‹ Grammaire des langues romanes;Chapitre 206 sur 269 · PROPOSITIONS DE MANIÈRE · texte numérisé non relu

PROPOSITIONS DE MANIÈRE

être assimilé sans difficulté à des locutions comme lorsque, au moment que etc.

Sur ces dernières phrases, cf. A. Tobler, Beitr. 2, 1 12-123.

§ 606. Quand la manière est seulement représentée comme une COMPARAISON POSSIBLE, à côté de l'ital. quasi (che\ prov. quais que l'on adopte ou le simple quomodo ou quomodo si, donc une proposition conditionnelle, sauf que le roumain comme particule comparative présente ca et le fait suivre d'une proposition temporelle, donc ca când, ca cum. À part cela, nous avons en ital. io venni meno corne s'io morisse (Enf. 5, 141), alcune volte mi è bisognato fuggire a tutta lena dai fiumi, che m'inseguivano come fossî colpevole verso loro di qualche ingiuria (Leop. 176), en a. -franc, aussi avec si . . . que : si gentement estait taillié Que si on Veust souhaidié (Cléom. 269), mist la al lit David e une pel de chievre al chief e de dras bien la cuvrid come ço fust David (IV Livr. 75), si l'at destruite com s'hon l'oust predede (Alexis 29) ou qtœ si : ne l'out mie H dus meins chier Que s'il Veust de sa moillier (R0U3, 2898), mais aujourd'hui uniquement comme si, en prov. eix ne una flairors tan grant^^ Con si fos d'ins de paradis (Appel, C. 3, 31), aisy ' s conten en magesteyr Cum trestot tegne ia Vempeyr (2, 80), en esp. de guisa va myo Cid commo si fuese en montaha (Cid 583) et guère le simple como, mais bien cual si : cayô al instante en profundo sueho, cual si se tuviera bebido todo el lâudano de la farmacia (Galdôs, Fort. Jac. 4, 15) et de même en portugais cotno se (cf. aussi § 63 e). Le simple como au lieu de como se en italien et en français, auquel s'ajoute encore en vieux français plus que au lieu de plus que se : cf. nel conoisseie plus quonques nel vedisse (Alexis 87), s'explique peut-être par le fait que l'ancienne langue, dans une proportion plus étendue que la moderne, préférait à la copulation au moyen de con- (65^) jonctions la simple juxtaposition et par conséquent pouvait à plus forte raison, dans des cas comme ceux qui nous occupent, s'en tenir également à la conjonction simple.

§ 607. Avec les véritables propositions comparatives, il faut noter en première .ligne que très souvent la proposition partielle est annoncée par un adverbe démonstratif qui correspond au lat. sic. Cette particule est en roum. a^a : cf. cum vet

semàna, a^a veî secera (comme tu sèmeras, ainsi tu moissonneras), en macéd. a^i, de sorte que a^a remonte probablement à a^i-a avec -a servant à renforcer. A^i a pour base sic avec Va dont il a été question au t. II, p. 646. En sursilvain, l'on trouve scha, qui doit également provenir de sic avec réduction de i en a dans la position atone : sco jau hai faig, scha figeits er vos (Alig 5 6) et alors aussi en même temps scha Dius ei clarificaus ent el, scha ven Deus er igl clarificar enten sase:( (100 : comme Dieu est glorifié en lui, ainsi Dieu le glorifiera aussi en soi-même), où l'on doit probablement voir une imitation d'une tournure allemande plus ancienne. L'italien cost a peut-être emprunté directement sa première syllabe à como : corne quei che con lena affannata Uscito fuor del pelago alla riva Si volge ail' acqua perigliosa e guata, Cost l'animo mio si volse indietro (Enf. I, 22). En vieux français, l'on rencontre deux formes, issi et ainsi : cf. pour la première laissiez^ les mor^ tut issi cum il sunt (Roi. 2435) ; peut-être y a-t-il identité entre ainsi et le

