PROPOSITIONS CONDITIONNELLES DE NON-RÉALITÉ
notamment pour la période primitive, attesté par des exemples (p. 766). Mais le rapport avec le présent était déterminé par tout le déplacement de temps : l'expression si habuissem, ayant trait au présent, entraîna aussi dare habebam dans la sphère du présent. Donc, en opposition avec l'usage du latin comme avec celui de l'allemand, les Romans voient, dans le contenu de la proposition verbale de non-réalité, ou bien un fait du passé (en esp. diera) ou bien une chose dont la réalisation était d'une nécessité absolue, et non une chose qui n'existait que dans l'esprit, comme c'est le cas lorsqu'on adopte le subjonctif.
La tournure franc, si j'aurais, je donnerais n'a pas été mentionnée ci-dessus parce qu'il est plus que douteux qu'elle doive être admise : cf. A. ToBLER, Zs. XIX, 567-573, dont on peut appliquer également aux exemples espagnols cités Zs. XIV, 57 l'explication qu'il donne pour ceux du français.
§ 689. Assez souvent il arrive qu'on a dans la proposition verbale un temps de l'indicatif et dans la proposition partielle le subjonctif habituel : cf. en ital. se n'andava al Bassà diritto a querelarsi se non l'avesse Caridoro ritenuto (Arioste, Cass. 5, 4), se fussi corso più che pardo, non potevi giungere a tempo (4, 2), s'io avessi avuto cento occhi, non mi bastavano (Supp. 2, i) etc., en a. -franc, s'il i eussent toujours mis leur avis y S'ert Funs de r autre noblement envaïs (Enf. Ogier 1777), en esp. si eso fuese verdad, eso hastaba para triunfar en Roma de Numancia (Cervantes, Num. 4, 2), si pudiese andar tan vivo coma antes, la echaba à Vd. de cabe^^a à la calle (Clém. 140), en port, se eu estivesse no teu logar, nem trabalhava à janella (Diniz, Pup. 166). Il est à noter que l'on a presque partout l'imparfait, parce que c'est le temps le moins déterminé. Au reste, le procédé consiste (738) évidemment en ceci : celui qui parle, en transportant un événement dans le passé, le met en opposition avec la réalité du présent. « Une fois ou l'autre on aurait eu certaine situation, si telle ou telle chose se fût produite » .
§ 690. Plusieurs fois, dans ce qui précède, il a été fait mention de la phrase conditionnelle du passé : si habuissem dedissem. On ne peut pas contester que le roman, dans sa période primitive notamment, ne la distingue pas nettement de celle du présent si haberem darem, et c'est tout à fait naturel,
Meïer-Lùbke, Grammaire III. 49
car le transfert de hahuissem dans la sphère de haberem ne s'est pas accompli d'un seul coup; au contraire, assez longtemps encore habuissem a conservé aussi sa signification de plus-queparfait. Ou disons mieux que, dans la langue des Romans, le sentiment de la différence entre une phrase de non-réalité dans le présent et le passé s'est effacé; on emploie pour tous deux les mêmes moyens d'expression, et on laisse à l'auditeur le soin d'établir le véritable rapport. Mais une langue plus raffinée devait s'efforcer de revêtir d'une forme différente la diversité de la pensée et c'est ainsi, comme on l'a déjà montré p. 766, que peu à peu l'on a créé un nouveau moyen d'expression. Il est étonnant qu'en ancien français l'on rencontre encore rarement la forme qui correspond à si f avais, je te donnerais^ à savoir si f avais eu, je t'aurais donné : cf. se il s'en est ale:(, si revendreit il ça (Rou 2, 2295), forme qui d'ailleurs, même aujourd'hui, ne s'est pas encore entièrement généralisée. Ce sont les langues de rOuEST qui éprouvent le moins le besoin de créer une forme nouvelle. Aux xv" et xvi^ siècles précisément, l'espagnol manifeste à l'égard de habria dado etc. une répulsion plus forte qu'au xiv^, et il emploie presque toujours si tuviera, diera; c'est seulement vers la fin du xvi^ que réapparaît la distinction, qui est de nos jours presque générale. — Quant à d'autres particularités, notamment aussi les combinaisons de différents types, nous ne pouvons nous y arrêter ici.
