‹ Grammaire des langues romanes;Chapitre 81 sur 269 · émet une auir expression devrait être décompo · texte numérisé non relu

émet une auir expression devrait être décompo

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§ 213- 214- COPULATION AVEC et, diit ET nec 259

de laquelle on fait, il est vrai, remarquer que e ou 0 serait mieux), en a.-ital. Quanta io di let parlai ne scrissi Fu brève stîlla d'infiniti abissi (Pétrarque, Sonn. 295); en obw. il est renforcé par er (aussi) : for^a che jau mora o:{ ner damaun (Barl. 264, 22 : peut-être que je mourrai aujourd'hui ou demain), sche viess figl veng hauer il soleigl ne il luft (Oct. 284, 5 : si votre fils aura le soleil ou l'air). Pour le développement du sens, v, § 214.

Pour l'obw., cf. AscOLi, Arch. Glott. VII, 538, qui prétend aussi que la forme ne n'a pu naître à son tour que de ner. Sur Yui dans la (250) formule de confession en ancien italien du Sud (Arch. Glott. VII, 129), je n'ose émettre aucun avis. La phonétique s'oppose à ce qu'on le tire de vel, qui serait devenu vi; mais on ne peut pas davantage le rattacher sans difficulté à aut, de sorte que Ascoli a peut-être raison de le corriger en ni. En revanche, il serait permis de considérer l'a.-sicil. oi (L. Viz. Virtù, etc.) comme venant de 0 joint à Vi de mai et pini.

§ 214. Lorsqu'on associe deux mots que l'on nie, au lieu de et et de la négation avec le second, on emploie nec sous les formes signalées au t. I, p. 538-9. Comme en général les verbes seuls sont susceptibles de recevoir une négation, nec se borne d'abord à unir deux verbes : le lat. non possum nec volo devient en roum. nu pocïû nicî vdiû, eng. num pos ni vôf, ital. non posso ni voglio, franc, je ne peux ni ne veux, esp. non puedo ni quiero, port, nâo podo nem quero. Au contraire, lorsqu'il s'agit d'unir une affirmation et une négation, l'italien seul se sert de ne; toutes les autres langues décomposent nec en ses deux éléments : en ital. venne ne voile andarsene, mais en franc. // vint et ne voulut pas s'en aller, esp. vino y no quiso andarse, bien qu'ici ni quiso andarse ne soit pas sans exemple. Mais maintenant, si nous entrons dans le détail, l'emploi de nec prête encore à toute espèce d'observations. Lorsque deux sujets ou deux régimes différents se rapportent à un verbe accompagné d'une négation, ils peuvent en provençal et en hispano-portugais être unis par nec : en prov. lo poders ni ' l semblans no es en mi, esp. en toda mi vida me han sacado diente ni muela (D. Qiiich. I, 18), port. Codro nem Curcio . . . Nem os Decios . . . Ji:(eram tanto (Lus. 4, 53). Mais, un phénomène plus important, c'est

l'emploi fréquent de nec lorsqu'on attendrait logiquement et, au point qu'il a même fini par prendre entièrement la place de et ou aut (v. § 211 et 213). Tel est surtout le cas avec les comparatifs, dans les propositions subordonnées qui dépendent d'un verbe accompagné d'une négation, et dans les phrases interrogatives, qui comme telles occupent une place intermédiaire entre l'affirmation et la négation, enfin après la préposition sine qui, elle aussi, renferme le sens d'une négation : cf. en prov. ans me son tug plus que fraire ni (?«d^ (Appel, C. 26, 9), qui pot dir ne saber, anc no fo cavaliers qui fos tan pros ni tan lares, ses porta ni ses clau. Il en est de même en a. -franc, lors fu plus fiers que liepart ne lion (B. d'A. 349), (251) ni a un seul, tant soit espoentés Ki tiegne vraiement ne foi ne loiautés (Fier. 20), Voir ne seroit pas avenant Que au pié me venist la suer Mon seignor Gauvain a nul fuer Ne sa niece (Ch. Lyon 3980), sans barat ni sans tricherie et autr. sembl. L'espagnol aussi fait un usage analogue de son ni : primera que los ofendas ni agravies (Calderon, Vida Sueiio i, 310), los mds famosos hechos que se han visto ni verân (D. Quich. I, 5), seu ahadir ni quitar un tilde et autr. sembl. Cf. encore Chap. 5.

