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LES PRONOMS-RÉGIMES

participe, et soi-disant et soi-mouvant sont en français moderne les derniers vestiges d'une tournure autrefois générale; mais il est étonnant qu'avec le participe on dise encore aujourd'hui : les catéchismes à moi connus, le véritable culte national à nous légué par nos ancêtres ^ T autorisation à nous accordée etc. Le fait où il faut probablement chercher le motif de cette persistance étonnante de l'ancien usage, c'est que les participes présentent plus et surtout d'une autre façon que l'infinitif et le gérondif des combinaisons de prépositions et de pronoms; c'est qu'on dit une erreur par lui commise, une figure de moi connue et autr. tournures sembl., cas où la préposition unit au substantif un pronom accompagné du participe tandis que, dans pour le voir p. ex., le pronom est régime de l'infinitif et que la préposition sert de lien entre l'infinitif et le verbe. Ensuite, par analogie avec cette tournure, à moi connu etc. s'est ou bien conservé ou alors seulement a pris naissance. Le PROVENÇAL suit les mêmes voies que le vieux français : il dit donc per volantat de lieis ve^er el se cro^et (Appel, C. 122 a 4), lo mais doncx se fai per son pro, Quar lui suffren conquer F amor (Brev. 2081) etc.

Cf. A. ToBi.ER, Gôtt. Gel. Anz. 1875, 1065 et Beitr. 2, 82-91.

§ 723. Dans ce qui précède on a complètement laissé de côté le RHÉTO-ROMAN, et la raison en est qu'il s'écarte absolument de l'usage des autres langues. Pour le sursilvain, la règle (773) fondamentale est que, dans tous les cas, le pronom vient après le verbe : cf. tgei plughiava el (March, i, 21 : ce qui le tourmentait), cura ch'ella ve^i el (2, 10 : quand elle le voit), ha rogau el (2, 10 : elle l'a prié), vus saveits bucca legnar els (3, 12 : vous ne pouvez pas les délier), ha fatg suttascriver els lur nums (3, 14 : il leur a fait souscrire leurs noms), ha priu si e mess el en sac (l'y, ly : il l'a pris et mis dans un sac), per quel ha mia patruna volei neghentar mei (20 17 : pour quoi a ma patronne voulu me noyer), sche ti concédas ami eunc la suondonta gracia (17, 18 : si tu me concèdes encore la suivante grâce). Ce qui détermine évidemment cette étonnante construction, c'est qu'il n'existe pas de formes atones proprement dites : mei, ami, el etc. sont les formes toniques, qui se placent très régulière-

8o6 CHAP. VI : ACCENTUATION ET ORDRE DES MOTS § 723 . 724.

ment après le verbe, alors que les formes à l'origine atones se sont perdues. Dans les cas où il s'en rencontre, elles suivent les mêtiies règles qu'en français : cf. en eng. Piglia 't be la paina D'am gilder sun la spedla quaista laina (Caderas, N. R. 64 : donne-toi donc la peine de me soulever sur l'épaule ce bois). Quant à dire quelle est, à prendre les choses en détail, la situation dans le langage actuel et dans les anciens textes et jusqu'à quel point se fait sentir une influence étrangère, c'est une question qui réclame encore des recherches plus approfondies.

§ 724. Sont également enclitiques, en latin vulgaire et en ancien roman, certains verbes et notamment esse et habere AVEC LE participe EN -t, hubere et velle avec l'infinitif. Il est vrai que Cicéron dit encore presque toujours habeo cogniturn et que c'est seulement les écrivains postclassiques qui ont cognitum habeo; mais la cause de cette différence est évidemment liée au fait que, précisément dans le premier cas, habeo avait encore une valeur indépendante. Ainsi donc on prononçait d'abord hâbeo cognitum et puis, quand habeo eut affaibU de plus en plus sa signification, isiud habeo cognitum ou cognitum habeo. Tout pareillement, cantâre habeo était l'ordre habituellelement adopté, d'où l'ital. canterà, franc, chanterai etc. C'est en ROUMAIN que s'est le mieux conservé cet ancien état de choses : au commencement de la proposition, seul le verbe attributif se rencontre, tandis que le verbe auxiliaire occupe toujours la seconde place : cf. venit-am (Math. 10, 35 : je suis venu) à côté de nu va pare câ am venit (10, 34 : il ne vous paraît pas que je (774) suis venu), citmpoeat-am voao {i nati jucat, plâns-am voao {i natî suspinat (je vous ai joué des airs et vous n'avez pas dansé, je vous ai plaint et vous n'avez pas soupiré), pune voiu duhul mieu pre élu {12, 18 : je veux lui donner mon esprit), veni-va hitleanul (13, 19 : le méchant viendra), duce-tne-voiu tarast întraita cetate (C. B. II, 15 i : je me rendrai de nouveau dans une autre cité) à côté de cà au vrut fi tarie (12, 21 : s'il y avait eu des merveilles), de ati sti (12, 7 : si vous saviez). Mais de bonne heure il se manifeste une tendance marquée à faire, dans tous les cas, l'enclise sur le verbe : cf. la ce mârs-ati (Math. 11 :

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