Sur les § 665-690, cf. K. Foth, Die Verschiehung lateinischer Tempora im Romanischen, Rom. Stud. II, 243-356; sur les § 678-689, le travail de J. Vising cité à la suite du § 114; sur les § 684-690, (739) J- Klapperich, Historische Entwickelung der syntaktischen Verhàltnisse
der Bedingungssdl:(e im AUfraniôsischen, Frz. Stud. Ill, 4 et E. Gessner, Die hypothelische Période im Spanischen in ihrer Entwickelung , Zs. XIV, 21-65 ; sur les § 687-690, O. Burgatzky, Das Imperfekt utid Pliisquamperjekt des Futurs im Altfranxôsischen, 1886, A. Tobler, Beitrâge 2, 139-144 et A. SCHULZE, H. A. 77, 406, où l'on trouvera, pour justifier l'introduction du futur antérieur dans la proposition verbale, des explications en partie différentes.
§ 691. Dans sa façon de traiter la négation, le roman s'est plus éloigné du latin que sur beaucoup d'autres points de la syntaxe. D'abord la distinction si importante pour le latin entre non et ne, c.-à-d. donc entre la simple négation et la répulsion, s'est perdue et w^ a été remplacé tout simplement par non. Ensuite le roman exprime dans tous les cas la négation en la joignant au verbe; au contraire, le latin l'unit au membre de la proposition qui est l'objet de cette négation : cf. le lat. non venio, nemo venit, nihil video, nulli dixi, nunquam veniet, nusquam eum vidi avec le roum. nu vin, nu vine ninie, nu vâ^^ nemic, nu ■^isel nimenî, nu va veni mai, nu-l vâxtà nicàirî, ital. non vengo, non viene nissuno, non vedo niente, non Vho detto a nissuno, non verra mai, non Vho veduio in nissuna parte, franc. je ne viens pas, personne ne vient, je ne vois rien, je ne l'ai dit à personne, il ne viendra jamais, je ne l'ai vu nulle part, esp. no vengo, no viene nadie, no veo nada, no lo he dicho à nadie, no vendra nunca, no le he visto en ninguna parte, port, nào venho, nào vem nenhum, nào veo nada, nào 0 tenho dito a nenhum, nào vira nunca, nào 0 tenho visto en nenhuma parte. Si donc non est à l'origine la seule véritable négation du roman, il s'y trouve cependant dès le début, en beaucoup plus grand nombre qu'en latin, des formes renforcées de la négation, particulièrement tirées de substantifs, et ces formes renforcées peuvent même parfois prendre la place de non. En ce qui concerne le rapport de la négation avec les différentes espèces de propositions et
(741) groupes de propositions, méritent un examen spécial la défense, la copulation de propositions complètes négatives et adversatives, enfin la négation dans les propositions partielles.
Cf. ScHWEiGHAUSER, De la négation dans les langues romanes du midi et du nord de la France, Bibl. éc. chart. XII, 1 31-172, 441-467 et F. Perle, Die Negation im Altfraniôsischen, Zs. II, 1-24, 407-418.