DiEZ, Grammaire (traduction française) III, 402 et K. Appel, Chrest. sous le mot ;//, font encore, à propos de ni substitué à et, une autre distinction basée sur la nature de la phrase. Mais déjà Perle (Zs. II, 20 sq.) a remarqué avec raison que pareille distinction n'était pas admissible parce que, en réalité, ni a précisément pris sans restriction la place de et ou aut, sans toutefois les éliminer entièrement. Donc, dans ce qui précède, nous devions nous borner à indiquer les différents points de départ de cette extension.

§ 215. Dans les cas examinés jusqu'ici, une conjonction marquait, par le fait d'être placée entre deux mots, le rapport qui existe entre ces mots; mais la conjonction peut également

ACCOMPAGNER LE PREMIER MOT AUSSI BIEN aUE LE SECOND, et

rendre ainsi plus fortement marquée la copulation ou la disjonction. C'est ainsi que nous avons déjà en latin et-et Çet-Qt), autant (ou-ou), nec-nec (ni-ni). L'usage latin dans son ensemble a persisté jusqu'aujourd'hui en roman, sauf naturellement qu'on a fait choix, pour remplacer et et aut, des mots cités aux § 210

§ 215- 2lé. COPULATION AVEC CONJ. RÉPÉTÉE, COMPARAISON 26 1

et § 211; on dira p. ex. en wum. fàrà milà mas junghia si pt mine si pe ea (Doine 124, 3 : sans pitié je m'aurais égorgé et moi et elle), au ti-i foame au ti-i sete au ti-i dor de codrul verde? (Doine 264, 3 : ou as-tu faim ou as-tu soif ou as-tu regret de la forêt verte?), nid càlar nid pedestru (Gaster II, 136, 12 : ni à cheval ni à pied), en ital. ho già veduto tnolte sveniure e mie ed altrui, 0 l'amico non lo raccontava 0 mè uscito di mente, ne fame ne freddo gli fece perdere il coraggio, en franc, satisfaire aux devoirs et de sœur et de femme, il faut ou vaincre ou mourir, ni la faim ni le froid ne lui fit perdre le courage, en esp. el (252) motivo 0 no subsiste hoy 0 se desestima, brios que me prometen 0 ya remedio 0 ya vengan:(a (Nov. ej. 260), ni de noche ni de dia, et il en est de même en portugais. Il faut rappeler, ce qui résulte déjà de ces exemples, que l'espagnol et le portugais modernes n'emploient plus y-y, e-e et que seuls les vieux écrivains tels que Fra Luis de Léon, Montemayor etc. restent fidèles à l'usage latino-roman. En revanche, la langue de l'ancienne épopée française y recourt avec une prédilection presque fatigante pour nos habitudes actuelles : cf. s'iert ses escu^ et troe^ et perciez^ (Cour. Louis 3 69), envers la gent el orgoillose et maie (432), vuelt returner et ses nés et ses barges (439), puis l'en font croi^ sor son helme d'acier, contre le cuer et devant et derrier (597) ^tc, et d'une manière analogue tant soit ne fels ne aspres (401), ni demorra ne calice ne chape (442) etc.

§ 216. On peut également unir deux termes au moyen d'une COMPARAISON : en ital. Dante corne Petrarca, en franc. Louis XI F comme Napoléon avec le sens de « Dante et Pétrarque », « Louis XIV et Napoléon ». La langue qui pousse le plus loin cet emploi, c'est le roumain : il a complètement abandonné et au profit de la particule originairement comparative si (§ 210). Les autres langues sont plus réservées et sur ce point se comportent parfois de manière assez inégale. A côté du simple corne, I'italien emploie également si-si, si e si ou bien, pour établir une corrélation plus complète, cosï-conie : cf. 0 quanto niera cid caro ad udire, si per colui che il diceva, si per i miei cittadini (Boccace, V.), m'apparecchiava a sostener la guerra si del cammino e si délia pietate (Dante, Enf. 2, 'y'), pente

mi cost di quel come degli altri mali (Purg. 22, 45), sï Luisa che Franco scrivevano (Fogazzaro, Picc. Mondo 354). En français, on rencontre surtout comme et ainsi que : Bacchus ainsi que Hercule, un fourneau à pétrole était là ainsi que toute une petite batterie de cuisine (Zola, Lourdes 45), les deux pères de l'assomption ainsi que l' aumônier (179) etc., puis aussi bien que et de même que. En hispano-portugais, asi-como a complètement éliminé le lat. et-et : en esp. asi los reyes como los sûbdi- (253) tos, asi yo como Usted, asi homhres como caballos, et aussi asi bien . . . como : asi bien los reyes como las personas particulares, en port, assim na pa:^ como na guerra, ou simplement como : cobriu Faria de improperios grosseiros bem como os seus compatriotas (Gomez de Amorim, Am. Patr. 164), et aussi tanto . . . como : tanto elle como ella. Ainsi qu'on le voit par ces exemples, cette tournure n'est employée que pour unir des noms et des pronoms.

