‹ Grammaire des langues romanes;Chapitre 245 sur 269 · LES PRONOMS-RÉGIMES EN PORTUGAIS · texte numérisé non relu

LES PRONOMS-RÉGIMES EN PORTUGAIS

cf. entom começoulhes de contar (Aleixo 7, 4), e entom hvarôlha os diaboos (Rom. XI, 385), e entom apareceolhe Nosso senhor (386) etc., mais aussi déjà e entom Ihe disse uma vo:( (381) etc. Avec ende et / se présentent les mêmes particularités qu'en espagnol : cf. el rey que era ende muy ledo (Graal i), se vos el ende nom rogase (3), tmha em suas màaos huas letras, que Ihe cayrom ende (6), muito mal avéra ende (21), eu sofrer-m-hey ende (iio) et aussi que podera ende vir mal (iio), ensuite avia gram pesar ende (24). Il est vrai qu'il ne manque pas d'exemples de proclise après les premiers mots de la proposition : cf. nom houve hi tam ardido que ende nom fosse spantado (Graal 11), grande maravilha vos ende aveera (19), sahes que tanio mal end aveera (29), ca asa^ ende as feito (29), 0 que ende eu w (99), que me ende avéra (114) etc., hua don^ella chegou hi (Graal i), aquelle sem falta nom era hi (26), que Ihes porria conselho hi (109), vos levara hi sem falha (103), nom ha i al hem (60), mais alors aussi 0 milhor de quantos y havia (26), Parsival te hi atende (132) et puis même se hi sen hermào viesse (Graal i2o),fermosa aventura hi Deus deu (12), que ja me hi nom conheceram (Aleixo 4, 21) etc.

§ 722. Il faut accorder une attention particulière au rapport (770

DE CES pronoms AVEC l'iNFINITIF, LE GÉRONDIF ET LE PARTI- CIPE. D'après ce qui précède, on attend vidére me, vidéndo me mais pro me vidére, in me vidéndo, tournures où le seul doute possible est de savoir si, dans ce cas, la préposition en général atone (§ 713) reçoit l'accent. Sur ce dernier point, le § 728 donnera plus de renseignements; ici il suffit de dire que l'état de choses qu'on suppose avoir existé en latin vulgaire se retrouve en réalité souvent dans le roman. D'abord en roumain, où l'on dit encore aujourd'hui và^ându-te (en te voyant), vedeare-te-a^ (je voudrais te voir), mais a te vedea; cf. déjà en a.-roum. cade-se-a le prà:(dnui (Gaster i, 89, 39 : il faut qu'on les fête) ou cà sàtura-se-vor (38, 35 : qu'ils se rassasieront) à côté de cand va vor despàrti (9, r : quand ils vous sépareront). Jadis I'espagnol et le portugais présentaient aussi l'ancienne règle : cf. en a.-esp. conbidar le yen de grado (Cid 21), nos con vusco la vençremos e valer nos ha el Criador (1230), non avien

conseio par seli amparar (Berceo, Mil. 415), non dexes de los levar (Alex. 54) etc., en port, matar me nom podedes (Graal 107), e nuidar se ha (142), querovos eu matar (32), polio debrotir (Rom. XI, 384), de Ihes dar algum filho (Aleixo i, 13) etc. Mais en même temps se rencontrent deux espèces de dérogations. Ou bien on généralise l'ordre adopté quand l'infinitif commence la proposition, c.-à-d. donc que le pronom est dans tous les cas rattaché au verbe ; tel est l'usage déjà dès l'origine le plus souvent en italien, depuis le xvii'^ siècle en espagnol et souvent, à côté de l'ordre antérieur, en portugais, les exemples dans ces deux dernières langues remontant d'ailleurs assez loin : cf. en a.-esp. era par non mentirvos pavorôsa carrera (Berceo, Sil. 231), en a. -port, para sacalla (Graal 7) etc. Mais il arrive aussi que le pronom prenne, avec un infinitif prépositionnel, la forme qu'il revêt aussi d'ordinaire après les prépositions, à savoir la forme tonique, et alors se produit une généralisation de celle-ci. Les débuts de ce second développement, c.-à-d. donc la forme pro nié videre, se rencontrent parfois en ancien italien : cf. per lui campare (Purg. i, 61), ne voler ad un ora te privare (Bocc, Corb. 262), puis dans certains textes du Nord de l'Italie, p. ex. dans un manuscrit de la légende de Sainte Marguerite, chez Uguçone etc.; toutefois dès l'origine l'enclise sur l'infi- (772) nitif est plus fréquente, et bientôt elle est seule en usage. En FRANÇAIS, le développement s'est opéré dans l'ordre inverse. Par analogie avec pour toi veoir on dit toi veoir; l'ancienne langue ne connaît absolument plus pour te veoir, et veoir te, bien qu'il y en ait des exemples, est cependant beaucoup plus rare que veoir toi. Mais ensuite au cours du xiv^ siècle s'accomplit un changement dans ce sens : la forme en usage devant le verbe personnel et qui, avec celui-ci, se présente aussi peu à peu au commencement de la proposition, c.-à-d. désormais la forme proclitique, apparaît également avec l'infinitif : mestiers est que ses vivres gart Et qu'a les espargner esgart (G. Guiart i, 3858), tandis que dans un cas comme vait le ferir (Roi. ■1660) le le, conformément au § 738, appartient comme enclitique à vait. Au reste, l'ancien emploi du pronom tonique devant l'infinitif se conserve encore jusqu'en plein xvi= siècle. La même règle est appliquée anciennement au gérondif et au

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