\ prov. awjî.(cf. l'a. -franc, ainse, prov. aissa de anxia et II,

§ 298) : ges non promes sol pan et aiga Aissi con fan a Vospital (Flam. 1747). Que renferme la première partie de ces deux formes? La chose n'est pas claire. L'espagnol et le portugais ont asl comme le roumain : cf. en esp. asi posô mio Cid como fuese in montaha (Cid 10) etc. En même temps, l'on trouve en ital. altresi, a. -franc, altresi, aussi, prov. alsi (de même que). — En outre, il y a tam como, en esp. tan, port, taô : cf. pour ce dernier le port, nom soom atam boni como 0 que cuidades (Graal 8), remarquable à cause de la copulation entièrement relative de la proposition partielle. Nous avons une fusion plus remarquable encore de deux tournures dans le port, tans maaos Ihe eram de tornar, asi quam maao séria a hùu homem mollentar hûa pedra muy grande (Graal 42). Cf. encore le prov. tan con si (p. 681). — Il faut encore noter que, si la proposition partielle occupe la première place, l'emploi de la particule démonstrative est obligatoire : siccome eterna vita è veder dio, cost me, donna, il voi veder felice fa (Pétr., Sonn. 158), en

(656) franc, ainsi que le soleil chasse les ténèbres, aitisi la science chasse r erreur, bien qu'on dise aussi comme . . . ainsi, en prov, si cum la nibles cobre ' l jorn, si cobre avers lo cor (Boèce 133) et de

§ éoy. 608. PROPOSITIONS COMPARATIVES 683

même en esp. asi como . . . asi, en port, assi corno ... tal \ assi como a bonina, que cortada Antes do tempo foi, Candida e bella, Tal esta morta a Candida donT^ella (Lus. 3, 134) etc.

§ 608. Parmi les adjectifs qui se correspondent, les plus fréquents sont talis . . . qualis et tantus . . . quantus. Plus importantes que leur correspondance sont naturellement les déviations à la symétrie rigoureuse. Dans le roumain, où tare a pris la signification de « fort, rude », si toutefois ce tare provient réellement de talis, et où sa place a été donnée à a^a, âst fel, les seuls représentants de tantus entrent en ligne de compte. Cela étant, l'on doit y noter qu'à côté de tât . . . cât se rencontre aussi mare . . . cat : cf. {i fu ràxboîu mare câtu se întuneca ^i nu se vedea vài^duhul de multimea sàgeatelor (C. B. i, 402, 29 : et il y eut combat si grand qu'il fit sombre et qu'on ne voyait pas le ciel à cause de la multitude des flèches), puis aussi simplement cât sans aucune indication de quantité dans la proposition verbale : ^i làsâ oase de oameni cât nu-si putea ara oamenii spre acei câmpi (403, 14 : et il restait tant d'ossements d'hommes que les hommes ne pouvaient labourer sur ces champs). En italien, une remarque est d'abord due à cotale à côté de taie comme étant sans doute une assimilation à cost ; ensuite, au lieu de quale, on trouve aussi le chente mentionné p. 578. A cotale correspond cotante, ensuite cignesi colla coda tante volte Quantunque gradi vuol che giù sia messo (Enf. 5, 11), exemple qui étonne en ce qu'il n'existe ici aucun motif véritable d'employer un relatif de généralisation (§ 630). On trouve rarement tanto como et tanto che. En opposition avec l'usage itahen, tel. . . com est de règle en vieux français : cf. ja mais niert tels com fut (Alexis i) et se maintient durant toute la période de l'ancien français jusqu'en plein XVII" siècle, où une prescription de Vaugelas assure définitivement à tel que, qui s'employait à l'époque primitive dans les textes du Nord, la prédominance exclusive. De même, on se servait dans les premiers temps de tant . . . com, tant . . . que : cf. et si a restorée Sa terre et faite tant d'onnor Comme il puet ou siècle gregnor (Chev. II esp. 10361); cf. encore chez Corneille qu'il fasse autant pour soi comme je fais pour lui (Polyeucte 912). (657)

Au lieu de tant . . . que, qui n'apparaît plus que dans les propositions négatives, s'est introduit autant . . . que. Le provençal aussi dit tal corn : cf. anc non fon mens mas sol VespeutT;^ Que non semblés tal espaventa Con vila fan ab vestimenta Contra senglar (Flam. 2451), tandis qu'il restreint l'emploi de tal . . . que aux propositions de résultat (§ 609); mais avec tant la forme habituelle est quan.

