‹ Grammaire des langues romanes;Chapitre 209 sur 269 · PRONOM RELATIF COMME SUBSTANTIF · texte numérisé non relu

PRONOM RELATIF COMME SUBSTANTIF

l'ancien que s'est conservé dans le roumain : ce mi-ï drag, nu mi-î urât De ar fi ca negru pâmînt (Doine 25, i : ce qui m'est cher, ne m'est pas laid, serait-il comme noire terre); les autres langues ne le présentent que dans des locutions comme en franc, je ne sais que faire (§ (>7(>)y que je sache (§,638), a. -franc. faire que sages (§ 662) et les tournures analogues en italien et à l'Ouest; sinon, l'on dit en ital. quel che, cià che, franc, ce qui, ce que, esp, aquello que, lo que, port, aquillo que, 0 que; on ne trouve qu'isolément dans les premiers temps en ital. awegna che pud (Bocc, Dec. 3, 3) et autr. tournures sembl. — Parmi les autres pronoms, quantus encore est employé substantivement : cf. en roum. multi de càti au créant (Cod. Vor. 6, 7 : beaucoup de combien ont cru), en ital. che cosa è vero? Quanta è bello, è buono nella vita (Feruggia, Fasc. 136), en esp. nunca quantos y eran tan mal dia avieron (Alex. 842), en port, quantos estavam na sala, 0 rodearam de attençôes (Diniz, Pup. 69); le vieux français le remplace par quant que(/) : fols les se tu crei:( Pur vérité quan que tu vei^ (M. France, Fabl. 44, 15), quanqnes vos dites rien ne vaut (Chast. S. Gilles 25) etc.

§ 630. Une autre classe est constituée par les relatifs de généralisation. Le latin, se sert de formes redoublées : quisquis, quidquid ou bien il a des allongements comme quicumque, quilibet etc. Les principales formes qui ont remplacé quilibet ont déjà été rassemblées au t. II, § 570. Indépendamment de cela, on peut dire en général que les pronoms et adverbes relatifs reçoivent, par l'adjonction de que, une signification plus générale : en ital. chi che, che che, quaruio che, corne che, ove che et aussi chente che : cf. pour ce dernier l'a.-lomb. de mi, quente k'eo mesia, no je fi compassion (Bonv., A 23), en a. -franc, qui que, cas obliq. ciii que, neutre quoi que et que que : que quavaingne de la bataille^ Garde^ que Van ne me conoisse (Chev. Lyon 3730), quels que (de quelque nature que) : // demanderait la bataille Queus que an fust la definaille (2229) et les deux membres étant séparés : quels vena^ que il i vente (Alixandre44é, 18), puis également ici où que, enprov. qui que, que que, quai que : cf. pour ce dernier dels santi. En quai que loc los atrobes, Prendia lo cors e la ossa (B., D. 256, 30), ensuite cossi que (en quelque

Meïer-LUbke, Grammaire III. 4>

façon que), on que (où que), can que (quelque nombreux que); (678) en espagnol, on a rarement le neutre que que : comieron que que era çena o a!mor:(ar (Berceo, Sil. 300), plus souvent quai que : quales que foron de los primas 0 ermanos Fueron al padre sancto (260) et comme adjectif a quai parte que fueron, perfidia mantovieron (Alex, 716), quanto que : a maravilla lo han quantos que hi son (Cid 2302), cuemo que, onde que, toutes formes d'ailleurs aujourd'hui vieillies et remplacées par quien quiera que, cualq niera que, como quiera que etc. Il en est de même en portugais. En ce qui regarde la nature de ce ^//^, bien qu'il soit séparé du relatif dans quelques-uns des exemples invoqués, on pourrait cependant le rattacher aux modèles latins, à quisquis etc.; seulement, il faut admettre qu'à la seconde place, au lieu de la réduplication, le roman emploie l'adverbe relatif. Cette hypothèse n'est pas du tout infirmée par la présence occasionnelle en a. -franc, de qui qui, dont l'isolement atteste précisément le caractère non-primitif. — L'italien forme aussi chiunque, déjà chez Dante chiunque Tu se\ cosî andando volgi il viso (Purg. 3, 103), qualunque, quantunque, dovunque, quandunque; et il ne s'agit pas ici de latinismes, mais de formations qui correspondent exactement aux formations françaises que nous allons avoir à citer : c'est ce que montrent des formes dialectales comme cinka à Lecce, ciunk à Matera. Mais le français affectionne encore davantage onques, c.-à-d. le renforcement de l'idée de généralité par l'adverbe qui indique un moment général, et cet onques se présente tantôt immédiatement après le. relatif, tantôt après que, tantôt au beau milieu de la proposition : cui k'il unkes en attaignoit, Trestut le cors H purfendoit (Brut M. 14 11), tûtes gen^ queles qu ungues tu feris ven-drunt (P. O. 8, 58), queil nuques jor que vos en mangerez^ (Job 534, 14), puis un mélange des diverses constructions possibles donne même an quel que Jeu qu'il .onques aut (Chev, Lyon?! 5803), dont un nouveau développement a déterminé le français moderne quiconque, quelconque.

§ 631. La signification des propositions relatives est inlS* ment variée. En ce qui concerne leur rapport avec l'antécédent, on peut les diviser en explicatives et en determinatives, celles-ci

Page 1