§ 217. Il faut ensuite examiner une façon particulière d'unir entre eux deux substantifs ou pronoms qui est encore actuellement usitée en italien ei: en espagnol, mais qui fut jadis aussi très recherchée en français et en provençal. Une action ou une manière d'être collective est présentée comme une chose qui se passe entre deux personnes, et l'on place la préposition inter devant les deux mots unis entre eux par et. En italien et en espagnol, mais rarement en vieux français, lorsque toute l'expression fait office de sujet, elle peut malgré la préposition se mettre au nominaif : cf. tra per grave angoscia 0 per paura morte si erano (Bocc, Dec. 2, 7), tra per questo e tra per le faccende che in campagna or sojio grandissime penso a ricondurmi tra poco in coteste parti (cf. encore p. 75), en a. -franc, ase:^ lur at dunet entre or fin e aryent (Voyage Charlemagne 78), Sis ceuT^ e seissante homes je perdi en un jor entre nwrx^ e nafre^ (Rou 41 12), nos irons el mesage entre mei e Ogier (R. Mont. 59, 3), entre Cardrooain e s' amie V eussent en prison menée (Durm. 106 14), en prov. ni an donat gran trebalh entre n'A^emar e ' n Richart (Appel, C. 66, 10), en esp. entre oro e plata fallaron très tnil marcos (Cid 1745), entre Rrachel e Vidas aparté ixieron amos (191), entre yo y ellos en vucstra merced somos nos

§ 217- 2 1 8. COPULATION AVEC inter -et, cum 263

(2097) et de même encore aujourd'hui. En ce qui concerne la signification, il faut observer que cette tournure a une valeur partitive lorsque les substantifs unis par elle se trouvent au pluriel ; toutefois ce sens ne réside pas tant dans la tournure en général que dans la valeur spéciale des substantifs qui en sont les éléments constitutifs. C'est ainsi qu'on dit même encore en franc, mod. entre pièces de cinq francs et pièces de vingt francs, il y avait dans cette bourse deux cents francs, en ital. mille e mille mattoni tra cotti e crudi (De Marchi, Giac. id. 68).

Cf. A. ToBLER, Beitr. I, 223 sq., qui signale un exemple isolé de (254) l'a.-franç. avec le nominatif (il est vrai que cet exemple présente encore d'autres particularités); A. Stimming, note à Bertram de Born 44, 10.

§ 218. Est également prépositionnelle dès l'origine la tournure, déjà mentionnée p. 253, pater cum maire (le père avec la mère), laquelle est en réalité l'équivalent syntaxique de pater et mater ou tout au moins en est très rapprochée : cf. des phrases comme Enea eu câtî notase cununsul feacerà vraje (C. B. I, 354, 19 : Enée avec tous ceux qui avaient nagé avec lui, tirèrent au sort), en ital. Alessandro colli suoi savi asciolseno il cavalière (Nov. 11), io con lui volgemmo i nostri passi (Purg. 17, 64) et souvent en vieil italien, en franc. Adrastus 0 l'arcevesque s'en traeient (Thèb. 2275), le singe avec le léopard gagnaient de l'argent (La Fontaine, Fabl. 9, 3), en esp. el padre con las fijas lloran de cora:(on (Cid 2632), criaronse en esta valle Amaranta con Jacinto (Lope, Verd. am. 2), en port, eu co 0 grào Macedonio e co 0 Romano Demos lugar ao nome Lusitano (Lus. I, 75) etc. Puis en ital. chelidri, jaculi e faree produce e ceneri con anfesibena (Enf. 24, 87), en franc, lui rendre Nicomède avecque ma couronne (Corneille, Nie. 1596), en esp. perdiô el cetro con la vida (C, D.), edifîcàron à Almada, Villaverde, Arruda, Zambuyo, Castahedo con otros pueblos (C, D.). Voici ce qui distingue ces tournures de celles dont il sera question au § 246 et ce qui justifie leur introduction ici. Dans une phrase comme p. ex. le vers tiré de Corneille, les mots réunis par avec (cum) ne peuvent aller ensemble qu'eu égard au verbe avec lequel ils sont mis en rapport : on exprime donc ainsi une action comme affectant l'un de ces termes aussi bien que l'autre; tous

