PROPOSITIONS TEMPORELLES DE PRIORITÉ
qui est en soi facile à comprendre, mais qui cependant ne s'exprime pas ailleurs aussi nettement dans le langage, en a. -franc. aitiT^ que : ainx^ que Rollan^ se seit aperceu:^, Mult gran^ damages li est apareu:( (Roi. 2035), ain:( ne verrat passer cest premier meis Que je ' / siurai od mil de mes fedeil:( (^3)j ensuite avant que et devant que, dont le second, encore employé franchement p. ex. par Molière, a plus tard été rejeté par les grammairiens, mais est maintenu par Littré, en prov. an:( que : farai chansoneta nueva Ans que vent ni gel ni plueva (Appel, C. 12, i), en esp. antes que, autrefois aussi enantes que yo muera (Cid 302), ante que entre la noch (2788), en port, antes que.
§ 601. Ainsi que nous l'avons déjà montré p. 637, la conjonction qui sert en latin à marquer la postériorité de l'action exprimée par la proposition verbale, à savoir postqijam, pos- TEAQ.UAM, s'est conscrvée en roman avec de légères modifications. Toutefois, précisément l'ital. poichè, franc, puisque, esp. puesque, port, poisque a échangé, dans la période moderne, sa signification temporelle contre une valeur causale (p. 663). Voici des exemples pour l'emploi primitif : en ital. lui sempre l'ha fatto, poichè cou es so noi lo metteste (Serc. 359), Filogono du (651) Catania vi sarà, poichè tu ne avérai aperto (Arioste, Supp. 4, 4), en a. -franc, iuies les ovraiges que fait ont puisque jos menai hors d'Egypte (IV Livr. 27), puis quil sera mor^, ja n'en eschaperons (R. Mont. 184, 29), en prov. Dombredieus no ' m a:(ir tan quieu ia pueis viva jorn ni mes, pus que d'enueg serai repres (Appel, C. 16, 13). On emploie plus souvent en roum. dupa ce, ital. dopochè et aussi di poi che et posciachè, ensuite en envisageant aussi le point de départ dappoichè, franc, dès que, depuis que, plus anciennement depuis ce que, esp. despues que, port, depois que, en outre en franc, après que et aussi en a. -franc, après ceu que. Enfin le roum. dupa cum présente un croisement remarquable entre lecum ancien et le dupa ce plus récent.
§ éo2. De même, les conjonctions employées pour indiquer
le POINT DE DÉPART et le POINT d' ABOUTISSEMENT OU le TERME
FINAL correspondent exactement aux prépositions de même sens (voy. § 454) : on dit donc en roum. decând (depuis que), pànà când (jusqu'à ce que), p. ex. de când maica m'a fàcut, Zile
bune nam avut (Doine 45, i : depuis que la mère m'a enfanté, je n'ai eu aucun bon jour), asteptâ pànà când se duse Menelas oare unde(C. B. i, 352, 24 : il attendit jusqu'à ce que Ménélas se rendît n'importe où), en ital. dacchè et da quando (depuis que), finchè, sinchè, fino a tanto che et autr. locutions sembl., en franc, dès que et aussi en a. -franc, despuis que : despuis quele ot de vous la nouvele escoutà, Ne fu aine plus haitie (Berte 2004), puis jusqua tant que, de ci a tant ke : ne li hiretaiges ne serai de ci a tant reparillie:!^ ke H bon seront retroveit (S. Bern. 30, 36) et aussi simplement jusques : je vos defent que ni adeist nuls hum jusques Dieus vueille qu'en cest camp revengum (Roi. 2438), remplacé aujourd'hui par la tournure explicite jusqu'à ce que, en prov. dessé que (depuis que), tro que (jusqu'à ce que) et aussi daus que : a comtat Guillems qui es ni consi venc. Ni en quai guisa si captenc Daus quefo vengut:^^ a Borbo (Flam. 5931), en esp. desde que et hasta que, le premier étant aussi remplacé dans les premiers temps simplement par de que : Maria la clamaron de que
^ fo babtiT^ada (Berceo, Sil. 622), avie muy enfermo, de que moriô,
guarido (S. Mill. 322), en port, desde que et té que et aussi en a. -port, ataa que : nom me partirey de vos ataa que a ventura nos parta (Graal 73). En même temps, le terme final peut également être exprimé par la tournure d'intensité, et dans ce cas il peut se produire un contact entre l'idée de durée et celle de terme final : cf. en a. -franc, tant a beu que il creva (M. France,
(652) Fables 58, 13), où l'on peut se demander si l'on a réellement encore un rapport de temps, mais ensuite tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se brise, et en disposant autrement les deux membres : verse^^, verse^ toujours, tant qu'on vous dise asse:(^ (Molière, Bourg. Gent. 4, i); même construction en provençal : e plora tan que lassa n'es (Appel, C. 3, 142), puis aussi el lo socot e l'enpeint tant entro que résidât l'a (240) et dormi tant tro l'escudier ac aportat al cavallier armas (233). L'italien aussi, particulièrement dans les premiers temps, connaît tanto che dans ce sens.
§ 603. Enfin l'on doit encore citer les expressions marquant la RÉPÉTITION. L'ital. ogni quai volta che, in ogni ora che, le franc. chaque fois que etc. ne sont pas autrement remarquables, mais