SENS DES PROPOSITIONS RELATIVES 7O
a pu d'autant plus facilement se produire qu'en vieux français déjà l'on disait quel est-ço que faire devum (IV Livr. 26). L'italien fournit à cette catégorie dove so f riva era mile lande (Verga, Vita Campi 27) et I'espagnol delà queyo me reiafué de aquellas palabras que en poco taviste (Amadis 6 b), en lo que daiaba algo era en créer aquello de la linda Dulcinea del Toboso (D. Quich. i, 13), . à lo que vengo es à pedir la su hija para mi muchacho (Caballero, Nov. 106), â la que hay que compadecer es à la pobre de su hija (681) (265), doha Blanca es quien ha decidido el casamiento (J, Valera, Com. Mend. 67), en America era donde hahia mas abusas (22) '^ vient donc enfin le portugais, où é que est devenu une formule fixe et invariable : cf. tu é que me dévias agradecer (Gomes de Amorim, Am. Patr. 18), os bons marinheiros é que fa:(em 0 mestre bom (30) et autr. cas sembl., lequel é que d'ailleurs peut naturellement, à proprement parler, provenir à son tour et très facilement d'une proposition-sujet : cf. é que 0 venta tern escasseado muito (43).
§ 633. Il existe une série de propositions relatives qui sont composées de l' adverbe relatif et du verbe essc et qui ont pour antécédent un adjectif ou un PARTICIPE. Ainsi l'on dit en roumain iar tatàl sâû de drag ce-i era Tau ascultat (Gaster 2, 178, 23 : mais son père, pour l'amour qui lui était, l'a écouté). Parmi les différents types, deux sont d'une importance particulière. Un participe en -/ avec une proposition relative de ce genre adopte directement le sens d'une locution dé temps : cf. en ital. trovata che noi Vavrenw, che avrem nai a jare altro senon mettercela netta scarsella? (Bocc, Dec. 8, 3), radunati che furano in quel luogOy il Grisa spedî tre di colora alT aster ia (Manzoni, Pr. Sp. 7) et aussi in cucina che furano ^ il nataiofa un altro cenrio ai birri (15); il en est de même dans le français primitif et de nos jours encore en espagnol et en portugais : cf. en esp. llegados que son à algun racimilla, mi iia encienda en la vela un puhada de estdpa (Caballero, Nov. 22).
§634. Mérite ensuite une mention le cas où la proposition relative se rapporte à un adjectif ou substantif attributif accompagné de pro : en ital. per bella che sia, non mi place, et aussi avec un substantif adverbial : en ital. non ti noccia La tua
paura, chè, poder cV egli ùhbia, Non ti torrà lo scender questa rocca (Enf. 7, 4), en a. -franc, por esmai quil en aient, N'ont mie talent que il se randent (Cligès i^oS), pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes (Corneille, Cid 157), bien qu'aujourd'hui cette tournure ne soit plus guère en usage, en esp. un su girifalte avia tantos guerme:(es que, por muchos quel sacaban, siempre tenia las llagas llenas (L. Caza 5714), no habia armadura, por fuerte y encantada que fuese, que se la parase delante (D. Quich. (682) i^ 18), ensuite avec Tassimilation habituelle entre l'adjectif et de avec substantif (p. 13) :por de estado grande e sehorio que fuese (Amadis 4 b) etc. Bien que la tournure soit dans sa signification clairement concessive, la préposition exprime cependant, ici comme ailleurs, le motif et indique ensuite, dans une proposition négative, la raison qui pourrait déterminer l'accomplissement de ce qui, conformément à la négation, ne s'accomplit pas. Qu'il se présente en ce cas une proposition relative, la chose est tout à fait accessoire : cf. en ital. guarda quel grande che viene, E per dolor non par lagrima spanda (Enf. 18, 83 : à cause de la douleur on pourrait attendre qu'il pleure — mais il ne le fait pas). Plus tard, il est vrai, l'on s'est mépris sur le rapport exprimé par et pro . . . que etc., non seulement dans les langues où que est à la fois relatif et conjonction, mais encore en français, où l'on pouvait dans la plupart des cas maintenir une distinction entre les deux que, et cette confusion qui a fait passer la conjonction que à la place du relatif, aura été déterminée par les tournures de sens identique si . . . que, tout . . . que (p. 685). Cf. A. ToBLER, Beitr. 2, 20-26.
§635. Certaines propositions relatives peuvent se rattacher à talis, quantus, puis à un adjectif renforcé par sic et autr. termes sembl., ce qui les rapproche des propositions de conséquence (p. 684). Cette construction est surtout usitée en vieux français : jo nen ai host qui bataille H dunget Ne nai tel gent qui la sue derumpet (Roi. .18), chascun deit tel preiere faire ki a la gent ne soit nuisable (M. France, Fabl. 55, 14), en tel manière que m^oez^ recorder fu la bataille (Enï. Ogier 4096) etc.
§ 63e. Ensuite il faut mentionner les propositions relatives qui sont en même temps des propositions comparatives :