264 CHAPITRE II : LE GROUPE DE MOTS § 2x8. 219.

deux se trouvent avec l'action dans la même relation. Mais on peut également dire Nicomède avec ma couronne sans qu'il existe aucun rapport avec un verbe, et alors quand cette expression est rattachée à un verbe, le verbe porte sur toute l'expression et non sur chacune de ses parties, car on n'attribue plus à chacune de celles-ci une existence indépendante.

§ 219. Le lat. sive-sîve comme le simple sive (§ 213) s'est uniquement conservé en roumain : sâva preutu sâva diacu (C. B. 2, 53 : soit un prêtre soit un diacre); ailleurs on y a substi- (255) tué en ital. sia-sia, sia-o, ossia-ossia, en franc, soit-soit , en esp. sea-sea, sea-o, siquier-siquier , en port, quer-quer, c.-à-d. à proprement parler d'abord les subjonctifs du verbe-substantif pris dansun sens concessif (p. 149), lesquels se présentaient, d'après le contexte et dans les premiers temps surtout, au présent ou au prétérit. L'ital. ossia doit naturellement se décomposer en 0 sia. On se heurte à plus de difficultés pour expHquer l'esp. siquier et le port. quer. La forme plus courte du portugais n'est pas non plus inconnue à l'ancien espagnol : non puede seer mayor contrario ni mayor mal quier à los altos quier à los baxos (Prov. 20, 10) etc., et de nos jours on peut la rencontrer chez des écrivains qui recherchent l'archaïsme comme Trueba (H. Cid 143); aussi n'est-il guère possible d'admettre entre siquiera, qui se dit également bien, et siquier le même rapport qui existe p. ex. en a. -franc, entre ore et or (I, p. 558- 9). Quier est plutôt la 3^ p. sing, de l'indicatif, et si quier signifie « si quelqu'un veut, si l'on veut »; si quiera s'explique par une imitation de quienquiera, cualquiera (II, § 570). Dès lors on pourrait peut-être rendre le simple quier-quier par « veuton ... ou ». Quelques exemples suffiront pour éclairer l'emploi des différentes formes. En ital. a me bisogna tentare qualche casa sia grande sia pericolosa, sia dannosa sia infâme (Machiavel, V.), ordinb che a tutti, fossero cittadini 0 forestieri, si desse comodità e tempo di servirsi dei libri délia biblioteca (Manzoni, V.), en a. -franc, ordinairement ou soit . . . ou soit ou bien ou fust . . . ou fust : cf. siure le me covient adés Ou soit de loing ou soit de près (Érec 255), chascuns desresnier voudroit. Ou fust a tort ou fust a droit, Que celé qui H ataiante Est la plus bêle (Érec

§ 2I9.-22I. COPULATION AVEC sivc, parthii, modo 265

55) ou ou soit . . . on : ou soit a certes ou a jeus Feites Je prendre (3392) etc., en franc, mod. la fortune soit bonne ou mauvaise, soit passagère ou constante ne peut rien sur Vâme du sage, mais on n'a plus fût-fût, en esp. sea verdad 0 sea mentira, Ahen- Alfanje fuese por miserable calcula 0 fuese porque tocasen su coraxpn la inocencia y la ternura de su hermano alargô la mano (Trueba, H. Cid 117), en port, nâo nos faltarào recompensa quer da réalésa quer do povo (G. de Amorim, Am. Patr. 147) etc.

§ 220. C'est avec un sens distributif bien prononcé que le latin emploie partim . . . partim, qua . . . qua et modo . . . modo, celui-ci d'abord une valeur temporelle. Les deux premiers servent à associer les noms et les pronoms; le dernier s'em- (256) ploie en outre avec les verbes. Le lat. partim survit-il dans l'ital. parte ... parte} La question est douteuse, car parte peut très bien être un emploi moderne du substantif italien parte, de même qu'il va sans dire que le ir^nc. partie, dont l'usage est identique, n'offre aucun rapport avec partim. Quà . . . qua a complètement disparu; modo ... modo remplit aussi, là du moins où l'adverbe s'est conservé, la fonction mentionnée ici : cf. p. ex. en napol. ogne juorno cagna forma, ?no comparenno da lupo mo da lione, mo da ciervo, mo d'aseno e mo da na cosa e mo da nautra (Basile 118); ailleurs, il s'y est substitué de nombreuses formes, mais il est remarquable qu'elles ne correspondent guère aux expressions latines de tout genre qui ont le même sens que modo . . . modo.

