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PROPOSITIONS RELATIVES DOUBLES

trouve entre les deux propositions verbales, taudis qu'en français moderne notamment la première proposition verbale n'est tout d'abord suivie que par la conjonction de la seconde proposition partielle, ensuite par la première proposition partielle, qui est en même temps proposition verbale (cf. § 784). À cela l'on peut objecter que l'ordre des propositions en vieux français est précisément déjà celui du latin ; mais le développement historique montre qu'il devient de plus en plus étranger aux Romans et cesse de leur convenir ; aussi est-il difficile de croire qu'il a été adopté pour des formations modernes. Plattner, H. A. 64, 355 et H. Morf prennent pour point de départ Vhoinvie que je vois mourant, qui s'est transformé en Vhomme que je vois qui metul; ils regardent donc comme ayant seul déterminé le phénomène ce qui vient d'être considéré comme y ayant seulement contribué. Contre cette hypothèse on doit dire que vraiment elle accorde au type que je vois qui une trop grande influence sur la tournure, sinon plus fréquente, au moins tout aussi usitée que je dis qui, que je sais qui. E. Koschwitz, Zs. f. Nfr. I, 165, parle de « propositions relatives coordonnées », mais on ne voit pas clairement ce qu'on doit entendre par là, car assurément la phrase a les. bêtes que tu vois et qui montrent de la félonie » ne correspond pas à ce que veut exprimer celui qui parle. L'opinion qui se rapproche le plus de celle que nous venons d'exposer, est celle de Ch. Gebhardt.

b. Propositions conditionnelles et Propositions (691)

concessives

§ 642, La condition et la concession se trouvent l'une avec l'autre dans un rapport si étroit qu'on peut avec raison "les réunir dans une étude commune. En effet, de part et d'autre l'existence de ce qui est exprimé dans la proposition verbale dépend de l'existence ou de la non-existence de ce qui est formulé dans la proposition partielle, mais avec cette différence que,, dans le cas de proposition conditionnelle simple, l'un entraîne nécessairement l'autre : « s'il vient, je m'en vais », tandis que, dans celui de proposition concessive, l'accomplissement de la proposition partielle devrait, selon l'attente de la personne à qui l'on parle, rendre impossible celui de la proposition verbale : « bien qu'il vienne, je m'en vais ». Entre ces deux classes s'en place une troisième, celle où la réalisation de la proposition partielle est seulement possible, vraisemblable, conditionnelle, classe qui en réalité, pour la forme aussi, se trouve en étroite connexion avec les propositions conditionnelles : « si

même il vient, je m'en vais ». Ici le roman présente, dans ses moyens d'expression, une diversité beaucoup plus grande que le latin.

Pour la partie qui va suivre, cf. J. Klapperich, Hisiorische Entwichelung der syntaktischen Verhàltnisse der Bedingungssàlie im Altfraniôsischen, Frz. Stud. Ill, 4; H. Johannssen, Der Ausdruck des Koncessivverhàltnisses im Altfran^ôsischen, 1884; E. Gessner, Die hypothelische Période im Spanischen in ihrer Entwickelung, Zs. XIV, 24-65.

§ 643. La conjonction de loin la plus usitée pour unir à la

PROPOSITION VERBALE leS CONDITIONNELLES, le lat. SI, s'cSt COUSer-

vée presque partout sous la forme se(\, p. 539) : en a.-roum. se, qui de nos jours encore n'est pas inconnu au parler populaire tandis que, il est vrai, la langue écrite emploie déjà sa depuis le xvii^ siècle, macéd. si avec changement régulier de e en /, ital. se, a. -franc, se^ franc, mod. si, esp. si, port. se. Ajoutons seulement que, chez les Roumains de l'Istrie, le slave neka et ':(a a complètement éliminé la conjonction latme. En ce qui concerne son emploi, comme les importantes et difficiles questions relatives au temps et au mode ne viendront en discussion que dans les §§ 680 sqq., tout ce qu'il faut dire ici, c'est que dans le roman primitif elle sert souvent à introduire les adjurations et les protestations : cf. en ital. deh, se riposi mai vostra semenia, solvetemi quel nodo (Enf. 10, 94), en a. -franc, dist Auberis : dis (692) tu voir, messagier ? Oil, dist il, se dieus me puist aidier (Mitth. 5, 29), se deus vo^^ beneie, Seignor baron, nel me cele:( vo:( mie (A. A. 3345), en prov. assi ' mpodet^ rie far E mon dan restaurar Si dieus e sains m'amparÇB. Born 21, 80), en esp. oyd mesnadas, si vos vala el criador (Cid 3 128), estô de priesa, si Bios de mal me guarde (Hita 958), si Bios te faga à tu casa tornar. Que nie digas el nombre (AppoU. 173), en port, se deos m'ajude, eu ho vingarey a meu poder (Graal 92) etc. L'emploi du subjonctif atteste qu'entre le si et le verbe d'adjuration l'on sous-entend l'expression d'une volonté : « Si je veux, si je désire » ou bien, dans le premier exemple « si vous désirez », que cependant, sous le coup d'une émotion, par le fait qu'elle se comprend d'ellemême et n'est pas essentielle, on n'exprime pas du tout; en fait, c'est uniquement par la nature du mode du verbe essentiel

§ 643 •-645- ^h de, e quando conditionnels 721

qui suit que son existence dans l'esprit de celui qui parle se trouve encore attestée.

