INVERSION APRÈS LES CONJONCTIONS
V. S. est l'ordre le plus fréquent, avec quoi s'accorde le traitement des pronoms atones après e (p. 804). Pour les autres langues, il est indubitable qu'on peut y observer aussi la tendance à éloigner le verbe de la fin et à le mettre à l'intérieur de la proposition, à lui donner la seconde place, et c'est ce qui fait que, dans les propositions introduites par une conjonction, le sujet vient à se trouver après le verbe. Avant tout, quand on intercale un verbe déclaratif, dans toutes les langues romanes on a l'inversion. En dehors de là, le roumain se comporte avec une entière liberté; toutefois, du moins après 5/, la disposition V. S. paraît être fort recherchée : cf. si efirà spiniî (Math. 13, 7 : et sortirent des épines), ^i se apropiarà Turcii de xjdul cetâtiei (C. B. i, 402, 31 : et s'approchèrent les Turcs des murs de la cité), ^i fu hiruit Tsalapie (404, 29 : et fut vaincu T.), ^i péri Baiazet întracela ràihoiû (404, 19 : et périt B. dans ce combat), // périra atunce Turci multi fàrà numcir (41, et périrent alors maints Turcs sans nombre), etc. Sont aussi conformes à la règle des exemples comme într^una din ^ile se duse pustnicul pe marginea gârleî (Basme 146, 5 : un jour vint l'ermite au bord de la rivière), eu strugurî crescu copilul (147, 2 : avec les raisins crut l'enfant), dacà se mai mari copilul (4, lorsque devint plus grand l'enfant), cnm îl vàxurà meseniî (159, 16 : quand le virent les convives), pe când se veseleaii meseniî (158, 24 : pendant que se divertissaient les convives) etc., ^i atuînci manie sa acelû tmpàrat (C, là. 2^ 15 1 : et alors se courrouça cet empereur) etc. ; atuncî el se sculà de la masà (Basme 159, 12 : alors il se leva de la table) présente ce traitement différent du sujet pronominal que connaît d'ailleurs aussi le français, mais ^i atuînci acelu împàrat merse (C. B. 2, 150) s'en écarte encore une fois. Si l'on peut, en outre, au moins aussi souvent que dans le plus vieux français, rencontrer le verbe au commencement, même quand le sujet est un substantif, d'autre part un procédé tout à fait courant consiste à faire passer le sujet avant la conjonction dans des cas tels que împàratul deaca và^u cà atât de mult se roagà fitcà-sa, se îndupleca (Basme 158, 15 : l'empereur, quand il vit que tant priait sa fille, consentit), împàratul dupa ce làudâ pe fiicà-sà pentru alegerea sa cea bunà, se dete jos din scaunul împàrâ-
(80s) tieï (159, 19 : l'empereur, après qu'il eut loué sa fille pour le bon choix qu'elle avait fait, descendit du trône impérial).
§ 753. Si nous faisons abstraction du rhéto-roman, qui subit fortement l'influence de l'allemand surtout en ce que le sujet peut suivre le verbe dans tous les cas où le fait arrive en cette langue, et si nous considérons I'italién, nous le voyons présenter à peu près le même état de choses que le roumain, à savoir le verbe en second lieu, l'inversion du sujet lorsqu'un adverbe est en tête, et la construction R. V. S. en somme rare. Comme exemples tirés de l'ancienne prose, cf. a tanto si chiama la reîna Governàle (Trht. vice. 99, 16), eppoi si si trasse Tristano (98, 30), allora disse Tristano allô ree (98, 16), allora disse lo ree (98, 13), mais e Tristano disse (98, 19), e lo ree Languis disse a Trista?w (<)8, 26), où l'on voit donc encore une fois e occuper cette place isolée que nous avons déjà observée p. 798 et p. 837. Si nous laissons de côté les autres particularités, nous n'avons plus à examiner ici que les pronoms atones. La grammaire actuelle exige l'ordre : datif-accusatif, par conséquent telo do aussi bien que glielo do, et dès lors te ne daro etc. Mais l'ancienne langue est d'accord avec le vieux français : cf. io la ti dono (Nov. 20), ditehni (40), se lifece innanzj (35)> et jusque dans ces derniers temps on rencontre des tournures de ce genre chez bien des écrivains. Mais d'un autre côté on lit aussi déjà chez Sacchetti : Rinuccio gli si gettava addosso (159), g' mi ti pare conoscere (135) etc., puis tornamelo a dire (Serc. 363), telo vo dare (39), voi me ne dare (39) etc., de sorte donc que dès le début les deux constructions paraissent être pos- SI blés. . = ■ .
§ 754. En revanche, I'Ouest présente de plus grandes divergences : l'ancienne prose espagnole notamment et parfois aussi la prose actuelle jouissent d'une liberté qui fait qu'il est presque impossible d'établir des règles suffisamment générales. Ainsi l'on trouve p. ex. dans l'Amadis une tendance assez prononcée à assigner, dans les propositions partielles, la dernière place au verbe : cf. si en adulterio se hallaba (4 b), la gran cuita e soledad en que su amiga dejaha (4 b), muchos reyes reinaron que esta ley sostuvieron (4 b), una câ?nara la cual por consejo de