REDOUBLEMENT
ralement ad, ensuite per ou pro; puis il y a aussi les prépositions examinées au § 250 ou celles qui leur correspondent et parfois même d'autres prépositions. L'italien offre peu de redoublements; a notamment lui manque presque entièrement; mais comme, dans les tournures correspondantes, la préposition aussi est répétée (voy. p. 170), on pourrait se demander si navigar riva riva (naviguer le long de la rive), rimaner testa testa ne sont pas prononcés riva rriva, testa ttesta, en d'autres termes si la prép. a ne s'est pas fusionnée avec Va final de riva, testa. Awec per, les exemples sont fréquents : p^;(:(o per pex^, ara per ora, anno per anno, uno per uno etc., puis vient di. . . in : di mano in mano, di casa in casa, di stanza in stan^^a, di punto in punto, di giorno in giorno, d'ora in ora et aussi di quando in quando {quando étant ici adverbe indéfini, voy. p. 100), da solo a solo (seul à seul) et enfin accumulando duol con duolo (EnL 28, iio) etc. En français, les exemples sont très nombreux à toutes les époques : en a. -franc, l'eve de mer gote a gote (Érec 6761), les estoiles tire a tire (6763), uns nains les ot coe a coe noe^ (Ch. Lyon 4104) etc., en franc, mod. hrin à brin, face à face, jour à jour, main à main; coup pour coup, jour pour jour, parole pour parole; jour par jour, page par page; coup sur coup; d'âge en âge, d'année en année, de bouche en bouche, d'heure en heure, de main en main, de part en part, de point en point, de temps en temps; d'homme à homme etc., en ESPAGNOL man à mano, paso à paso, gota â gota, hoja â hoja, (285) uno â uno, puis poquito à poco (Coloma, Pequeiï. 23), parte por parte, de parte en parte, de trecho â trecJx), desafiarse de persona â persona, se hi/^o la guerra de rey à rey , en port, de mais a mais (Diniz, Pup. 5 i, 87) etc. Les premiers exemples de ces tournures remontent à l'époque antéromane, ainsi que l'atteste d'abord l'absence de l'article indéfini et ensuite le fait que, dans la combinaison de. . .in, l'italien emploie encore l'ancien di et non le moderne da, de même aussi que le roumain dit de li tn T^i (de jour en jour), et non delà comme dans les cas étudiés p. 291.
Pour le français, cf. S. Schayer, p. 98 sq. du travail cité à la suite du § 199.
§ 252. Mais l'association d'un substantif avec un autre substantif au moyen d'une préposition peut également s'opérer de telle sorte que la locution prépositionnelle ne soit pas RATTACHÉE immédiatement au substantif à déterminer, mais d'abord à un pronom démonstratif qui se rapporte à ce dernier : cf. en a. -franc. Gautier cet de Vimeu (Roi.) et tout à fait de même Joyouse la Kallon (G. Viane 2893), en prov. Folquets cel de Marselha, Elena sill de Troia, en a.-esp. mio Cid el de Bibar, Ebora la de Portugal (Mon., Hist. Esp. 4, 13) etc. Les exemples sont plutôt propres à l'ancienne littérature, bien qu'il soit encore possible aujourd'hui d'employer cette tournure explicite. Le rapport entre Folquets de Marselha et Folquets cel de Marselha est le même qu'entre l'attribut et l'apposition : les deux membres restent indépendants l'un en face de l'autre et, entre les deux, il s'écoule une pause. De là prend alors naissance en roumain une forme spéciale de juxtaposition attributive; nous avons montré comment à la p. 194.
§ 253. Reste encore à discuter la question de savoir ce que deviennent ces tournures quand plusieurs substantifs unis PAR LA xMÊme préposition se rapportent à un seul terme. Nous avons expliqué à la p. 270 comment le déterminatif se comporte en pareil cas; ici nous avons encore à rechercher si la préposition est ou non répétée. Une première remarque à (284) faire, c'est que le vieux français et le provençal, quand ils peuvent choisir entre le cas régime et la préposition ad (p. 49), mettent le premier terme au cas régime et font procéder l'autre de la préposition : en a. -franc, le message son seigneur et aus autres barons (Villeh. 123, 8); voy. d'autres exemples à la p. 59. Il en est de même en roumain : am fàcut tot rele înaintea maiciî mêle {i la surorile mêle (Doine 272, 6 : j'ai agi très mal devant ma mère et devant mes sœurs). A cela près, les langues se comportent assez librement. La règle fondamentale est ou était que la préposition ne s'exprime qu'avec le premier mot; cependant il a toujours été permis de la répéter quand l'exigeait le besoin de s'exprimer avec plus de force ou de clarté; de et ad surtout sont ordinairement répétés lorsqu'ils sont unis à des substantifs déterminés qui diffèrent par le genre ou par le