§ 609. Ensuite se rattachent à cette catégorie les propositions

DE CONSÉQUENCE et leS PROPOSITIONS DE RÉSULTAT, OÙ COmme

ailleurs ut a depuis le iv^ siècle cédé la place à quod. Le point de départ a peut-être été sic puto ut et autr. expressions sembl., qui par analogie avec hoc puto quod s'est transformé en sic puto quod. La proposition verbale renferme un adverbe d'intensité comme en ital. tanto, intanto, talmente, si, cost, franc, tant, tellement, si, esp. tan, asi, port, tào, asim ou talis adjectif ou enfin des locutions adverbiales comme en ital. in guisa, in maniera, in modo, franc, de manière, de sorte, esp. de modo, de maniera, de sorte, port, de maneira, de sorte : ainsi p. ex. en ital. si distende in circular figura, Intanto che la sua circonferen:(a Sarebbe al sol troppo larga cintura (Par. 30, 103), lo stato délia società è più imbrogliato che disperato, talchè cou un po' di paxien^a se ne viene a capo (V.), ripresi via per la piaggia diserta. Si che il piè fermo sempre era il più basso (Enf, i, 29), questi parea che contra me venesse Con la testa alta e con rabbiosa fame, Si che parea che Vaer ne tremesse (i, 46) etc., en a. -franc, uns si très grans tounoires lieve Et uns espars ke il H samble Ke ciels e tiere tout ensanle Doivent fondre e craventer (Chev. II esp. 676) etc., en franc, mod. tant que et si que, mais seulement dans les propositions de résultat, en prov. tal son a quades va dormen (Appel, C. 3, 15) et aussi de part Boeci lor manda tal raix^o que passen mar (Boèce 55) etc., en esp. asi el vivir me mata Que la muer te me torna a dar la vida (D. Quich. 2, 68), esiaba asi impaciente y enojado Que mirarle à la cara nadie osaba (Ercilla ap. C, D.), en port./)or esto era aquel linhagem atam honrrado e tam nomado que nunca fallavam d'outra linhagem (Graal 84) etc. Il y a lieu de mentionner un croisement entre la proposition de résultat et la proposition d'intention, tel qu'il

§ 609. élO. PROPOSITIONS DE CONSÉaUENCE ET DE RÉSULTAT 685

existe en a.-esp. que pueda fer con ellas atal destruccion Porque saque a Grecia d'esta tribulaçion (Alex. 109). Un fait également à mentionner, c'est que les propositions de manière peuvent facilement adopter le sens concessif, ainsi notamment en français : (658) en a. -franc, si grant quil seit, puis aussi en franc, mod. tout jeune que vous êtes (Sur ce développement de sens, cf. p. 608).

§ 610. Pour indiquer la comparaison, les mêmes conjonctions sont à considérer que pour le groupe de mots (p. 312 sqq.); par conséquent, à côté de la particule habituelle que, l'on trouve aussi como : cf. a. -franc, aine noi greignor mestier d'aie com'or ai (Rich. 3253), en prov. dieus en cros noca fon anc plus trebaillat:^ ni plus ferit:{^ ni plus macatx^ con ieu lai fui (Appel, C. 3, 349) ou de : en esp. tengo mas bienes de fortuna de lo que necesito (J. Valera, Com. Mend. 33). Mais il existe une série d'autres phénomènes qui a plus d'importance. Quand deux propositions introduites par que, notamment des propositionssujets, sont comparées entre elles, la seconde devrait renfermer un double que. Or, au lieu de cela, on ne l'exprime qu'uNE SELLE fois ou, pour mieux dire, les deux que se fondent en un seul : cf. en ital. meglio ce che io faccia assapere alo ree lo convenentrede Tristran ch' egli sia distrutto (Trist. ricc. 23, 5), en a.franç. mieux vous vaurroit k'alissie/^ souploier Devant Cor subie et la chose apaisier Que vos roiaumes eust tel destorbier (Enf. Og. 2150) et aussi de morir ont plus grant volenti Que il sans lui fussent de la torné (635 1), en prov. mais voil que sia castellana E quieu la veia la semana O ' l tnes 0 * l'an una vegada Que fos reina coronada Per tal que non la vis ja mais (Flam. 19) et aussi mais am rire e gabar ab mi don:^ que m'en somonha (B. Born 39, 38), en esp. mas quiero yo sehora seer embergon:(ado que tanta buena dueiia sea desamparada (Berceo, Mil. 566). En revanche, quand la proposition-sujet peut également s'unir à l'autre au moyen de com, alors que s'introduit comme particule de comparaison : cf. en catal. no valgra mes que la destral agues taylat lo pinell que com es mort lo pi tan bell (7 Sages 520). Ce qui caractérise cette tournure, c'est qiie, de deux particules consécutives, phonétiquement identiques et atones, l'une est absorbée, de la même manière que p. ex. l'esp. liga gamba est devenu ligamba.