§ 692. La particule négative et les pronoms et adverbes qui se présentent particulièrement dans les propositions négatives ont déjà été examinés en différentes occasions (voy. I, § 613 pour les représentants de non et nec et II, § 568 pour ceux de nemo, nullus, nihil etc.). Pour compléter ces indications, voici d'abord ce qu'il faut encore ajouter ici. Parmi les adverbes négatifs latins, nunquam a persisté dans l'a. -franc, nonques, prov. noma et noca, esp.-port. nunca. En outre, au sens des pronoms négatifs latins, voici quelles sont les formes qui se rencontrent surtout en roman, de préférence avec un verbe négatif. Il y a d'abord, pour suppléer nullus, aliquunu, devenu en ital. alcuno, surtout dans les premiers temps : per alcuna persona non se ne dovesse cavare (Sacch. 198), non poter aver alcuna oca (Sere. 39) et souvent à l'infini, mais aussi plus tard encore : n'ho irovato cento ne te ne place alcuno (Arioste, Cass. 2, i), sen^a fallo alcuno (Lasca 54), alcana provincia non fu mai unita (Mach., Disc. 3, 34), non si da voto alcuno (Leop. 172), non aveva motivo alcuno (Leop. 172), en franc, aucun, dont il est superflu de citer des exemples, en esp. alguno : non han tal dono acahado algunas que visten gonas (C. Baena i, 72); en même temps, l'on a en ital. veruno, dont la première partie renferme un veto confirmatif, et autres formes citées II, § 568, puis aussi en roum. cine, qui apparaît donc ici avec une valeur d'indéfini (cf. p. 100) : nece talàlû cine-lû ^tie numal fiîul (S. Math. 11, 27 : et, le père, nul ne le connaît à part le fils), enfin en franc, mod. pas un. Nemo, lui, a été remplacé par persona non seulement dans le frànç. personne, mais aussi parfois dans l'ital. persona : sen^a esser stato veduto da persona (Lasca 39), non disse mai niente a persona (57); à l'Ouest, on a l'esp. nadie, port. nada. Relativement au neutre, à ce que nous avons dit II, § 568, il faut encore ajouter qu'on emploie également au sens neutre causa et res : en ital.
§ 692. PARTICULES NEGATIVES 773
cosa, franc, rien, plus anciennement chose, bien que plus rarement, prov. reÇi), plus rarement causa, esp. cosa, port, cousa et aussi en a. -port, rem, ce qui est probablement un gallicisme. Parmi les adverbes, l'eng. ninglur, port, nenhures (nulle part) (742) se rattache aux formes dont il a été question au § 481; nunqtiam est parfois remplacé par l'a. -esp. alguandre, où s'est con- ^
serve aliquando : cf. una deslealtan^^a ca non la fizp alguandre (Cid 108 1); ailleurs, on a eu recours, pour le suppléer, à côté de l'a. -franc, ne-onques et ne-ainc, à deux autres mots. Le lat. magis sert d'abord simplement à marquer la gradation, fonction qu'il remplit même en partie dans les langues où, pour les autres cas, il a été éliminé par plus : cf. en a. -franc, dune ne voldrent nies travaillier (M. France, Fabl. 27, 7), mais ensuite il a été spécialement destiné à marquer le temps : en ital. non . . . mai (ne . . . pas plus longtemps, jamais); mais il arrive aussi qu'on se serve de l'adverbe de temps /aw, en ital. non . . . già, a. -franc, et prov. ne . . . ja (jamais) et en même temps ne ja . . . mais (jamais plus), puis avec affaiblissement du sens en ital, giammai, franc, mod. Jamais et avec un affaiblissement plus considérable encore en ital. non . . . già, prov. no. . . ja, esp. no. . . jamas (absolument pas). Enfin l'on peut également rattacher ici cette observation, que la place de NISI a été prise entièrement par si avec la forme habituelle de la négation, sauf que l'ancien espagnol présente également une forme abrégée sin : de très fijos tan huenos unol avie fincado, El que sin fues nado fuera bien aventurado (Alex. 1242). — A la négation se rattache aussi, par la façon dont les Romans la conçoivent, d'abord la préposition sine, et leur parenté consiste en ce que les substantifs introduits par celle-ci sont généralement accompagnés des pronoms négatifs : cf. en obw. sen^a nagina canera (Alig 13, sans aucun bruit), ital. sen:{a nissuna mancan^a (Nov. 5), franc, sans aucun doute, esp. sin nulla despresura (Berceo, Sil. 5) etc. Et la même observation s'applique aux propositions interrogatives et aux tonditionnelles : cf. en ital. ce stato nissuno? (personne n'y a été?), con la mano corsi a cercarmi il lato se niente vi avessi (Bocc, Dec. 4, 6), se vi occorre nulla, ditemelo et de même dans les autres langues. Relativement à la signification, il faut observer que les adverbes
