PLACE DES ADVERBES
place fixe devant le verbe, ni surtout devant le participe, même quand le verbe est très étroitement uni à un autre verbe : c'est ce que nous avons montré p. 822. En outre, déjà nous avons également exposé que, dans l'ancien roman, certains adverbes d'intensité se mettent devant le verbe : cf. p. 549 et en a. -franc, com fait mainte foie (J . d'Amiens V, 2, 13) et encore en franc, mod. combien je suis heureux, que vous êtes joli , tant dût coûter de peine Ce long enfantement de la grandeur romaine (L.) et (797) même en prov. prop a de y ans (Appel, C. 3, 134), en esp. mucho era mas blanca (Alex. 97) etc. Quand la conception se modifie. Tordre des mots change aussi; les adverbes en question s'attachent actuellement aux adjectifs, qu'ils renforcent alors, mais encore une fois le plus souvent en les précédant. D'une manière analogue on dit en français si . . . que, tant . . . que, conservant donc ainsi l'ancien ordre; l'italien, lui, unit l'adverbe à la conjonction : sicchè, tanto che. La place de ces adverbes est en somme tellement fixe qu'ils se déplacent avec l'adjectif : p. ex. un homme très intelligent — un très intelligent homme; il n'y a que le roum. prea voinic bun (un très bon guerrier) qui fasse exception; mais, vu la nature encHtique des adjectifs en roumain, la chose n'y est pas surprenante. Quand deux adverbes se rapportent à un même adjectif, le plus souvent ils restent placés devant lui, comme nous l'avons déjà montré au § 203 . Des exceptions comme l'ital. è più bella assai (Lasca 64), più ripieno a^^fli (126) peuvent être considérées comme des tournures oratoires, mais non grammaticales.