SUBSTANTIF ET ADJECTIF I
mais qui représente proprement de bon aire et qui, dans l'ancienne langue, avait pour pendant de put aire; cf. en prov. la plus de bell aire (Flamenca 117). La formation est un peu différente dans le norm, dôrible (II, § 408), où l'expression qui adopte une signification adjective, d'heure, a reçu également un suffixe adjectif. En somme, les langues romanes affectionnent bien plus vivement que l'allemand et même que le latin cette façon de remplacer les adjectifs par des périphrases; c'est ainsi notamment qu'elles ont complètement délaissé les adjectifs de matière, de sorte qu'à un lat. corona aurea elles opposent en (13) roum. cununà din aur, en ital. corona d'aro, en franc, couronne d'or, en esp. corona de oro, en port, corôa de ouro, usage dont on peut déjà montrer les commencements dans la langue populaire de Rome à l'époque impériale. Pour les indications d'âge et pour désigner des qualités plus abstraites, de est également préféré : en ital. un tiomo di quaranf anni, franc, un homme de quarante ans, esp. un honibre de cuarenta ahos, port, um homem de quarenta annos; en ital. uomo di merifo, divalore, di ialenio, franc. homme de mérite, de courage, esp. hombre de pecho, de mérito, etc. Puis c'est aussi de là que vient, dans les premiers temps surtout, l'emploi si fréquent de combinaisons comme l'ital. quésta mi sembra più bell a e di maggior valuta (Nov. 8), pochi e di picciolo conto (Leop. 128), l'a. -franc, les plus sages de la cité et de plus grant nobileié (Thèb. 8203), le prov. rey oduc cuit 0 marques valer 0 d'aussor paratge (Uc Brun. 2, 55), l'esp. rico y de gran linage (Amadis 12 b), era f also y de relumbron (J. Valera, Com. Mend. 125). C'est encore ici qu'il faut placer l'ital. uno d' assai cittadino (Sacch. 68), una d'assai femmina (Lasca 127, 17), un uomo dabbene, puis non sarà di disturbo (De Marchi, Giac. id. 10), le franc, cet achat d'hier au soir (Bourget, Id. trag. 132), l'esp. todas las cosas depor ahiQ. Valera, Com. Mend. 31). Cf. encore d'autres exemples semblables au § 251.
n. Les Adjectifs Verbaux
§ 10. Les participes appartiennent aussi bien au système verbal qu'au système nominal : considérés dans leurs formes, on a l'habitude de les étudier (bien que peut-être on puisse
contester la légitimité de ce procédé) au chapitre de la conjugaison; mais, envisagés dans leur signification, ils ont beaucoup plus de points de contact avec le nom qu'avec le verbe. Des quatre formes latines cantans, cantatus, cantandus et cantaturus, les deux premières ont seules persisté, tandis que la troisième n'a laissé que de rares débris pétrifiés (II, § 512) et que la quatrième a disparu sans laisser de trace. Sans doute le participe futur passif lat. cantandus et le gérond'ii cantandi, -0 etc. sont une seule et même forme, et l'ablatif de cette dernière est demeuré en roman; mais cet ablatif est une forme qui reste toujours invariable, quels que soient le genre et le nombre du mot qui s'y rapporte, lequel est variable : il est donc dépourvu (14) précisément des caractères formels les plus essentiels des adjectifs, ce qui ne permet pas de le considérer comme un adjectif verbal. Il ne reste donc que le participe en -t et le participe en -nt, pour employer les dénominations les plus exactes, car celles de participe passé et participe présent, généralement usitées, éveillent des idées inexactes.