SUBJONCTIF DANS LES PROPOSITIONS-SUJETS
sujets qui sont unies à la principale au moyen de car (p. 642), étant issues de propositions causales, présentent en vertu de cette origine toujours l'indicatif : cf. he ' m plat:^ car trega ni fis non reman entre ' Is haros (B. Born 8, i) à côté de e plat:^ mi dons que tnesclava ni que ' m lais (3, 5). Cf. là-dessus § 669.
§ 667. Les PROPOSITIONS-RÉGIMES se mettent au subjonctif d'abord après les verbes qui expriment une volonté ou un désir, et cela aussi quand la proposition verbale renferme un verbe de perception qui se trouve lui-même au subjonctif-impératif (p. 146) : cf. en ital. veggiamo se io sapessi far meg Ho (Lusca. 163), ensuite après les verbes indiquant l'incertitude, donc après douter, espérer, craindre et après les verbes « savoir », « dire », « percevoir » accompagnés d'une négation ou au conditionnel, quelquefois même lorsqu'ils sont interrogatifs. Ici aussi l'on observe une certaine hésitation : c'est ainsi qu'après credere apparaît en roumain le subjonctif, et de même dans (713) l'italien primitif : credete Che non sen^a viriù che dal ciel vegna Cerchi di soverchiar questa parete (Purg. 3, 97); toutefois déjà l'on y dit aussi io credo clf ei credette cl) io credesse Che tante voci uscisser tra que hranchi (Enf. 13, 25) et de nos jours c'est l'indicatif qui prévaut; en français, au xvii^ siècle encore on peut rencontrer souvent le subjonctif, mais en même temps aussi déjà la distinction actuellement établie avec croire entre les propositions affirmatives et les négatives : un homme ne veut point croire quil soit orgueilleux, ni lâche, ni paresseux, il veut croire quil a raison (Bossuet, L.); en espagnol, c'est l'indicatif qui est généralement en usage : cf. notamment no quiero créer que hicieron todas aquellas cosas que el ar^phispo Turpîn dellos escribe (D. Quich. i, 49); il est vrai qu'on y dit aussi ese es otro error en que han caido muchos que no creen que haya hahido taies cahalleros en el mundo (2, i) et, quand le verbe a plutôt le sens de « penser, supposer » : yo creo que te agrade, si le ves à côté de si me responde, como creo que me ha de responder, deux exemples où l'on peut s'expliquer de suite la raison de la diversité du mode employé. De même donc on se sert du subjonctif après le roum. voi (vouloir) et nevoi (ne pas vouloir), sili (s'efforcer de), durea (désirer), a^tepta (attendre), cere, ruga (prier), làsa
(laisser), permite (permettre), teame (craindre), se mira (s'étonner), cutexa, îndràini (oser), putea (pouvoir), nu {ti (ne pas savoir) etc., l'ital. volere, consigliare, hramare, desiderare, pregare^ scongiurare, chiedere, dimandare, aspetiare, comandare, vietare, permettere, concedere, consentire, temere, dubitare, sperare, tremare, dolersi, godere, maravigliarsi, sdegnarsi, stimare, negare, ignorare etc., le franc, vouloir, désirer, aimer, souhaiter, prier, louer, blâmer, attendre, exiger, ordonner, souffrir, permettre, admettre, craindre, redouter, appréhender, regretter, admirer, se réjouir, se plaindre etc., l'esp. querer, desear, aconsejar, rogar, suplicar, pedir, perniitir, conseguir, temer, esperar, alegrarse, estar admirado, no créer, no saber, negar etc. Il en est de même en portugais. Si l'on prend les choses en détail, on peut encore faire les observations suivantes. Le subjonctif apparaît aussi après dicere accompagné d'une négation ou au conditionnel : en ital. io direi che non mi fussi figlio (Arioste, Cass. 5, 2), en a. -franc, nel dirat de France l'emperedre Que sols i muerge en Vestrange cuntrede (Roi. 448) ou bien après « voir » : /// veit que jo lui serve (Alexis 99), en franc, mod. on dirait Que ce démon (714) brouillon dont il est possédé. Se plaise à me braver (Molière, Et. 1695) et il va de soi qu'il se présente aussi après de simples verbes déclaratifs dans les cas où la déclaration contient une exhortation : en ital. dissegli che venisse. Souvent la manière de voir change : ainsi l'on trouve chez Amyot je crains que c'est un traître (3, 5), en esp. temo no ha de llegar el dia (D. Quich. 2, 67), où temer exprime non une répulsion, mais une supposition. Ou bien si, à côté de la concordance régulière en prov. non sai a que m'aia mestier (B. Born 15, 32), on rencontre aussi non sai de que m'ai fait chanso (G. Born. 80, 43), en roum. nu stiu ce fel de împàrat e acesla, on a probablement ici cet affaiblissement de nu {tiu etc. qui lui permet finalement, accompagné du relatif, de passer aux indéfinis (II, p. 649). Enfin signalons encore la difiierence intéressante qui se trouve en français entre je me plains quil ne soit pas venu et je me plains de ce qu'il nest pas venu, où l'on voit que la proposition relative conserve l'indicatif. Mais, par analogie, ici aussi l'on trouve déjà le subjonctif.