L'interprétation exacte de cette tournure a déjà été donnée par DiEZ, Gramm. III, 329 (trad, franc.) ; A. Gaspary, Zs. XI, 136-137, l'a reprise en l'éclaircissant et défendue contre ceux qui l'avaient attaquée.

§ 644. Parmi les créations nouvelles, le roumain d,e peut prendre la première place. Déjà dans le Cod. Vor. il s'en trouve deux exemples; or ils sont de nature telle qu'en dépit de leur isolement on peut en conclure à un emploi très répandu de de dans ce sens. Le premier est donc : e se Dimitrie acesta si ceiea ce sântu curusulu mesteri, de au càtrà nestitnre cuvant u, negutàtori sântu si antipati sântu (12, 12 : et si ce Démétrius et les artisans qui sont avec lui, s'ils ont droit à quelqu'un, il y des jours d'audience et des juges), vreame de voiu dobàndi, chiema-te-voiu (64, i : si j'en ai le temps, je t'appellerai). Plus tard, de prend une forte extension et de nos jours il est devenu tout à fait l'équivalent de sa. On ne peut guère douter que ce de ne soit originairement le même que celui dont il a été question p. 628 et que donc il s'employait d'abord uniquement quand la proposition conditionnelle venait en second lieu. En d'autres termes, deux propositions jointes l'une à l'autre par de sont ensemble dans un rapport de sens tel que la seconde, bien qu'elle soit unie à la première par une conjonction indifférente, contient pourtant au fond quelque chose qui passe pour une condition relativement à la première. Cf. un usage analogue avec et p. 612. (^95)

§ 645. En dehors de là, q.uando surtout a pris presque partout un sens conditionnel, ainsi en roumain non seulement dans la langue écrite, mais aussi dans les patois, p. ex. en macéd. kà vot sa aflu una mufare, kindu s'arîdà :( da soarile, kindu s plîngà, i^ da ploate, s Mndu s nàreaskà s hibà Ikerolu unit (Weigand, Arum.''i20, 2 : car je veux trouver une femme telle que, quand elle rit, le soleil brille, quand elle pleure, qu'il pleuve, et quand elle est en colère, qu'il y ait mauvais temps). A côté de cette forme, on trouve en macéd. anda qui, sorti du grec mod. àvTa (a. -grec i-av), a le plus souvent encore une signi-

Mlyer-Lûbke, Grammaire III. 4^

fication purement temporelle, bien qu'il montre une forte tendance à adopter l'emploi conditionnel. À part cela, on dit donc en ital. ne riparar si pub cH ella non pera Qiiando per lei non venga un guerrier forte Che tolga la difesa (Arioste, Roi. 4, 59), quando qneste oppinioni fussero false, i vi ê il rimedio délie concioni (Mach., Disc, i, 4), en a. -franc. 7nais, quant il desteindreit , Li cirges s'i parreit (Ph. Thaon, Comp. 2567), ja puis Dius honour ne nie donge Quant onques par el le laissai Et se de riens mespris en ai (At. per. 362), en franc, mod. quand on découvrirait votre démarche, on ne pourrait la blâmer, en prov. cant auria om cercat Tot est mon e pueis mentagudas Totas cellas que son nascudas, Non auria hom una trobada Tan bella (Appel, C. 3, 116), en esp. soy pecador e pleno de grant vicio, Quando tu non quieres, yo bevir non cobicio (Alex. 1542) et de même en portugais.

§ 646. Du sens locatif aussi peut dériver celui de condition : cf. en ital. io sono presto di farlo dove voi una gracia m'impetriate (Bocc. , Dec. 5, 8), questa ê colei ch' io voglio che sia mia moglie, dov ella me voglia per marito (Serc. 403), en esp. Io habéis de defender, donde no, conmigo sois en batalla (D. Quich. I, 4) etc. On doit avoir aussi la valeur locative dans l'a. -franc. in 0 quid des Serments, dans l'ital. in quanto che et autres expressions semblables.

§ 647. Mais en même temps il existe encore toute espèce d'autres tournures. La condition est considérée comme une SUPPOSITION, d'où l'ital. in caso che, posto che, franc, supposé que, pourvu que, esp. supuesto que, supuesto caso que; de même le prov. per tal que (Flam. 23) peut être rangé dans cette catégorie. Il se peut aussi que la condition soit regardée comme une CIRCONSTANCE CONCOMITANTE, p. ex. en prov. ab que : maiestres es de tot:(, Ab quun pauc esclar:(is sos mots (Appel, C. 80, (694) 82), en esp. licito es al poet a escribir contra la ijividia y decir en sus versos mal de los invidiosos y asi de los otros vicios con que no sehale persona alguna (D. Quich. 2, 15). Il se peut enfin que la condition soit en même temps une restriction, ce que le latin rend par dummodo, tandis que les langues romanes connaissent surtout les deux formes nouvelles avec solus et avec le magis restrictif : cf. en ital. la donna benignamente

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