de temps dépouillent souvent leur valeur temporelle et servent alors à renforcer la négation : outre les exemples ital. non già etc. cités plus haut, cf. particulièrement en prov. nonca, qui est même presque l'équivalent pour le sens de no : dis que l'a presa, miia nonca la té (Boèce 14), ja per son frair mais sos homes non blanda, nonca ' is fai el, an:{ asatga e ' Is aranda (B. Born 13, 27). En outre, le neutre se présente souvent dans un emploi adverbial avec le sens de « nullement » : cf. en ital. nulla si mosse (Arioste, Roi. 12, 83), le faccende degli strani e (743) che niente f appartengono (Arioste, Cass. 2, 2), en a. -franc, est che nient uns a uns vers dras (Th. Franc. 80), où l'affaiblissement de sens est encore plus accentué, comme d'ailleurs re, rien, dans le provençal et le français modernes, après avoir signifié « aucunement », ont adopté le sens de « ne . . . pas »: cf. à Dompierre (Fribourg) avà vo rà d gale laevru a me prepâl (n'avez-vous pas un joli livre à me prêter?). De là viennent ensuite, en vieux français, ces combinaisons avec des adjectifs qui ont été mentionnées au t. II, p. 620 et dont on peut rapprocher en ital. era di coraggio efor^a niente inferior e alV aspetto (Alfieri, V.) et en esp. no nada apasionado (D. Quich. i, 40).
Sur veruno, cf. C. Salvioni, Zs. XXII, 479; pour niente etc., G. KôRTiNG, Zs. f. Nfr. XVIII, 253 propose ne gente, qui convient certes pour la forme, mais qui pour le sens n'est pas sans offrir des difficultés.
§ 693 . Grande est l'importance des termes qui complètent LA NÉGATION, c.-à-d. des substantifs qui indiquent la plus petite quantité et dont l'influence doit être niée par une action, donc des cas comme le franc, pas dans je ne vais pas, point dans je ne veux point. Le substantif, par rapport au verbe, joue le rôle ou de régime ou de complément adverbial; aussi peut-on se demander si le pas qui vient d'être mentionné indique l'espace parcouru (§355) ou la mesure (§ 421). D'après les circonstances, on aura affaire tantôt à l'une, tantôt à l'autre de ces significations. Les langues romanes ne poussent pas toutes cet emploi également loin; le roumain notamment paraît ne connaître que MICA, qui a déjà été mentionné au t. II, § 568 et qui se rencontre aussi d'ailleurs dans l'ital. mica, lomb. minga, a. -franc, mie, encore aujourd'hui conservé notamment dans
§ 693- TERMES aUI COMPLÈTENT LA NÉGATION 775
l'Est, prov. îniga. Dans les Grisons, gutta surtout, le terme déjà mentionné également au t. II, § 568, jouit de la plus large extension; il est de même en usage au Nord de l'Italie notamment; ajoutez-y aussi l'a. -franc, goutte, aujourd'hui presque uniquement dans la locution ne voir goutte, le prov., csp. et port. gota. En même temps, il y a aussi bucca : en obw. jau aflel bucca en mes cudischs (Barlaam 237, 34 : je ne trouve pas dans mes livres), puis en eng. briM, d'origine inconnue. En ITALIEN, punto est d'un usage presque aussi général que pomt en français, tandis que le prov. pont, l'esp. punto sont plus rares; ensuite viennent particulièrement des noms de fruits et (744) de plantes comme Jico, fava, gram, moco, cavolo, en omxxq flore, mollica, pelo, frutto, enfin cavelle, terme d'étymologie obscure, puis dans les dialectes Ta.