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LA FORME DU VERBE

xvii^ siècle quoi qu'enfin il advienne (Mairet, Silv. 2449). Lorsqu'une phrase commence par un pronom relatif sans antécédent, depuis le xvi^ siècle le sujet, lorsqu'il est le même que celui de la relative, n'est pas exprimé dans la proposition verbale, tandis que l'ancienne langue peut dire : et ki ki onques n'est pas encor en ceste creandise fers, il doit sen^ doutance doneir foid ai dii des plus gran^ (Dial. Grég. 194, 19). Dans la pro- (709) position relative dont le pronom est sujet, on peut à l'occasion rencontrer le pronom-sujet, ainsi qu'il résulte de ce qui a été dit p. 702 sqq. À part cela, il n'y a rien à observer sur l'emploi des personnes; il y aura d'autant plus à dire à propos du mode et du temps et tout particulièrement sur ce qui se passe dans la proposition conditionnelle de non-réalité, où le mode et le temps se croisent d'une façon si caractéristique qu'il sera préférable de s'en occuper à la fin.

a. Les Modes

§ 66'). Il va de soi que la répartition de l'indicatif et du subjonctif dans le groupe de propositions est régie par les mêmes lois fondamentales que dans la proposition simple (§ 117 sqq.) et qu'en outre l'infinitif ne devrait avoir aucune place dans la proposition partielle; toutefois ce dernier point ne se réalise pas dans une mesure entièrement illimitée et, quant à l'emploi respectif de l'indicatif et du subjonctif, il faut observer toute espèce de modifications, dont la plupart ont d'ailleurs en latin déjà leurs débuts et leur raison d'être. Le roman se montre ici peu créateur; au contraire, il restreint plutôt l'emploi du subjonctif et pourrait bien, malgré certaines résistances passagères, se rapprocher du but que bien des patois ont déjà à peu près atteint, celui d'abandonner entièrement le subjonctif. Dans le parler populaire des Romains déjà, l'indicatif s'est introduit dans l'interrogation et le discours subordonnés, ce qui fit il est vrai disparaître, surtout dans les interrogations, la différence entre discours direct et indirect (cf. p. 651); or le roman ne connaît que l'usage du parler populaire de Rome. Nous avons donc un germanisme absolument incontestable et non une persistance inaltérée d'une tournure latine dans le sursilvain : e dotnondau en^itgei de magliar ; el hagi aber bucca de pagar grad

ussa; el mondi en in auter vitg ad artar rauba; cul tuorni, vegli el pagar (March, i, 5 : et il demanda quelque chose cà manger; mais il n'aurait pas pour payer tout de suite; il se rendrait dans un autres village pour recueillir un héritage; s'il revenait, il payerait), el emparava adina sia munima pertgei ella bragi cura ch'ella miri sin el (2, 5 : il demandait à sa mère pourquoi elle pleure quand elle le regarde) etc. Au contraire, dans l'ital. lo (710) duca mio gli s' accosta allalo, DomandoUo ond' ê fosse (Enf. 22, 46), nous avons un latinisme ou un subjonctif dubitatif. — L'impératif et I'infinitif ne devraient pas avoir de place dans la proposition partielle. Pourtant, ainsi que nous le montrerons aux § 676 sqq., le dernier s'y rencontre assez souvent; l'autre s'y présente par suite du passage du discours indirect au discours direct, phénomène dont il a été question p. 653 : cf. encore en a. -franc, nous avons touT^ cause de joie, Si que chante^^ tant con vous oîV (Mir. N. D. 27, 2121) et en franc, mod. cest pourquoi, leur dit Vhirondelle, mange^ ce grain (La Fontaine, Fabl. I, 8, 21), ce dernier exemple ne se rattachant d'ailleurs plus guère à cette classe, car cest pourquoi s'est immobilisé presque entièrement avec la valeur d'un adverbe. Si maintenant il faut tout d'abord étudier l'emploi respectif de l'indicatif et du subjonctif, la première question qui se pose est celle de savoir comment se comporte la langue quand il n'existe pas de subjonctif, p. ex. au futur. En bien des cas, le présent du subjonctif et le futur sont presque équivalents, notamment dans les propositions partielles qui dépendent de verbes dont le sens indique le futur. Le subjonctif est le mode dubitatif; or l'élément dubitatif est aussi contenu dans le futur; donc un subjonctif futur est superflu. C'est ainsi donc qu'on dit en ital. spero che lo vedremo, io sperava che oggi si sarehbe stati allegri insieme (Manzoni, Pr. sp. 2) ou che speri clf egli possa fare?, temo che non verra più à côté de temo che venga, en franc, je doute si je partirai demain à côté de je doute quil vienne, mais guère après « craindre » : cf. toutefois en prov. paor ai que lo veira hen de Matafello (B. Born 33, 39), en esp. vos me sabéis dar todo aquello que me esté bien et que me sera bien. Mais il arrive aussi qu'on ait recours à des périphrases, particulièrement avec debere : cf. en franc, je ne sçay que je doikve respondre a ce

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