‹ Grammaire élémentaire de l'ancien françaisChapitre 10 sur 121 · Partie protonique du mot · texte numérisé non relu

Partie protonique du mot

Quand la partie protonique du mot ne contient qu'une syllabe {amàre, portàre) cette syllabe reste.

Quand la partie protonique se compose de deux ou plusieurs syllabes, cette première partie du mot est considérée, au point de vue de l'accentuation, comme formant un mot isolé : elle a une tonique qu'on appelle contretonique ou accent second ' et une finale qu'on appelle contrefinale.

Ex. : dôrmi-torium > dortoir; civi-tâtcm > cité ; bôni-tâtem > bonté ; véri-tàtem > verte, fr. mod. vérité, forme refaite.

Les contrefinales sont traitées comme les finales : elles

i . Cette contre-tonique se trouve sur la deuxième syllabe en remontant à partir de l'accent; ex. : bôni-tâtem, véri-tâtem ; infîrmi-tâtes, amâri-tûdinem. La syllabe initiale portait toujours un accent.

VOCALISME 11

ne se maintiennent que si la syllabe contient un a ou si le groupe de consonnes était imprononçable.

Ex. : cére-visiam > cervoise ;

*mône-stérium (cl. môna-stérium) > moustier; *vérvi-cârium > berger.

Mais avec a :

cânta-tôrem > chante-or (plus tard chanteur) ; impéra-tôrem ]> empere-dor, empereur ; sàcra-mêntum > a. fr. saire-ment, serment; ârma-tûram > arme-tire, armure.

Avec un groupe de consonnes difficiles à prononcer :

*quâdri-fûrcum > carrefour ; lâtro-cinium >■ ladre-cin, larre-cin, larcin; *càpri-fôlium > chèvrefeuil; *pétro-silium > pedresil, persil.

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