COMPARAISONS
aussi », e provenant donc du lat. et. Il y a une deuxième forme, qui embrasse la Sicile et la majeure partie de l'Italie méridionale jusque près de Rome; c'est coma : cf. en sic. bedda comma ma suoru (Fiabe 57, belle comme ma sœur), en napol. russo comm'a gammaro (Basile 24, rouge comme une écrevisse), fattose la bella fata comme a vampa de ftwcu (24, la belle fée étant devenue comme un feu brillant) etc. Dans le Nord également se rencontre une forme analogue : en prov. ab tan le rets s'en es intratz^ coma savis es essenhat^ (Flam. 920), atretam pane coma d'un rossinhol entent la gens de mon chantar que ' s di (Appel, C- 78' 35)j ^" outre dans les sermons dits gallo-romans, enfin dans le galicien : testarrudo coma un burro, peganoso coma visgo etc., en port, chez Gil Vicente; et ainsi l'a.-esp. guioles como â padre (B. O. 94) peut donc aussi se rattacher à ce groupe. L'explication de ces formes soulève de graves (302) difficultés. Tout d'abord il n'est pas absolument certain qu'elles se soient toutes produites de la même manière; le manque de continuité géographique autoriserait même à admettre plutôt que, dans chacune des trois régions, la substitution de coma à como s'est opérée d'une manière indépendante. Il y a peut-être à ce point de vue une indication dans l'exemple ancien-espagnol. Dans les langues où le régime personnel était introduit par a, lorsqu'on possédait déjà p. ex. como ti à côté de tu, on a pu d'après amo â ti p. ex. créer aussi cmno â ti, d'où l'on tira ensuite purement et simplement com*â ti, com à padre etc. On pourrait trouver notamment dans le calabr. quanto a mmia (voy. p. 75) une confirmation de cette hypothèse; cependant, ce qui est étonnant, c'est qu'elle présuppose le transfert aux êtres inanimés, et dans une proportion considérable, d'une construction usitée où il s'agit d'êtres animés, et de plus c'est précisément là où a s'emploie le plus généralement pour introduire le régime, en espagnol, que coma semble être le plus rare. En tout cas, le prov. coma à côté de com doit en être séparé et probablement s'expliquer par la coexistence de ara et ar etc. Ensuite il faut citer aussi l'a. -franc, comme, qui a graduellement éliminé de tous ses emplois l'ancienne forme com; au reste, il apparaît déjà dans l'Alexis : // la receut cume H altre fredre (24), espede ceindre cume tui altre per (83), dont
la meilleure explication sera peut-être la même que pour l'ital. corne représentant cum et « comme aussi ». Enfin le portugais présente como que à côté du simple como : passava-lhe pelos olhos como que uma nuveni dé fogo (Diniz, Pup. i86), probablement par assimilation a do que (p. 317). A côté de cette forme développée, il en existe encore une plus abrégée : quo, dont le principal domaine est le réthique et qui, sous la forme co, figure même en engadin dans la comparaison d'intensité : la tûna splendûra plu Mer ko las stailas, mais on rencontre aussi dans le provençal au moins aissi quo : aisso quo ' l sers, que . . ., aissi torn'ieu (Appel, C. 29, 52). Faut-il y voir quod ou, ce dont le sens ne s'accommode guère, quo ou une contraction de *quomo} En ce qui concerne la signification, tout ce qu'on doit observer, c'est que quomo sert en première ligne et presque exclusivement à introduire la comparaison d'égalité, mais qu'il y a partout des exemples isolés de son emploi dans celle d'intensité également : pour le premier cas, cf. les exemples cités p. 221 sqq.; pour le second, outre l'exemple engadin, cf. en a. -franc, ne puet avoir honor greignor con de (303) morir (Ren. i, 200), en prov. mas non es hom en tot lo mon pietT^ aya com selh cui ditz^ quascus paya me paya (Appel, C. 94, 17), en esp. en otro como el que habian llevado (D. Qjaich. i, 21). Il est à noter qu'en vieux français et en provençal on a affaire à des propositions négatives.
Pour coma, comme, cf. J. Vising, Tobl. Abhandl. 11 3-125; pour quo, J. Jeanjaquet, La conjonction que, p. 37 sq.
§ 279. Si QUOMODO indique la manière, quantum exprime d'abord un rapport de dimension : cf. en roum. eu inima cât un purice (Basme 281, 27 : avec un cœur aussi grand qu'une puce, c.-à-d. pusillanime). Mais bientôt cette distinction s'efface, et l'on dit en italien non seulement hella quanto il sole (Serc. 361), ignorante quanto me (Alfieri, Vita 3, 6), mais aussi sagace quanto alcun altro (Lasca 95) et puis même piû utile quanto (Mach., Disc. 20) etc. Dans la même acception que cât, le roum. se sert de de cât, avec le de qui sera étudié au § 283.
§ 280. Mais les particules comparatives examinées dans les deux paragraphes précédents peuvent encore être renforcées par