PROPOSITIONS DE QUATRE MEMBRES
l'ancienne langue; toutefois on emploie tout autant P. R. : 7nolt par out fier h vis (Roi. 142), qui mult ad grant le cors (3215). Le triomphe de l'ordre R. P. aura été provoqué aussi par la place assignée aux adjectifs attributifs. Enfin c'est la place de l'adverbe qui est la plus variable de toutes. Rare est la disposition S. A. V. R. : cf. Nairnes li dus puis establist la quarte (3036), mais li quens Guenes iloec ne volsist estre (332); mais i' est à noter qu'elle n'est usitée dans le Roland que si la césure tombe entre S. et A.; c'est seulement vers la fin de la période du vieux français qu'elle devient plus fréquente; au xvi^ siècle, elle est très employée par Rabelais, mais ensuite elle se perd bientôt entièrement. En revanche, la disposition S. V. A. R. est très en usa^e en ancien français : e si li metent el col un caeignun (Roi. 1827).
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§ 75t. Enfin, comme défnier cas, reste la disijosition conjonction, SUJET ET VERBE OU, ce qui revient au même, la disposition sujet -\- verbe dans un groupe de propositions formé par copulation. Or ici le vieux français présente un très remarquable état de choses. En eflfet, quand les deux propositions sont unies au moyen de si, l'on a V. S., ordre qui au contraire ne se rencontre pas dans les premiers temps avec et, ni, mais, car : on dit donc e li rois vint, mais li rois vint, car li rois vint, mais si vint li rois. La raison n'en est pas la même partout. Avec et, l'absence complète d'accentuation ou bien l'enclise sur le mot précédent, laquelle se présente également ailleurs (p. 809), exige un mot accentué et rend par conséquent le verbe impossible; ni se rattache à et', mais et car se trouvaient à l'origine, non derrière le membre de proposition, mais en avant (voy. § 550 et p. 661); il n'y a que si qui soit (803) un adverbe, lequel se rattache à ce qui suit : il détermine donc la même disposition que tous les adverbes (p. 835). Comme si et et ont un sens identique en vieux français, les poètes notamment pouvaient, selon que la disposition S. V. ou V. S. leur convenait mieux, recourir à l'une ou à l'autre conjonction. Mais alors, chose remarquable, du xiv« au xvi^ siècle on trouve très -souvent l'inversion après et aussi, ce qui a lieu surtout et plus longtemps quand le sujet est un nom, plus rarement
quand c'est un pronom. Il s'agit évidemment ici d'une influence exercée par la disposition adoptée après si, influence qui provient sans doute de ce que si est éliminé de plus en plus par et, sans que cependant l'ordre des termes en soit modifié. En ce qui concerne ensuite les conjonctions des propositions partielles, quand est la seule qui semble autoriser l'inversion, mais sans l'exiger non plus rigoureusement : cf. quant veit H pedre (Alexis 8) à côté de quant il ço veit (38) avec un sujet pronominal, ensuite quant Vot Rollan^ (Roi. 1196) à côté de quant Rollanx veit (mo) et de même encore aux xiv^-xvi^ siècles, de même d'ailleurs qu'en général, depuis le xiii'^ siècle, on aime beaucoup à mettre le verbe en avant dans les propositions partielles qui sont introduites par où ou par un pronom relatif. Il en résulte donc pour le vieux français cette très importante règle fondamentale que la place du verbe à l'origine dans les propositions partielles est tout à fait la même que dans les propositions complètes, et par là s'explique d'ailleurs peutêtre aussi qu'en ce qui concerne les pronoms-régimes atones, les propositions introduites par et et celles qui le sont par que soient mises sur le même pied (p. 800). — Par rapport au FRANÇAIS MODERNE, il faut ici mentionner une étonnante interversion des termes : elle consiste en ce que, dans les propositions RELATIVES, Contrairement à l'usage ancien, il emploie volontiers V. S. : les Romains voulaient briser ce renom d'invincibles qu avaient les Gaules d'Asie, on lui avait remis un bâton de berger sur lequel était gravé le nom de son maître, la place où s'était livrée la bataille resta commune etc., donc quand la proposition, indépendamment du relatif, se compose de V. S., ce qui ferait reculer le verbe à la fin. Les premières traces de cette disposition remontent jusqu'au xiii^ siècle; au xv^, elle est même en d'autres cas la disposition habituelle; plus tard se manifeste un retour à l'état de choses actuel, lequel aura été déterminé par un principe d'eurythmie.
§ 752. Il est vrai, après cela, qu'on ne trouve pas dans les
autres langues une situation aussi parfaitement régulière. Seul,
(804) le PROVENÇAL concorde en général avec le vieux français; il ne
s'en écarte surtout qu'en un point : c'est qu'après e et car aussi