‹ Grammaire des langues romanes;Chapitre 79 sur 269 · B. COPULATION · texte numérisé non relu

B. COPULATION

§ 209. La copulation de deux mots s'opère principalement au moyen de prépositions et de conjonctions; quant à la différence, au point de vue de la forme, entre ces deux espèces de mots dans les langues à flexion, elle consiste en ce que les prépositions indiquent le cas du mot associé à un autre, tandis que les conjonctions n'exercent sur le cas aucune action : cf. en ht. pater cum matre à côté de pater et mater; au point de vue du sens, la différence consiste en ce que, dans le premier cas, le second substantif est subordonné. Dans les langues dépourvues de flexion, la première distinction tombe naturellement, et la seconde semble parfois s'effacer, ainsi notamment dans la copulation avec cum donnée en exemple. En effet, dans toutes les langues romanes on peut dire pater cum matre veniunt, ce qui ne se différencie donc en rien de pater et mater veniunt, mais plutôt atteste une complète assimilation des deux substantifs; en revanche, la tournure également possible pater cum matre venit exprime à toute évidence, par le singulier du verbe, la subordination de cum matre à pater. Dans ces conditions, on pourrait bien soulever la question de savoir si, dans de semblables combinaisons, il subsiste encore entre et et cum une différence, si cum aussi n'indique pas plutôt la simple

(245) copulation. Que cum occupe en réalité, parmi les prépositions, une place à part et se rapproche des conjonctions, c'est ce qu'atteste le roumain (§ 179); dès lors il est bien légitime d'examiner au § 218 la copulation des noms de personnes au moyen de cum. Il est vrai que la complète identification avec et et sic n'est pas encore accomplie, vu qu'au sens d'une conjonction ciim ne se rencontre qu'avec des noms d'êtres vivants. Les observations qui précèdent sur cum s'appliquent encore à plus forte raison à inter ... £/ (§ 2 1 7), locution où inter ne fait absolument plus l'effet d'une préposition. En général l'étude de la copulation fournit, bien plus encore que les chapitres traités jusqu'ici, l'occasion de constater combien peu solide est la division habituelle des parties du discours. Déjà p. 74 et 75 on a montré que la particule comparative cotno est souvent assimilée à une préposition, c.-à-d. qu'elle exige après elle un pronom au cas prépositionnel. Inversement la préposition espagnole segiin (selon) est traitée comme un adverbe : cf. segûn tû yo estoy en pecado mortal porque visto bien (Galdôs, L. Roch I, 152). Comme pour la juxtaposition, il faut aussi pour la copulation distinguer entre coordination et subordination. A la première classe n'appartiennent généralement que des mots de même espèce, c.-à-d. des substantifs s'unissant entre eux ou avec des pronoms, etc. Il faut peut-être observer que, dans la copulation coordinative d'êtres différents, mais appartenant au même genre, les Romans peuvent employer alter avec le second membre et les suivants, tandis que les Allemands ne se servent de « ander » que lorsqu'il s'agit d'unir le nom d'une espèce particulière à celui du genre : ils disent donc Gold und andere Metalle (de l'or et d'autres métaux), alors qu'en ital. on a roro e Valtro argento, franc. l'or et l'autre argent, esp. el oro y la otra plata, port. 0 ouro e a outra prata. La répartition de la matière est en somme déterminée par la distinction entre coordination et subordination. Pour cette dernière, il faut en outre considérer si les éléments associés sont de nature identique ou dissemblable.

COPULATION COORDINATIVE

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