‹ Grammaire des langues romanes;Chapitre 70 sur 269 · NOMS PROPRES AVEC ARTICLE · texte numérisé non relu

NOMS PROPRES AVEC ARTICLE

de la manière différente dont le nom de famille s'y est formé. En effet tous les noms de famille italiens, ou du moins une grande partie, sont originairement des pluriels : cf. Cosimo dei Medici, Francesco de Sanctis et beaucoup d'autres, surtout dans les premiers temps; cette particularité entraîna la possibilité et presque la nécessité de faire connaître par le prénom un membre isolé de la famille ou bien de l'individualiser précisément par la forme déterminée du nom propre. De cet emploi se distingue essentiellement l'usage français et espagnol qui consiste cà préposer l'article au nom de famille, notamment des femmes mariées; cf. en franc., quand il s'agit de femmes célèbres surtout : la Champmêlé, une ancienne actrice de r Opéra comique, la Darimat, la Du Parc, mais aussi d'ailleurs : c'est celui qui épousa la Villain-Isenghien, dont il a eu le comte de Solre qui épousa la Bournonville (S. Sim. 6, 499), Tu t'es fiée aux discours de la Chaillot (Rouss. 6, 77), mais cela est vrai, petite, dit la Montmichel (V. Hugo, N.-D. VII, i) etc., en esp. la Gon^àle^^, la Osorio etc., ce qui doit s'expliquer par l'impossibilité qu'il y avait de désigner autrement le sexe de la personne, qu'il était important de connaître dans ce cas. Enfin, quant aux prénoms, la règle du langage courant en Italie est de n'adjoindre l'article qu'à ceux de femmes : vengo, gridà Janu alla Nedda (Verga, Vita Campi 21), la Nedda si fece rossa (33) etc.; le portugais ne connaît pas cette limitation : cf. Pedro aproximou-se d'ella. Nunca mais, murmurou-lhe a rapariga ao ouvido, iornes a ja^er uma destas, Pedro. Tambem nào sei conio a Guida vos deixou entrar assim. Eu Wo direi. Ora vamos Clara, disse Pedro, auxiliando a na tarefa da réga, nào vas agora ralhar com a Margarida que mais embaraçada ficou ella ainda do que tu. Sim? ! . . . A Margarida é outra cotisa. O snr. Daniel nào fallou ainda com a Margarida ? continuou (182) Clara .... O Pedro que diga. Pedro fe:( um signal de assentimento (Diniz, Pup. 78). Dans quelle mesure les autres langues sont-elles d'accord avec celles-ci ? C'est ce qu'il reste encore à chercher. Le prénom est donc tout à fait descendu au rang des appellatifs ou, pour être plus exact, la forme déterminée du nom propre devient si bien, dans renonciation, la forme normale qu'elle se présente alors aussi dans des mots qui sont

de leur nature déjà déterminés. Or, grâce à cette particularité, ces mots à leur tour se divisent aussi, quant à la forme, en deux catégories psychologiques particulièrement importantes, l'apostrophe et renonciation : conformément au § 176, Pedro en tant qu'apostrophe s'oppose nettement à 0 Pedro qui s'emploie dans renonciation, tout justement comme, dans Poeta et 0 Poeta etc., l'apostrophe et renonciation se distinguent aussi dans la forme. On ne voit pas clairement pour quel motif l'italien fait ici une distinction entre noms masculins et noms féminins.

Cf. pour le roumain l'étude approfondie de E. Bacmeister, Rum. Jb. IV, 39-50.

§ 151. N'ayant à l'origine que le singulier, lej^ substantifs ABSTRAITS ne sont pas muiiisjle l'article en ancien roman. Et, en réalité, c'èsFaTnsi qu'on lit en roumTneaereptate nu scà^u de calea lui (Cod. Schei. 54, 12 : l'injustice ne s'est pas retirée de son chemin), vine blanzje spre noi (89, 10 : il vint de la douceur sur nous), toarnà reu vràjmasilor 7nieiÇ^}, 7 : l'injustice retourne contre mes ennemis), copere rusirefata nie (68, 8 : la honte couvre ma face) etc., en ital. giusti:(ia mosse il niio alto fattore (Dante, Enf. 3, 4), pietà mi vinse (5, 72), consuetudine è una seconda natura (Giusti, Prov. 17), affeT^ione accieca ragione (19) etc., en a. -franc, crienie de mort chàit sur mei (P. O. 54, 4), purquei ame:{ vus vanitet et quere:{ menceunge (4, 3), cesse de ire e déguerpis de furur (36, 8), //' tuen oil veient oeltei (16, 3) et ainsi encore au xvi^ siècle : cf. faisant justice à vertus succéder (Rab. 3, i), comme vertu est de tous . . . estimée, aussi meschanceté est tost cognue et suspecte (i, 47), en esp. moviolos piadat (Berceo, Sil. 593), non le prendie talento (9), a algunos envidia lis tomaba (25), mas en los clerigos ovo envidia a nacer (S. Mill. 100), pusieron en su lengua virtut de prophecia (Sil. 260), oraba por los enfermas que dièse sanidat, (i8î) a los encaptivados que dièse enguedat (Berceo, Sil. 76), con aiuda del Criador (Cid 2503), assil prende sabor (3228), verdad digo (2954), espantada de mudan^a tan sùpita (Amadis 2 a), por ganar en los cielos alegria complida (Berceo, Sil. 61) etc.

Même si les noms abstraits se trouvent au pluriel , ils

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