Cf. pour le latin E. Wôlfflin : « Was heisst bald-hald », Arch, lat. lex. II, 233-255, 616.

§ 221. L'équivalent le plus exact du latin partim est le roum., ital., esp. parte. Voici comment on pourrait se figurer l'état de choses primitif au point de vue de la syntaxe : le sxxhsi^nûi parte a été regardé comme sujet ou comme régime, puis on y a joint, pour l'expliquer ou l'élucider, un nom déterminé, de sorte donc qu'une phrase comme l'ital. era governata allora Italia parte dal popolo parte dai principi parte dai mandati dallo imperatore (Machiavel, V.) devrait se traduire par

« l'Italie était gouvernée alors une partie par le peuple, une partie par les princes, une partie par les mandataires de l'empereur ». Mais non seulement l'invraisemblance d'une pareille hypothèse ressort du rapprochement d'expressions parallèles comme le lat. partim (en partie), en ital. in parte : colpa in parte condi^ioni délia sua famiglia e in parte l'indole sua (De Marchi, Giac. id. 8); elle est aussi directement repoussée par des exemples comme /' burchi che parte sono in acqua e parte in terra (Dante, Enf. 17, 19). Il s'agit donc plutôt ici d'un emploi adverbial du substantif. D'une manière analogue on a dans les autres langues : en franc, les Mamertins ayant partie par tnenaces, partie par surprise chassé de la citadelle l'officier (L.), Molière fit un petit ouvrage, en partie pour se Justifier devant le roi de plusieurs calomnies, et en partie pour répondre à la pièce de Boursault (Voltaire, L.), en esp. parte de palabra parte por escrito (en partie de vive voix, en partie par écrit). Ensuite, parmi les (257) expressions équivalentes, il faut d'abord citer en ital. me-^zp, franc, moitié, esp. medio : en ital. i montanari mei:(o persuasi dalle ammoni:(ioni mex^o commossi da quel grido (Grossi, V.), en franc, des murs moitié antiques, moitié modernes; moitié par adresse, moitié par force il se rendit le plus puissant. A la même catégorie peuvent encore se rattacher l'a. -esp, lo unolo al : muy grant pro sacaria d'elles, lo uno para saberse mantener mejor en este mundo los dias que y fincase, lo al por ganar el otro (Buen. Prov. 80, 10), puis l'a. -franc, tant-tant : quant eles entrent el mostier Tot fen veissies escl airier Tant por les pieres tant por l'or. Tant por la beauté Melior (Parth. 10723) etc.

§ 222. Ensuite il faut mentionner, comme expressions remplaçant le lat. modo-modo, celles qui désignent soit un moment très rapproché dans le futur ou dans le passé, soit un moment indéterminé. En premier lieu vient ora-ora : cf. en ital. con una spada in mano or quest 0 or quel tagliando (Bocc, Dec. 4, 4), com' Amor la invita, or ride or piagne, or terne or s'assecura (Pétrarque, Canz. 17), en a. -franc, or est avant et or ariere. Or est desus or est desos (Parth. 3296), or fait juer et or fait rire, or done joie et or done ire (FI. Bl. 2521), en esp. ora entreabria sus labios la sonrisa, ora los contraia el enojo (Trueba,

§222.223. COPULATION AVEC tuodo, PRONOMS INDEFINIS 267

H. Cid m). Ensuite en ital. talora . . . talora, a volta . . . a volta : a volta amava stringerli in treccie liinghe , a volta gli scioglieva sulle spalle (Barrili, Nott. Comm. 395), en a. -franc. donc : juste Seigne ala tant musant^ E dune ariere e dutic avant (Rou 3, 2031), puis : il fiert la ou il peust atteindre puis sur l'un, puis sur Vautre (Mon. Giiill. pr. 9, 9), maintenant : maintenant l'un maintenant l'autre (Mén. i, 220), savent : en cel tens tint Hoilas la terre, sovent en pais, sovent en guerre (M. France, G. 27; de même en prov. soen vai dins, soen defora Flam. 1045), en franc, mod. tantôt : tantôt silencieux, tantôt poussant des cris sauvages, en esp. ya : ca^ar y a con red ya con liga y esparta (J. Valera, Com. Mend, 31), ^ veces, à las veces : à las veces entrava en las lides de cavallo e à las veces de pié (Cast, e docum. 3, 23 ap.C). Le roum. mai aussi peut être ici mentionné : mai se intoarse în dreapta, mat la stânga (Basme 255, 2). Enfin presque toutes les langues romanes emploient quando au sens indéfini étudié à la p. 100 : en roum. el càuta când la împàratul, când lafratele împàratuluî (Basme 277, 21), en ital. sorgono di tempo in tempo quando uno quando altro (Leop., V.), et de même en espagnol et en portugais.

