‹ Grammaire des langues romanes;Chapitre 266 sur 269 · F. GROUPES DE PROPOSITIONS · texte numérisé non relu

F. GROUPES DE PROPOSITIONS

§ 760. En ce qui regarde la formation des groupes de propositions, il peut y avoir, au point de vue du groupement, trois combinaisons à considérer. La formation de ces groupes peut avoir une influence sur la disposition des membres de la proposition, ainsi que nous l'avons déjà montré p. 837 en ce qui concerne le verbe notamment en français, p. 798 en ce qui concerne les pronoms-régimes pour les autres langues également. Ici aussi l'on peut ranger le cas où, dans deux propositions juxtaposées et se trouvant l'une avec l'autre dans un rapport conditionnel, le sujet dans la proposition partielle vient après le verbe : en a. -franc, fiist i li reis, ni oussum damage (812) (Roi. 1102); cf. d'autres exemples p. 606. Sans doute, à vrai dire l'ordre n'est pas ici déterminé par la nature du groupe; car, ainsi que nous l'avons montré plus haut, il s'agit à l'origine de propositions interrogatives ou optatives; mais, dans le génie actuel de la langue, c'est pourtant l'ordre des propositions qui exprime leur rapport réciproque. Ensuite la répartition des membres d'une phrase en proposition verbale et proposition partielle peut revêtir un autre aspect, et notamment le sujet de la proposition partielle peut être attiré sous une forme quelconque dans la proposition verbale. Enfin une proposition partielle peut à son tour se composer d'une proposition verbale et d'une proposition partielle, et l'on se demande alors de quelle manière s'accomplit le groupement à.ts trois propositions. Ce sont les deux seuls points qui doivent encore être examinés

§ 761. Dans un grand nombre de cas, le sujet d'une proposition PARTIELLE est attiré dans la proposition verbale, et alors ou bien la première s'unit à la seconde comme à l'ordinaire en quaUté de proposition-régime ou de proposition-sujet, ou

bien aussi c'est une proposition relative qui prend la place d'une autre proposition partielle. En ce qui concerne d'abord des cas comme le roum. iarà el nice darurile nu vru sa le le (C. B. I, 403, 27 : mais il ne voulut pas même qu'on portât les présents), peut-être s'agit-il simplement de ce fait que vru sa ie est considéré comme une unité, et de même dansl'esp. non quieras este pleito que caya en oblido (Berceo, Sil. 324), quiero de Jos thesoros que me dedes pitanxfi (131), otro creeo poder afermar que tomarà una en Jaen (Caballero, Novelas 14) il s'agit d'autres phénomènes. Dans les deux premiers exemples, en effet, celui qui parle veut d'abord juxtaposer simplement la proposition-régime et à cette fin, de la même manière que dans les cas examinés au § 537, il place en avant le régime; mais ensuite il continue cependant par une proposition avec que. Le troisième cas est semblable à celui du roumain, en ce que creeo poder afermar que est une idée intercalée ou bien, comme on le voit, n'est pas non plus la continuation proprement dite de ce que celui qui parle avait commencé à exprimer avec otro. De même l'ital. con chi sai tu che ahbi a fare (Arioste, Cass. 3, 6 : avec qui sais-tu que tu as à faire ?) est un exemple d'une nature spéciale à cause du croisement qu'on y constate entre deux interrogations. À part ces cas donc, après les verbes de perception on trouve le sujet de la proposition partielle faisant fonction de • régime direct de la proposition verbale : en roum. ga:{da Vam

(813) và^ut cà are 0 salbâ de aur (Gaster i, 222, 13 : l'hôte, je l'ai vu qu'il a un collier d'or), en a. -franc, quant Marcadigas son Jill voit Comment les rens frémir faisoit (Cléom. 8')^^,forche sai jeo mont bien que vous pas nen avex^ (Doon 2616), en prov. be sabet^ lo vasal qui es (Appel, C. 5 , 42), tu vees este conviento, de cual guisa mormura (Berceo, Sil. 453), quel guardase el yerno como tornase sano (Appoll. 260), en a. -port, bem soube elle cada hûu, queni eram (Graal 109), 0 rei ja sabia a gente que era (Lus. i, 104). Plus souvent encore le sujet se présente en qualité de régime relatif: en roum. vom au^i de sotul mieu ce s' au fàcut (Gaster 2, 69, 23 : je veux entendre de mon compagnon ce qu'il a fait), en a. -franc, de Vivien vous pri que li aidie:({Cov. Viv. 1207), Otes s'en escon dit moût fort Del message, que il nel pot (Thèb. 3703), de chascune dire vos dei Quaus dras orent et

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