-vér. no g' a valor lo so regojo pur una sola gamba de cerfojo (Mon. Ant., D 196), l'otr. tante maie parole ci nnu te cumbenane filu (Pap. 477). Les mêmes termes se présentent en vieux français. Ici l'on doit d'abord citer en a. -franc. rienÇi), de même en prov. re{s) et aussi en a. -port. rem : non acabaria rem na demanda (Graal 113), peut-être employé comme gallicisme, \)\xis genus : en a. -franc, giens, prov. ges, passus : en a.-franç./)^i, prov. pas, puis ici aussi des noms de fruits comme alie, bouton, cenelle, fie, noi:;^, pomme ou ail et aillie, ceue, espi, festu. Enfin, en espagnol, on peut citer los otros pueblos non valdrien una per a (Berceo, S. Mill. 407), haba (Mil. 591), arvejas (Hita 328), /fo (349), tous employés exclusivement avec valer, vuestros dichos non los preçio dos pinnones (Hita 638), non vos miento un grano (Berceo, Sil. 262), todas sus amena^as un pan non gelas preciaba (Berceo, Loor. Sen. i6r) et encore aujourd'hui non vale un bledo; ensuite on peut encore rattacher ici, comme exemple caractéristique isolé, l'esp. de bien nin dixi nin flçi un dinero valia (Loor. Seii. 176 : de bien je ne dis ni ne fis un denier vaillant) et non gelo preciô don Gimio quanto vale una nues (Hita 358). Sur des locutions prépositionnelles comme l'ital. in niun modo etc., il n'y a pas lieu d'insister ici davantage. En ce qui concerne l'emploi de ces termes qui complètent la négation, il faut observer que, dans les cas où la négation n'est usitée d'une manière étrangère au génie des langues romanes qu'à la suite d'un croisement entre deux tour-
nures différentes ou d'une transmission latine, donc particulièrement dans les cas dont il sera question dans les §§ 706-711, ces termes n'occupent en général aucune place.
Cf. G. Dreyling, Die Ausdrucksweisen der ûbertriebenen VerMeinerungm altfraniôsîschen Karlsepos 1888.
§ 694. En VIEUX FRANÇAIS, quaud le verbe nié est accompagné par un des termes qui renforcent la négation mentionnés au § 693, un RÉGIME DIRECT qui en dépend peut être considéré comme partitif. Le phénomène se comprend parfaitement dans des cas comme amis, fet le vilain, portes vous point d'argent (745) (Doon 2677) et partout où l'on a un objet dont on peut détacher une très petite quantité; au contraire, on méconnaît évidemment la tournure originaire lorsqu'on dit aussi de s'espee ne volt mie guerpir (Roi. 465), ce qui ne signifie pas '< de son épée il ne voulut rien abandonner », mais « il ne voulut pas quitter son épée », // nen at mie de Rollant sun nevuld (3182), ni choisi mie d'Auberi le guerrier (Mitth. 89, 24) etc. En français moderne, cet usage a disparu à son tour. Sans doute, on dit encore il na point de cheveux, et l'on peut d'autant mieux le dire que, en cas d'énonciation affirmative aussi, l'on adopte la tournure partitive : // a des cheveux; à côté de // n'a point d'amis et // n'a pas un ami, on dit également encore il n'a point d'ami (il n^a aucun ami), ce qui est évidemment un singulier nouveau créé sur le pluriel ^o/wf d'amis; mais on ne peut plus dire // n'a point de son ami. Toutefois, dans les INDICATIONS DE TEMPS doit avoir persisté un reste d'une tournure issue de ce même procédé. On dit en a. -franc, onques de tout le jour ne but ne ne menja (Doon 189 1), où de tout le jour est clairement partitif, puis aussi avec la simple négation : cf. vole':^ en mais des gas, sire? dist Carlemaigne. Et dist Hugue le Fori : Ne de ceste semaine (Voyage Charlemagne 799); cf. aussi à peine de la nuit dormi (FI. Bl. 2281), d'où vient alors le franc, inod. je n'ai pas dormi de toute la nuit, qu'il faut sans doute distinguer du de dont il a été question au § 452. Jusqu'à quel point le même phénomène se rencontre-t-il dans les autres langues? C'est une recherche qu'il reste encore à faire. En tout cas, l'on doit peut-être ranger ici le prov. si ni a miga de vos que vulha al reis glorios servir (B., D. 236, 30), anc de cela