§ 223. Une dernière classe est constituée par ceux des pro- (258) noms indéfinis dont la forme est identique à celle des relatifs (p. 100). Ce sont au masc. en ital. chi . .' . chi, franc, qui . . . qui. esp. quienes . . . quienes, au neutre che . . . che, ou bien en ital. quale etc. : cf. gli ait ri tnonti quale d'un verde scuro quale d'un verde trasparente a^i^urognolo leggiero (De Marchi, Giac. id. 29), en franc, ils étaient dispersés qui ça qui Va, en prov. mod. quau uno remo, quau l'ancro d'esperanço, quau un Criste, quau un cor aflama s'ero fa faire (Mistral, P. R. 246), en esp. hombre, el que màs, el que menos tenemos la nuestra levadurilla de herejia (Galdôs, L. Roch i, 106), los soldados se habian tenido en aquel campo quienes al abrigo de las tiendas, quienes solamente al de los arboles (Trueba, H. Cid 27), en port, quai vai di^endo . . . quai em cabello (Lus. 4, 90). Ensuite vient le neutre en a. -ital. donolle che in gioje e che in vasellamenti d'oro e che in denari quello che valse meglio d'alire diecimila dobble (Boccace, Dec. 2, 9), en prov. cascus dels autels chantava que aut que bas

(Choix V, 342), en a. -franc, bien en ont XXX que mors que confondus Et bien L que pris que retenus (R. Cambr. 3898), en a.-esp. que enfermos que sanos cadieron (Berceo, S. Mill. 244). Bien que ce que soit pour le sens absolument identique au lat. qua, il n'est pourtant pas possible d'établir entre eux une connexion phonétique : que est plutôt, ici également, le lat. quid dans l'emploi indéfini de « un peu, quelconque », de sorte donc que la première des phrases citées, au sens tout à fait littéral, voudrait dire « il lui donna quelque chose en pierres précieuses, une certaine quantité en vaisselle » etc. Au même ordre d'idées se rattache enfin la tournure d'ellos (d'ellas) . , . d'ellos (d'ellas') usitée en espagnol et en portugais jusque dans le xv^ siècle : et mandô guarnecer muchas espadas délias con oro et délias con plata las vainas y las cintas (Cron. Alf. 99, C).

§ 224. Lorsqu'il s'agit d'uNiR entre eux plus de deux MEMBRES, 'on peut alors employer et, aut, nec et leurs représentants (en roum. ^i etc.) soit devant chaque membre, soit uniquement entre les deux derniers. En fait, dans le langage populaire ou négligé l'on préfère d'habitude la répétition plus détaillée; au contraire, les personnes qui s'expriment avec plus de soin, se bornent à une seule particule copulative; elles disent donc le soleil, la lune et la terre. Il y a par conséquent, au point de vue du style, une différence entre les deux façons possibles (259) de s'exprimer. Pour la grammaire, il y a peut-être encore lieu de considérer que, dans les langues où et et nec sont équivalents (p. 255), il est permis dans les enumerations de passer de l'une à l'autre : cf. en prov. quant petit val Encontramor tiegus avers Ni gen ni for sa ni sabers, Ardimens ni cavallaria, Enseinamens ni cortesia, Beutatz^ e sens e gentilesa, Parent e amie e proesa (Flam. 3331), ou bien dans une phrase négative : en obw. chei seigien nagina persuna oravon, ne umens ne femnas e veilgs (Barlaam 262, i : qu'aucune personne ne soit là, ni hommes ni femmes ni vieillards) etc.

§ 225. Lorsque deux ou plusieurs des groupes étudiés aux § 210 sqq. s'unissent entre eux, il se produit des altérations de toute espèce. Une d'elles, la plus importante, a déjà été examinée au § 15 5 . Là nous avons montré que, dans un groupe de mots et

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