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Gommeiit on a remplacé les cas latins dispams

§ 40. Le GÉNITIF sert à marquer qu'un nom dépend d'un autre : filia regis (la fille du roi), amor patriae (l'amour de la patrie), tinior mortis (la crainte de la mort), classis mille navium (une flotte de mille vaisseaux), pondus auri (une livre d'or), magnus numerus jumentorum (un grand nombre de bêtes de somme), nomen pacis (le nom de paix), arbor fici (figuier). Ce qu'on entend par cette dépendance est chose fort diverse dans les différents cas, mais la langue ne s'en préoccupe gêné- (si) ralement pas et se contente tout simplement d'exprimer uniquement l'idée de dépendance. La sémasiologie peut établir une distinction entre un génitif subjectif et un génitif objectif, entre un génitif qualificatif et un génitif de prix etc., mais elle introduit alors dans le génitif une nuance étrangère, qui ne se trouve pas dans sa terminaison, mais bien dans la signification que prennent les deux substantifs en s'unissant. Aussi un exposé purement grammatical n'aura-t-il à s'en occuper que si certaines catégories de significations ont, précisément à cause de leur signification, adopté une forme nouvelle. Le roman ayant en général renoncé au génitif, il n'a subsisté des constructions avec le génitif que des débris tout à fait insignifiants, partie dans des mots composés, considérés aujourd'hui comme des mots simples (v. II, § 545), partie dans des expressions généralement plus ou moins consacrées qui, dans les langues non-flexion nelles, sont constituées par la juxtaposition pure et simple des deux substantifs, le substantif déterminant occupant ordinairement la seconde place, tandis que dans les langues à flexion il se présente au cas oblique, c.-à-d. que, dans certaines limites du moins, il se distingue par la forme du substantif déterminé. A part cela, le génitif a le plus souvent été remplacé par la préposition de. Nous pouvons étudier d'abord les cas restés le plus conformes au latin.

§ 41. Le ROUMAIN a coutume de mettre généralement le substantif déterminant au datif : casa vecinultd (la maison du voisin), palma mâîneî (la paume de la main), frîca câînelut (la

crainte du chien), în mijlocul T^arigradidut (au milieu de Constantinople), mànàstirea Bistriteî (le monastère de Bistritza), tara Frantieî (la terre de France), rîul Prutuluî (le fleuve de Pruth), luna lui Martie (le mois de mars), titnpul ïerneî (le temps d'hiver), floarea busuîoculuî (la fleur de basilic) etc. Toutes ces expressions ne sont pas également anciennes ni également répandues; les dernières notamment sont peu usitées et ne doivent avoir pris naissance que par analogie avec les autres. Quant aux rapports de ce datif avec le génitif latin, dont il remplit la fonction, la question n'est pas absolument claire. Certes casa vecinulul (au voisin sa maison) n'est pas (52) seulement en soi tout à foit compréhensible et représente même en réalité une locution populaire latine (v. § 45); mais, dans d'autres cas où ce n'est pas un rapport de possession que marque l'association des deux termes, on a peine à découvrir le passage du latin au roumain, et l'on devra plutôt admettre que ce sont les locutions exprimant la possession qui ont déterminé aussi l'emploi du datif quand il s'agissait de marquer une liaison particulièrement étroite. Les rapports du datif avec les périphrases par de et a seront étudiés aux § 227 sqq.

§ 42. L'ancien français et 1' ancien provençal se servent du cas oblique pour rendre le génitif latin, surtout lorsqu'il s'agit d'exprimer un rapport de possession et dans les limites indiquées au § 37 : il en résulte immédiatement que le substantif se trouve généralement au singulier; toutefois, le pluriel n'est pas absolument exclu, ni même parfois un mot auquel s'attache à peine encore l'idée de possession. Donc, outre les exemples déjcà cités, nous trouvons pro deo amiir dans les Serments, le rei gunfanuniers (Roi. 106, le gonfalonnier du roi), de roi cort (Rom. Past. I, i, 2 : de la cour du roi), en nom la vraie croii (F. Candie 138), la maisniée Pilât (S. Thom. 5323), li dui serjant sun pedj'e (Alex. 24), seur rive mer (Rom. Past. I, 20 : sur les bords de la mer), el ventre la baleine (Siège Barb. 99) etc., et encore au xvi^ siècle les asnes leur frères (Jodelle, Eugène II, 2, 49); en prov. la molher son senhor (Appel, C. 5, 55), lo filh sancta Maria etc. Ici aussi, le rapport entre le latin et le roman appelle une observation. L'identité

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