ADVERBES UNIS A DES SUBSTANTIFS 3O
Ahnudafar (Trueba, H. Cid 120), où l'on a peut-être également une substantification de contra : cf. encore enconîra mia (p. 95). Le PORTUGAIS présente le même état de choses : cf. notamment depois de minha morte (Graal 14), os ladridos de dentro délia say am (59) etc.
§ 273. Ad aussi sert parfois à unir des adverbes à des substantifs. Tout d'abord il faut commencer par rappeler un phé- (298) nomène déjà signalé p. 52, à savoir qu'en roumain une série de prépositions composées s'unissent au datif. Pour le reste, il faut mentionner en italien pressa^ vicmo, circa, contra, oltre, sopra, dietro, dentro, sotto, avanti et dinan^i, fine (p. 291), ensuite intorno, dintorno, in me:(;{0 a, dont on peut rapprocher les exemples donnés à la p. 286; en même temps il faut également citer da, surtout dans les premiers siècles : Firen^e dentro dallo cerchio primajo (Par. 15, 97), dentro dal loro seno (Bocc , Dec, Introd.) et autres exemples fréquents, dinanxi da encore aujourd'hui, intorno daJa città (Trist, ricc. 221, 3), di sotto da etc. Dans les autres langues, il n'y a pas grand'chose à signaler; nous ne parlons pas des formes renforcées de ad déjà étudiées p. 291, à propos desquelles on peut cependant encore observer, pour être complet, que le provençal emploie tro a et tro avec une entière équivalence : cf. en aquel flum ac motas animas cabussadas, las unas tro als ginhols, las autras tro las aurelhas, las autras tro las lavias, las autras tro als sobrecilhs (Appel, C. 117, 21). En espagnol, on rencontre parfois dentro à : una centinela de los Turcos bien dentro à la mar descubriô seis vêlas latinas (Nov. ej. 56), puis junto à et finalement hacia, qui renferme également dans sa finale la préposition A (voy. P- 159).
§ 274. Il ne faut pas confondre avec les groupes étudiés jusqu'ici la combinaison d'un adverbe avec un substantif accompagné d'une préposition exprimant le même rapport. Une attention toute spéciale est due ici à l'obw. enten en la cuort (Alig 230, à l'intérieur de la cour), à l'a.-ital. dentro nella terra (Trist. ricc. 293, 14), à l'a. -franc, enz^ en cest mond (Og. Dan. 7574), en^ el hore que ce fu fait (Ben., Chron. 40860), à l'esp. aqui les pongo pla'^o de dentro en mi cort (Cid
3480) et de nos jours encore dentro en, au port, dentro na egreia (Rom. XI, 375). Viennent ensuite l'ital. insieme cm, l'a. -franc, ensemble od : chevalcie^ el premier chief devant. Ensemble od vus XV milie de Francs (Roi. 3018), puis l'a.-ital. poi dopo : poi dopo la morte (après la mort). Le procédé est le même partout : on exprime d'abord au moyen d'un adverbe une indication de lieu ou de temps, comme si l'idée de lieu ou (299) de temps était déjà énoncée ou connue; mais, comme tel n'est pas le cas, cette idée est alors introduite à la suite de l'adverbe, qu'elle vient expliquer après coup, au moyen de la préposition correspondante.
§ 275. Dans le groupe étudié p. 291, de et substantif + ad et substantif etc., l'un des deux substantifs ou même tous les deux peuvent être remplacés par des adverbes. Déjà dans les Serments de Strasbourg on lit d'ist di en avant ; l'adverbe français dorénavant se décompose en d^or en avant etc. On dit donc de même en ital. da qui a pochi giorni, da Parigi fino qui, en franc, d'ici à Paris, de Paris jnsqu ici etc., en a.-esp. end a pocos de dias (Berceo, S. Mill. 289), desende a delante (Sil. 461) etc. Sur cet emploi, la grammaire n'a presque rien à observer; un seul point mérite une mention, c'est qu'en ESPAGNOL la prép. à se confond avec l'a initial de l'adverbe alli, acâ : desde su casa acâ et non â acâ.
§ 276. Enfin il faut encore étudier la combinaison de l'interjection EXPRIMANT LA DOULEUR, LA MALEDICTION AVEC UN
NOM OU UN PRONOM SUIVANT. Cet emploi est particulièrement clair dans les langues de l'Ouest : en esp. ay de mi, port, ay de mim, puis aussi lorsqu'à la place ou à côté de l'interjection se présente un adjectif : en esp. ay desdichado de ti, ay sin Ventura de aquelle, en port, coitado de mim et autr. sembl. Le PROVENÇAL aussi connaît cet usage : ay dieus de l'alba tantost ve et l'on trouve en vieux français une construction semblable, même avec suppression du premier membre : //;^ Alexis, de ta dolente medre (Alexis 80); enfin il y a encore le roum. vai de voi, bogatilor (Gaster I, 9, 7 : malheur à vous, riches). Comme le latin, dans les exemples correspondants, n'emploie pas le génitif, on ne doit pas non plus considérer le