demientre avedes la memoria (Berceo, S. Or. 172), demientre que él visco todo lo propusieron (Sil. 286), en port, servamolho e honrremollo mentre for antre nos (Graal 13) etc. En même temps se rencontrent alors toute espèce de formations nouvelles, dont les unes se rattachent aux prépositions correspondantes (§ 453), et dont les autres attirent plutôt l'attention sur le terme final : cf. en roum. pre când se gândea fi se plângea dinsul, au^i un tipet (Basme 89, 14 : pendant qu'il réfléchissait et se plaignait de lui, il entendit un cri), en ital. frattanto che, in tanto che, in quello che, probablement aussi le locatif dove che et pour appuyer sur le but final tantochi, finchè, auxquels s'ajoute le croisement a. -mil. tanfin kum se il mundo, se tu vd fa pur mal, e mi e ti tradisci (Bonv., E 137 et cf. p. 640), en a. -franc, tant que, tant
676 CHAPITRE IV : LE GROUPE DE PROPOSITIONS § 599, éOO.
cum : tant cum il fist ceste ureisun, sun cheval emblent U larrun (M. France, Fabl." 54, 7), ço niert, dist Guenes, tant cum vivet mes nies (Roi. 546), entretant que et aussi si loin^^ cum, puis naturellement pendant que, jadis et encore au xvii* siècle cependant que, tandis que, qui a maintenant, il est vrai, le sens adversatif, en prov. quandiu que comme dernier reste de la conjonction latine dans le Boèce : nos jove omne, quandius que nos estam De gran follia, per folledat parlam; sinon, l'on a tan que, tan con, aitan que etc. A l'Ouest, il faut notamment citer en quanta : cf. p. ex. en port, nom ouve hi tal, que saisse da seeda, eni quanto esto durou (Graal 11). — En outre, l'obw; entrocca che signifie proprement « au dedans de ce que » : cf. entrocca chel plidava aung, scha pernet Judas cum el ina gronda cumpagnia (Alig 173 : tandis qu'il parlait encore, Judas prit avec lui une grande compagnie). — Enfin l'on doit encore citer l'a.franç. que que, quoi que, le neutre du relatif de généralisation (§ 630), qui est devenu, par un procédé qu'on n'a pas encore clairement expliqué, une conjonction déterminant le temps : (650) cf. que quele se demante ainsi, Uns chevaliers del bois issi (Erec 2795), quoi que H feste estait plus plaine, et Aucassins fu apoiiés a une puie (Auc. 20, 12) etc.
Sur l'a. -franc, que que, cf. A. Tobler, Zs. XVIII, 408 à 410.
§ éoo. La PRIORITÉ de l'action énoncée par la proposition VERBALE est exprimée par antequam, priusquam. Ce dernier se retrouve un peu modifié dans l'ital. prima che, a. -franc. primes que, premier que encore au xvi^ siècle, esp. primera que. Sinon, il s'est introduit d'autres conjonctions, mais analogues dans leurs éléments : cf. en roum. mai nainte de ce, donc avec une conjonction purement relative, et en même temps en ancien roumain une forme très explicite : {i noi ainie pàînrà càndu nu se voru apropià de élu, gâta semu a lu ucide élu (Cod. Vor. 50, 14 : et nous auparavant jusqu'à ce qu'ils s'approcheront de lui, nous sommes prêts à le tuer), se dea vru omu spre perire ainte, paînrà nu clevetniciî vina tntre feate pure-i voru (69, 4 : qu'ils livrent un homme pour périr auparavant jusqu'à ce que les calomniateurs lui diront en face sa faute), où se montre entre la priorité et le terme final une étroite relation