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LA FORME DU VERBE : LES MODES

problème (K2l\>. m, 31) et autr. sembl. Mais d'ordinaire, p. ex. dans les propositions intentionnelles, on s'en tient au présent.

On n'a guère d'exemples pour établir que la forme espagnole et portugaise issue du futur antérieur latin et dont l'emploi sera étudié au § 684, sert aussi comme subjonctif futur; du moins l'a. -port, vos rrogo que vos nom desconfor lardes e que ajades doo de vos e nom catedes vosso gravi dapno (Graal 58) se trouve tellement isolé qu'il faut probablement changer que en de.

§ 6(>(>. Les PROPOSITIONS-SUJETS nous offrent le subjonctif quand la proposition verbale renferme la manifestation d'une volonté ou une expression qui représente le contenu de la propo- (?' 0 sition partielle comme incertain, comme seulement possible ou impossible, ou bien quand elle détermine la valeur morale de la proposition partielle, et aussi assez souvent quand elle décrit l'impression que fait la proposition partielle, donc avec les verbes qui expriment un sentiment; toutefois, dans ce dernier cas, suivant la nuance plus objective ou plus subjective qu'on veut donner à une énonciation, l'infinitif aussi peut être employé. Au contraire, l'indicatif est le mode en usage après les expressions qui représentent le contenu de la proposition verbale comme existant en réalité. En ceci donc le roman se distingue du latin, qui en toutes circonstances recourt au subjonctif : cf. notamment en a. -franc, manifeste chose est ke ceu apartient a laidange (Haim. éo8) pour traduire quod ut ad vitiiperationem pertineat manifestum est. Toutefois, si logique que soit la règle fondamentale du roman, il va cependant de soi que, dans chaque langue en particulier ou bien aux diverses périodes d'une même langue, il peut se produire avec bien des verbes un changement dans la façon d'envisager les choses. De même que le français moderne distingue entre // semble que cela soit facile et // semble que cela est facile, où dans le second cas celui qui parle est persuadé qu'une chose est facile à faire et dans le premier cas croit le contraire, et de même que d'une manière absolument identique on dit : il me semble que tu as grandi, ainsi déjà l'on trouve en a. -franc. // sanbloit que jusquen abisme Deust fondre la fore^ tote (Ch. Lyon 6538) à côté cependant de si H sanbla que l'ot veue Autre foiiee (Érec 6239). Mais en italien le subjonctif est également usité dans des cas comme

pare ai dotti che coloro che non sanno^ errino sempre; alV incontro pare cC non dotti che i loro awersari vogliano sottili:(:{are in ogni modo (V.), où l'on peut d'ailleurs dire encore une fois que la propositipn-sujet exprime non une conviction, mais une impression qui ne correspond pas à la réalité. À part cela, on a donc le subjonctif en roumain après se cade, trebiie, se cunvine (il convient) : cf. se cade preotului sa hie nevinovat (Gaster i , 47, 5 : il convient que le prêtre soit innocent), trebue sa fie pe aicï undeva (il faut qu'il soit par ici quelque part), se poate (il se peut), este drept (il est juste), greû (difficile), lesne et u^or (facile), este rumine (c'est une honte), este râû (mauvais), frumos (beau), pàcat (dommage), place (il plaît), îm ^ede bine (il me sied bien), îm ^ede râû (il me sied mdiX), folosesje (il est utile) etc., en ital, (712) conviene, bisogna, occorre, è uopo, necessario, importa, bast a, puô essere, è possibile, impossibile, è giusto, degno, facile, buono, peccato, puis tantôt avec l'un, tantôt avec l'autre mode : place, rincresce, è una vergogna, una fortuna, awiene, accade, et alors il y a cette différence qu'on adopte le subjonctif quand on exprime son appréciation sur une chose dont l'accomplissement est encore possible, tandis qu'on emploie l'indicatif lorsqu'on veut caractériser un fait ou décrire l'impression qu'il produit sur nous. En vieux français, on trouve de même le subjonctif après estuet, convient, afiert, poise, monte, il est bien, miau:{, avenant, plaist, siet, merveille est, vis est et autr. termes sembl. ; toutefois ici aussi règne une certaine hésitation : cf. ço lur est vis que tiegnent Deu meïsme (Alexis 108), en Vesgarder li ert avis Quil veïst la color novele De la face s' amie (Percev. 5587) à côté de // m'est avis que vos poe:( aler (3591), ço peiset mei que ma fin tant demoret (Alexis 92), ço'st grant merveille que pitiet ne t'en prist (88) et plus tard // me desplaist que mon amie est seule (C. N. N. 39), c'est une chose admirable que tous les grands hommes ont toujours du caprice (Molière, Méd. m. l. i, 4) etc. Les langues de l'Ouest aussi présentent un état de choses analogue, à savoir le subjonctif surtout après l'esp. es necesario, preciso, menester, conviene, es fuer^a^ bien, bueno, malo, justo, lâstima et autr. termes sembl., et aussi après no es verdad etc. Nous ne pouvons pas entrer ici dans l'examen d'autres particularités; mais il y a peutêtre lieu de mentionner le fait qu'en provençal des propositions-

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