ADVERBES EMPLOYES COMME PRONOMS
de choses plus ancien et i'aut-il partir de ne comme représentant (80) de loro dans son emploi originel de génitif ou plutôt de possessif, d'où naquit ensuite facilement son emploi comme datif. Mais, comme un adverbe de ce genre n'était pas attaché à une personne déterminée, il a pu passer d'autant mieux à la première du pluriel que l'initiale n- correspondait à celle de ko/ accentué et de l'ancien no atone. Un emploi analogue de nnde, qui est peut-être issu de inde, a laissé des traces en roumain : cf. el {i as adtisc aminte càfemea sa era însàrcinatâ ^i unde àl coprinse un dor de dînsa (Basme 60, 15 : il se rappela que sa femme était enceinte, et c'est pourquoi il en eut pitié).
§ 65. Ensuite, d'une manière absolument analogue, ihi et ses représentants, c-à-d. l'ital. vi, ci, le franc, y, le prov., a.-esp., a. -port. /, sont employés dans tous les cas où figure autrement la préposition ad; mais, pour le datif pur et simple, il est plus rare : cf. en ital. ci penso, franc, fy pense, en ital. ci rispondero, franc, fy répondrai, en prov. tant i pessa (Boèce 135) et aussi ni seive^i no i aun ufert tan (Appel, C. 88, 11), en a.-esp. meted y las fes (Cid 120), non se si en tr are y mas (220), crece nos y honra e tierra e onor (3413) etc., en a. -port, e elle se outorgou hi bem (Graal 106). Ici aussi la langue moderne évite de faire rapporter l'adverbe à des noms de personnes; cependant on lit encore chez Molière ne vous y (à Élise) fiez^ pas beaucoup (Crit. 3). Ensuite I'italien a encore introduit l'adverbe dans des cas comme zwrà da noi? Si, ci verra. E stato da voi? Si, vi ê stato; or, comme ici l'on pouvait facilement reconnaître dans ci, vi des représentants des pronoms personnels, ils s'introduisirent aussi bientôt dans tous les autres cas à la place de a noi, a voi atones et même de noi, voi; et alors donc, comme vi s'associait facilement par sa forme à voi, on put aussi maintenir ainsi entre les deux particules ci (ici) et vi (là) une distinction perdue ailleurs. Comme nous l'avons déjà remarqué II, § 83, ci reçut dans les patois une extension encore plus considérable : ainsi l'on dit p. ex. en sicilien diricci (lui dire), cci dissi (il lui dit); sur \q ge lomb. correspondant, il n'y a non plus rien à ajouter ici.
Faut-il aussi, comme nous l'avons admis au t. II, § 84, citer ici (8i) l'a, -franc, et prov. i (dans le prov.. /oy = h 11)7 Cela est douteux
après les objections formulées là-contre par Ebeling, Auberée, Obs. sur le vers 655. — L'étymologie de ge reste indifférente pour la question de sens; toutefois, pour être complet, on peut signaler ici l'article de C. Salvioni en faveur de la combinaison- ancienne de ge avec vi (Stud. fil. rom. VII, 195) et celui de P. E. Guarnerio, qui fait aussi remonter à UùXq sarde hi (Arch. Glott. XIV, 191, i).
§ 6G. Tout autre est la façon dont, en sicilien et en roumain, les adverbes prennent la place du pronom-régime neutre après les verbes « entendre » et « voir » : cf. en sic. vittinu akkussi (Fiabe io8, ils virent cela), siniennu akkussi (92, entendant cela) et aussi dissi akkussi (i 10, il dit cela); en roum. au:{i asa (Basme 133, il entendit cela) et autr. sembl. Dans tous les cas, il s'agit d'exprimer la manière dont une action s'accomplit, sans nouvelle mention de l'objet précédemment énoncé auquel cette action se rapporte.