‹ Grammaire des langues romanes;Chapitre 91 sur 269 · ADVERBES UNIS À DES SUBSTANTIFS 3 II · texte numérisé non relu

ADVERBES UNIS À DES SUBSTANTIFS 3 II

de roman comme un représentant du génitif; c'est plutôt le de qui introduit le nom de l'objet touché par l'action : « malheur par rapport à moi » etc. Lorsque l'interjection est remplacée par un adjectif, le cas se rapproche beaucoup de la tournure étudiée au § 234.

§ 277. Le dernier groupe de mots est constitué par les COMPARAISONS. Ici uous avous à distinguer quatre procédés différents, qui peuvent être représentés par les exemples latins (300) suivants : puella ut rosa, puella piilchra ut rosa, paella pnlchrior quant rosa, puella efflorescit ut rosa. En d'autres termes, un substantif peut être purement et simplement comparé à un autre; ou bien cette comparaison peut porter sur une propriété qui lui est commune avec un autre, soit qu'il possède cet attribut au même degré, soit qu'il le possède à un degré supérieur ou inférieur; ou bien enfin elle peut se rapporter à une action qui est commune à tous deux ou qui leur est attribuée en commun. Dans le dernier cas, on peut admettre une phrase abrégée : puella efflorescit ut rosa efflorescit, de sorte donc qu'il faudrait seulement s'en occuper au § 480; mais, en tant que le procédé auquel recourt la langue pour exprimer cette comparaison reste le même que dans les autres classes, ce cas peut être rattaché ici. Plus grande est la différence entre le deuxième et le troisième procédé : on le voit d'ailleurs par le fait que les exemples ci-dessus ont une particule de comparaison distincte. Il est vrai qu'il y a entre eux plus d'un point de contact : ainsi quant introduit aussi bien la comparaison d'égalité que la comparaison d'intensité, et même ailleurs qu'en latin on trouve parfois la même particule pour les deux cas, de sorte que jusqu'à un certain point il est loisible et même nécessaire de les réunir dans une étude commune. En outre, il est à noter que les pronoms qui marquent l'identité et la diversité, c.-à-d. ipse et alter notamment, et parfois aussi primus, sont mis sur le même pied que les adjectifs au comparatif. Quand on compare des groupes de mots composés de deux substantifs unis l'un à l'autre et que le mot déterminé leur est commun, au lieu de répéter celui-ci, on se sert de la tournure plus courte déjà étudiée à la p. 270; ainsi, pour ne donner

qu'un exemple français : rôdeur du vin ô combien est plus douce que d'huile (Rabelais i, 6), ce qui devrait naturellement se dire aujourd'hui que celle d'huile. En ce qui concerne les particules de comparaison, ut a disparu sans laisser de trace; quomodo en revanche s'est maintenu sous une forme qui donne à supposer *quomo; de même quant a persisté; en outre, quantum a pris en partie la place de quomodo. Pour rendre la comparaison d'intensité, à côté de quam les Romains employaient aussi le simple ablatif et, dès les premiers temps de l'époque impériale, la préposition de. Dans la tournure puella pulchrior de rosa, dont on trouve des équivalents en grec moderne, en hébreu et ailleurs, il ne faut probablement (301) pas voir une locution sémitique répandue par l'Eglise chrétienne et sa littérature : elle se rencontre en effet p. ex. chez Végèce; c'est plutôt une création spontanée, exactement correspondante à l'ancienne expression pulchrior rosa : de indique comme l'ablatif le point de comparaison à partir duquel un objet apparaît à un degré plus élevé doué d'une propriété. Ce de a persisté à côté de quam; en outre, quam se trouve parfois remplacé par quid, plus rarement par *quomo. D'autre part, en roman, à la tournure plus bella quam rosa on peut également substituer bella supra rosa et autres analogues. Les particules ici mentionnées sont en partie des adverbes, en partie des prépositions; toutefois, pour les langues qui n'ont pas la déclinaison nominale, il n'y a pas lieu de tenir compte de cette distinction : en effet, comme on l'a déjà signalé p. 254, il y règne une tendance bien marquée à traiter d'une manière uniforme, même avec les pronoms personnels, les différentes particules.

§ 278. Le latin auoMODO s'est maintenu en devenant en roum. cum, ital. corne, a. -franc com, esp. cuemo, port, coino. Parmi ces formes, l'ital. corne au lieu de como est également remarquable en ce que la consonne initiale du mot suivant est redoublée : grande corne tte (I, p. 543), de même en romain corne nnoi etc., ce qui donne à penser que conie ne peut pas être une simple modification phonétique de como, car il n'y a rien non plus dans como qui soit de nature à provoquer un tel redoublement, mais qu'il faut le décomposer en com'e « comme

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