686 CHAPITRE IV : LE GROUPE DE PROPOSITIONS § 6x0. 6ll.

et la chose a pu d'autant plus facilement se produire que, déjà en latin, la comparaison entre deux actions dont l'une arrive à exécution plus tôt que l'autre, est exprimée par le simple quant : depugna potius quant servias et que, dans des cas semblables à ceux qui viennent d'être signalés, l'infinitif aussi peut se trouver à la seconde place : cf. en ital./<?^// iu morto an:(i che vivere ÇSzcch. 113), meglio è che noi moiamo essendo franchi che (659) vivere istando servi (Trist. ricc. 2, 16), puis gridô piuttosto che dire (De Marchi, Giac. id. 54), en a. -franc, aincois voil estre morz^que la teste couper (G. Bourg. 232), en prov. mielhs fora fessas campios que viure (B. Born 24, 6), en esp. primero me apaleaban quedar le un disgusto (Galdôs, Fort. Jac. 4, 30), en port, mais quero que mates mim ca 0 veer matar ante mim (Graal 128). Or, quand au lieu de l'infinitif il se présentait une construction avec un verbe personnel, on s'en tenait à la simple conjonction. Ainsi l'on a donc p. ex. dans la Chanson de Roland miel:{ voeill morir qu'entre païens remaigne (2336) au lieu de retnanoir, où l'on a renoncé à employer l'infinitif en vertu de cette tendance qui se manifeste également ailleurs de recourir à la proposition quand cet infinitif serait trop éloigné de la conjonction (cf. § 657).

Cf. A. ToBLER, Beitr. i, 184-185, qui donne d'autres indications bibliographiques et cite d'autres exemples. Tobler identifie les propositions ayant le simple que équivalent au lat. quam avec celles qui ont été étudiées p. 681, et tel est assurément le cas pour le passage d'Érec (3320) allégué par F. Bischoff, Konjunktiv bei Chrestien p. 25 et modifié d'ailleurs par Fœrster : mteu:^ amer oie je fusse a nestre Ou en un feu d'espines arse Si que la cendre en fut esparse Que je eusse de rien fausé Vers mon seignor. En revanche, il paraît difficile d'admettre cette identification dans des cas comme vous vorries tnius assei[ Que mors fust mesire Gauvains Qui est vostre frère germains Qu'il eust mal en son oslel (Percev. 10398) ; sans doute, dans certaines propositions-régimes, on constate le passage de la juxtaposition à la copulation, mais c'est à peine si le contraire se présente, à moins que la conjonction ne reste encore fixée dans la mémoire. Par contre, dans des cas comme le prov. anc nos poc far major anta quan m'a assois (B. Born 3, i), le que n'est pas tombé comme A. Stimming le pense; il n'y a absolument pas là de proposition comparatioe exprimée.

§ 611. Enfin une question particulièrement importante est celle de la comparaison proportionnelle telle qu'elle existe

