LE TEMPS DANS LES PROPOSITION'S PARTIELLES
teriam (Lus. i, 45), ce dernier exemple étant particulièrement instructif en ce qu'il présente le futur simple d'abord dans la proposition indépendante; mais, comme l'intercalation de dixiatn divise l'ensemble de la phrase en proposition verbale et proposition partielle, c'est le futur antérieur qui apparaît alors pour correspondre à l'imparfait de la proposition verbale. Il n'est guère nécessaire de donner d'autres exemples.
§ 679. Parmi les exceptions, l'on peut tout d'abord men- (726) tionner le roumain avec sa prédilection pour le présent dans LES propositions-régimes : cf. và:{ii cà nu poatc fi T^arigradul fàrà împârat (C. B. i, 367, 32 : elle vit que Constantinople ne peut être sans empereur), ^i-i tntreba de împàràtiia lui Xs. unde-i si când va fi, et ràspunserà cà va fi la sfràseniia veaciilut si nu e de pre cîastà lume (360, 21 : et il demandait au sujet du royaume du Christ où il est et quand il sera ; ils répondirent qu'il sera à la fin des temps et qu'il n'est pas de ce monde), porunci sa nu mai muncîascà pre crestini (14, il ordonna qu'on ne poursuive plus les chrétiens) etc. La raison de cet usage est double. Le roumain ne possédant pas d'imparfait du subjonctif ou du moins n'employant ainsi que très rarement la forme qui y correspond dans les autres langues (p. 753), toutes les propositions partielles au subjonctif présentent donc dans tous les cas le présent, et c'est ainsi que, dans les propositions à l'indicatif également, l'imparfait a pu se perdre peu à peu. En second lieu, toutes les langues romanes, surtout après les verbes déclaratifs et interrogatifs, emploient volontiers le présent, c.-àd. donc la forme des propositions indépendantes : cf. en franc. un sage soutenait que la santé fait la félicité, en prov. sabia lo salvadre que la soa hora ve (B., C. 9, 4). Peut-être un autre facteur encore entre-t-il ici en jeu. En Sicile, en Calabre et en Pouille, les propositions avec mu, mi, ku qui remplacent l'infinitif se servent toujours du présent (cf. p. 640), et dès lors il y a peut-être lieu de croire qu'en roumain les propositions correspondantes avec sa offrent, elles aussi, la même particularité. Peut-être la raison de cet emploi pourrait-elle être cherchée dans le fait que voici : la correspondance des temps est une particularité du latin que ne connaissent ni le grec, ni les langues germaniques. Or si, comme cela en a l'air, la con-
struction « je veux que je vienne », « je voulais que je vienne » ^ repose sur une base étrangère au latin, il serait bien possible
que ce fût d'après la langue qui a donné l'impulsion à cette construction qu'on aurait non seulement employé les propositions partielles au lieu de l'infinitif, mais aussi le présent sans avoir égard au temps de la proposition verbale.
§ 680. Ensuite on trouve I'imparfait du subjonctif employé dans un large domaine et avec des valeurs diverses après un présent. Tout d'abord il se présente avec le sens du parfait : cf. (727) en ital. non so se morisse oppur viva (Arioste, Supp. i, 2), giiardate non fuggisse (Sacch. 61), ce dernier exemple avec ce phénomène du remplacement de l'action par l'état qui en résulte dont nous devrons nous occuper au § 682, narrasi che tutti gli uomini fossero creati per ogni dove a un medesimo tempo (Leop. 119), en a. -franc, ne quit que eusses en unjor En leu plus joie ne honor Que cil dedenx^ li quident faire (Ben., Chron. 148 12), ne quit pas que cil lor donaissent Ne que cil aine la demandaissent (Brut II 27 9), en prov. non cuig que per mal 0 disses Quar ges nonpar tan mal après Ques a vos disses vilania (Flam. 4210), où le second disses doit s'expliquer de la même manière que le fuggisse du deuxième exemple italien, mon gaug ai perdut el melhor rei que anc nasques de maire (B. Born 26, 4) etc. Pareillement le plus-que-parfait latin de l'indicatif s'emploie à la place du parfait : cf. p. ex. en port, tu daras cima a todallas outras maravilhas e aventuras, hu todollos outros fallecerem e falleceram (Graal 3). Mais, même en dehors de ces cas, on trouve en a. -franc, par amours vous pri e requier Que vus me donissie:(m'amie {R. S. S. 4549), encore te loruns nus Que tut te tenisses a nus (M. France, Purg. 1299), «^ vos voel plus loer la rue Que nel tenissies a falue (Part. 859), en prov. nous pose trobar engal que fos (B. Born 12, 12), no sai messatge tan cortes ni que melhs celés totas res (Lettre d'Arn. Mar. 3, 22), yen te essenhi que fosses proms 0 pertal que, persoque, per amor que fosses bas homs; yeu te essenhi be solque 0 masque 0 volguesses retener (Leys 2, 278). Ces exemples ne doivent pas tous s'interpréter de même. Dans la seconde classe, il est probable qu'il s'agit le plus souvent d'un désir irréalisable qui, comme c'est l'usage