‹ Grammaire des langues romanes;Chapitre 65 sur 269 · REDOUBLEMENT I7I · texte numérisé non relu

REDOUBLEMENT I7I

un nomato Saidas vicino del ditto Josafac a muro a muro (Serc. 32e), a corpo a corpo (Leop. 132) et aussi tretno a verga a verga (Lasca 125, 26), ensuite a poco a poco (peu à peu), a foglio a foglio (feuille à feuille), a solo a solo (seul à seul), ad ora ad ora (de temps en temps), a uno a uno (un à un), a due a due (deux à deux) etc. En pareil cas, les autres langues n'emploient qu'un seul a (§ 251); on pourrait donc peut-être admettre que la tournure italienne est le résultat d'une tendance à assimiler entièrement les deux membres, c.-à-d. encore une fois de la préférence accordée au redoublement : a corpo a corpo serait donc une modification de la tournure plus ancienne corpo a corpo.

§ 135. C'est encore un autre phénomène que ce redoublement du verbe qui est propre au Tyrol et au canton des Grisons : cf. en lad. tem^i me terni (Stories 17, 103 : craindre je crains) au sens de « je crains beaucoup », inviç per he's invieiel (201, inviter c'est pourquoi il invite), mankye ne mankya Fridolin (217, manquer il ne manque pas Fridolin), aldi i aldiven (246, on l'entendait) etc., en bas-eng. nir vâinal (il vient certainement), savair sal çr çll, mo nô usç bain (lui aussi le sait effectivement, mais pas aussi bien), fivrar Ha tii na Hvras kwest lavur fris duman, si (si tu ne livres pas ce travail pour demain, alors. . . .). Si l'on considère que l'infinitif dans ces exemples occupe toujours la première place, peut-être pourra-t-on expliquer cette tournure de la manière suivante. Nous devons prendre comme point de départ la question et la réponse prononcées sous l'empire de l'émotion. Ainsi, pour nous en tenir (167) au premier exemple, on raconte quelque chose qui, de l'avis du conteur, pourrait provoquer de la crainte chez un des auditeurs ou chez tous. Un d'entre eux repousse cette pensée en demandant avec indignation : « Craindre ? ! Je ne crains pas. » En conséquence, à l'origine il devait y avoir une pause entre l'infinitif et le verbe personnel. Plus tard, naturellement, la formule finit par devenir, comme expression de l'intensité d'une action, plus fixe et par conséquent plus générale. Cf. l'Appendice.

Indépendamment de ces phénomènes que nous nous bornons à indiquer, il yen aurait encore à mentionner toute espèce d'autres, à

propos desquels on peut se demander s'ils appartiennent plutôt au domaine de la stylistique ou de la grammaire. Consultez p. ex. ce que A. ToBLER réunit sous le titre de Asyndetische Paarung von Gegensàtien, Beitr. 2, 1 14-150 et les travaux qui y sont cités.

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