§6ll. COMPARAISON PROPORTIONNELLE 687

dans le lat. homines quo plura habent, eo ampliora cupiunt; quanto superiores sumus, tanto nos geramus suhmissius. De ces deux tournures, la seconde s'est assez bien conservée, tandis que la première a cédé la place à d'autres qui lui sont tantôt plus, tantôt moins étroitement apparentées. En roumain, l'on trouve eu càt : cf. eu eàt are, tot ar vrea sa mat àibà (Basme 269, 35 : plus il a, plus il voudrait toujours avoir), mais plus souvent il (^^°) y a concordance absolue entre les deux termes : eàt mat . . . atàta mat ou eu eàt mat . . . eu atàta mat. Les Italiens restent encore plus fidèles à l'usage latin : quanto maggiore era la mia debole:{:(a nelle ténèbre, tanto maggiori erano i miei sfor^i durante il giorno (Pellico, Pris. 46) ; mais en même temps l'on trouve aussi le simple quanto : quanto la casa è più perfetta, più senta il bene (Enf. 6, 107). On est plus étonné devant più che . . . più : più eh' io gli do, più mi domanda, qui s'explique sans doute par l'existence simultanée de aeeiô et accioehè, pot et poiehè et autr. termes sembl. (p. 640). — En vieux français, l'on rencontre tout d'abord aussi la forme latine : bien set, quant plus li eors marcist. Lame tant plus en esclarcist (Méon 2, 77, 243 5) et comme en italien quant plus est la chose amée. Plus est grieve la desevrà (R. Alex., 107), puis com plus et que plus : com plus liée l'avoit feite, Plus li poise et plus li desheite Quant il ne viaui plus demorer (Ch, Lyon 3327), que plus done et il plus a (Chev. II esp. 97), forme plus récente en général que com et, ce qui est remarquable, presque toujours accompagnée de et dans la seconde proposition. En provençal, à côté de tant plus . . . quant plus et com plus . . . (è)plus, qui lui sont communs avec le français, il faut mentionner la forme on plus . . . plus, qui lui est propre : on hom plus nostaria garni^ps, seria'n plus envejos (B. Born 9, 42), où l'on a donc à proprement parler une proposition locative avec une valeur hypothétique ; vient ensuite aussi on plus . . . on plus, évidemment par analogie avec plus . . . plus et par un oubli complet de la nature de Yon : las domnas on plus on prejadors, on plus cujon que (G. Paid. 15, 17), L'Ouest à son tour présente la tournure latine : en esp. cuanto màs. . . tanto màs, port, quanto'mas . . . tanto mas à côté de l'esp. y par màs que ponia piernas al cavallo, ménos le podia mover (D. Quich. I, 20) et mientras màs se llegaban majores parecian (i, 14).

688 CHAPITRE IV : LE GROUPE DE PROPOSITIONS § 6ll. 6X2.

Il est naturel que, dans le second membre, la comparaison puisse ne pas être exprimée, mais que grâce à cela la pensée aussi soit un peu différente : cf. en ital. in questo suo desiderio era tanto più lodevole in quanio che, a sentirlo, avrebbe potuto maritare la sua Norma a fior de banchieri ricchi (De Marchi, Giac. id. 145), en prov. aissi cum chasms es plus cars, degra voler (G. Born. 54, 38) etc.

Pour le vieux français, cf. A. Tobler, Beitr. 2, 53-54, qui dans (661) certains cas voudrait voir dans quant le lat. quando, opinion qui,

en présence de l'exemple italien qui lui est presque textuellement identique, ne paraît ni justifiée, ni nécessaire ; A . Ebeling, Auberée, Rem. au vers 360; pour le provençal, cf. A. Stimming, B. Born, Rem. à 9, 42.

g. Les Propositions relatives

§ 6x2. Les propositions relatives, par suite de leur variété, constituent un chapitre particulièrement important de l'étude du groupe de propositions. D'après la forme des pronoms, on peut tout d'abord distinguer entre propositions avec pro- ^- nom-adjectif et propositions avec pronom-substantif ou bien entre propositions relatives avec antécédent et sans antécédent. Le caractère essentiel de ces dernières consiste en ce que celui qui parle ne peut pas dire ou ne veut pas dire ce que sont les êtres dont, par la proposition relative, il met un ou plusieurs représentants en vedette, soit qu'il ne s'en fasse aucune idée précise, soit que ce qu'il veut dire se rapporte à tous les êtres d'une même espèce, mais qu'il lui paraisse plus clair ou même plus rapide, plus simple de n'en désigner qu'un seul; ainsi en est-il dans les proverbes : en franc, qui trop embrasse, mal étreint. Il est vrai que cette distinction n'est pas absolument rigoureuse; il existe tout au moins quelques exemples qui occupent une position intermédiaire entre les deux classes : cf. en a. -franc, qui mult est las, il se dort cuntre terre (Roi. 2494), qui aime, il est en pour pans (Chev. Lyon 2756) et quelques-uns des exemples invoqués dans les § 633 et § 639. Comme troisième classe, il faut citer les propositions avec un pronom de généralisation. Il n'y a pas moins de variété dans la signification que dans la forme, et notamment il se présente souvent un empiétement des propositions relatives sur d'autres groupes.

§ 6 12. 6l3- PROPOSITIONS RELATIVES 689

auquel nous devrons accorder dans les pages ci-dessous une

attention particulière.

