Le Nominatif en Français et en Provençal
§ 36. Le nominatif est comme en latin le cas du sujet : le lat. puer ridet, cœlum altum est devient en a. -franc. // enfes rit, H cieus est hauz^, en prov. lo efas ri, lo cens es au:(. Mais le nominatif se trouve aussi après les prépositions lorsqu'un substantif accompagné d'une préposition apparaît comme sujet ou comme détermination attributive du sujet; en ce cas le contexte l'emporte sur les lois constitutives des groupes de mots. C'est ainsi qu'on peut dire en latin déjà : ad mille trecenti Carthaginiensimn caesi Çsunt) (Tite-Live, 23, 37, 6), nil praeter salices cassaque canna fuit (Ovide, Fast. 6, 406) et tout à fait de même en vieux français : ensamhle furent plus de quatre milier (R. Cambr. 1294), dusca L chevalier s'aprocent d'aus (Ch. II esp. 9401)5 a ce ne porroit ataindre fors uns sens nus (ibid. 7093) etc., et en provençal : Tuit li ant olreiat canque lor quis Fors li cons Aimars (G\x. Ross. ap. Appel, C. i, 686). Ensuite il faut mentionner li fel d'anemis li conselle la rage (Poème mor. 58 b), liprou:^ d'on à côté de liprou/^d'omme plus ancien (§ 237). Un troisième cas que présentent les anciens parlers de la France, c'est le type représenté par vo doi frère ki sont tenu a mescreant et a felun (Aniel 147). Après soi tenir a, par et estrê tenuz^ a, por, le terme prédicatif peut se trouver au nominatif, car il exprime dans la pensée une propriété attribuée au sujet; on dira donc aussi que je men dui por fos tenir (Ch. Lyon 477 var.) et de même en sera-t-il avec avoir a nom et soi clamer : Erec, lifU^i Lac ai a
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nom (Érec 3880 var.), chascuns outrez^ ne se claint (Ch. Lyon 6313), et avec d'autres verbes réfléchis : // se santi navre^ a mort (Ch. Lyon 874), coupables nu rent vers vos (Chev. II esp. 5647). De même en provençal : eram tenh per enganat:^ (P. Vidal 31, 14), tni tenh a ben menat^ (G. de Born. 47, 93), al comte qua nom nUgos (B. de Born 18, 42), tais si fenh pros e (47) valens (P. Card. 41, 46), cil que sefant connoissedor (B. de Born 37, 21) etc.
Cf. A. ToBLER, note au Vrai Aniel 147 et Beitrage I, 221-224, A. Stimming, note à Bertran de Born i, 6.