Pour toute la partie qui va suivre, outre les travaux mentionnés au § 54, il faut encore tenir compte de A, Geijer, Historisk ôfverblick af lalinets qui och qualis forlsatta soin relativpronomitia i de romanska sprâken 1897, G. Pietsch, Beitràge ^ur Lehre vom altfran- \ôsischen Relativum 1888, E. Gessner, Das spanische Relativ- und Interrogativpronomen, Zs. XVIII, 449-497.

§ 613. Comme pronom relatif, le latin possède un pronom (662) à flexion absolument complète et qui distingue même assez bien les trois genres : qui quae quod. En roman, ce pronom s'est conservé au moins dans son radical, mais sa diversité de formes, dans la période antéromane déjà, s'est réduite dans une proportion qui ne peut guère se constater, même pour le nom, qu'aux époques historiques plus récentes, et encore ne s'y observe-t-elle que dans un espace restreint du domaine linguistique roman. La distinction entre singulier et pluriel qui, abstraction faite du nominatif masculin et féminin, s'était rigoureusement conservée, est complètement étrangère au roman, et même la distinction entre masculin et féminin se peut à peine remarquer; le nominatif, le datif et l'accusatif sont loin d'être restés distincts dans la même mesure qu'ils le sont d'ordinaire précisément dans les pronoms et, comme en outre le masculin et le neutre se confondent souvent aussi, il a fini par s'introduire dans presque tout le domaine une forme qui ne varie pas en cas, nombre ni genre : que^ forme qu'on peut qualifier à bon droit d'adverbe relatif. Si clair que soit ce développement dans son étape finale, qui a du reste été parcourue par les patois plus rapidement que par les langues écrites, il subsiste pourtant encore plus d'un point obscur dans la période antéromane. Autant que les inscriptions et les manuscrits permettent de s'en faire une idée, la première simplification a tendu vers ce paradigme :

qui . quod

que{jii) quod

quae

Les raisons qui ont déterminé cette simplification n'apparaissent pas bien clairement. Si la disparition de quos, quas

Meyer-Lubke, Grammaire III. 44

s'explique peut-être par le double sens de qui, quae et si l'équivalence entre queÇm) et quae a pu favoriser une différenciation, l'on a toutefois peine à comprendre pourquoi l'on n'a pas d'après l'ace. quaÇni) créé un nom. quaÇm), ce qui aurait établi une correspondance au moins approximative entre les deux paradigmes :

qui qua ilk ilia

que qua illu ilia

Or, s'il n'en est pas ainsi, l'on pourrait peut-être songer à une influence de l'interrogatif (p. 575). L'étape suivante, (663) l'élimination de quod par une forme en -e, a peut-être en partie son point de départ dans le pluriel neutre, mais en partie aussi elle aura été facilitée par l'interrogatif : cf. notamment des cas comme quid vult — *non sapio quid vult — *mn sapio id quod vult.

J. JEANJAQ.UET, La coitjoncHon que p. 41-6}, cherche à prouver que même le neutre que renferme l'ace, masc. quem, hypothèse inutile et peu vraisemblable; cf. au contraire Litbl. 1895, 309.

§ 614. Maintenant, en ce qui concerne l'état des choses dans chaque langue en particulier, le roumain ne connaît depuis l'origine que ce : celuîa ce voru da cuvàntu ce are gâta a gîudeca viiloru {i mortiloru (Cod. Vor. 158, 6 : à celui-là ils rendront compte qui est prêt à juger les vivants et les morts), asa va fi in ce chipu :(isà. ml fu (90, 2 : ainsi sera cela en quelle manière il me fut dit), crediînnta ce e càtrà domnulu nostru (19, 10 : la croyance qui est en Notre Seigneur), urii ce era diîniru Asia (10, 8 : quelques-uns qui étaient en Asie). En rhêtique, l'usage est le même : cf. en obw. ke, eng. ^a (comme da issu de de I, § 352), frioul. ke; toutefois, dans l'Est, il y a quelques exceptions à signaler. L'engadin, comme nominatif, connaît aussi h. À Collina (Frioul), on distingue entre ku dans la part dei bens ku mi toko (la part des biens qui m'échoit), lu gland ku mangavin yu purcits (les glands que mangeaient les pourceaux), kest to fi, ku a stratsat dut kel ke al vevo (ce tien fils, qui a gaspillé tout ce qu'il avait) et ke dans kel ke : dut kel ke ai yOj al e to (tout ce que j'ai, il est tien), où l'on voit que

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